Macron à l’ONU : le malaise grandissant autour d’une déclaration sur le Hamas

Une phrase, une polémique et, dès le lendemain, une explication diplomatique qui peine à convaincre

 

À New York, le discours d’Emmanuel Macron devant l’Assemblée générale des Nations unies devait une nouvelle fois porter la voix de la France sur le conflit au Proche-Orient. Une déclaration consacrée au Hamas et à la Cisjordanie est pourtant venue provoquer une vive controverse.

Le président français a affirmé que le Hamas n’avait pas « sévi » en Cisjordanie. Une formulation qui a rapidement suscité des réactions en Israël, d’autant que cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement sensible.

Le bureau de Benjamin Netanyahou a notamment dénoncé une déclaration qu’il juge incompatible avec la réalité des attaques attribuées au Hamas dans cette région.

Quelques jours auparavant, Netanel Chekroun, citoyen français et père de six enfants, avait été tué en Judée-Samarie lors d’une attaque attribuée au Hamas. L’homme se trouvait avec son fils au moment des faits. La proximité entre cet assassinat et les propos tenus à l’ONU a donc immédiatement donné à la polémique une dimension supplémentaire.

Une précision diplomatique qui change le sens

Face aux réactions suscitées par la déclaration présidentielle, une source diplomatique française a avancé une explication : il y aurait eu un problème d’interprétation lié à la traduction.

Selon cette version, Emmanuel Macron n’aurait pas voulu évoquer l’absence d’activité du Hamas en Cisjordanie, mais rappeler que l’organisation n’y a jamais exercé le pouvoir. Autrement dit, la distinction porterait sur la différence entre être présent ou actif dans un territoire et y exercer une autorité gouvernementale.

Cette explication n’a toutefois pas mis fin à la controverse. La formulation prononcée en français lors du discours reste au centre des interrogations et nourrit les critiques de ceux qui considèrent que la précision apportée après coup ne répond pas réellement au problème soulevé.

Une séquence diplomatique délicate

L’affaire intervient alors que la France cherche à jouer un rôle important dans le dossier israélo-palestinien. Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron défend notamment la perspective d’une solution à deux États et la reconnaissance de l’État palestinien par la France.

Dans ce contexte, chaque mot prononcé par le président français est scruté avec une attention particulière, à Paris comme à Jérusalem.

Et dans une région où les mots sont rarement neutres, une imprécision sémantique peut prendre une ampleur considérable.

Sylvie Bensaid

 

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