
Sciences Po avec Jacques Chirac, comment aurait-elle pu ne pas tomber sous le charme du beau gosse ambitieux ?
Ne pas lui préparer ses fiches de lecture et ses notes ?
Quand il devint Président elle s’effaça, là aussi comment aurait-elle pu exister devant ce qu’il irradiait de virilité et de force en mouvement ?
Mais à force de trottiner à ses côtés, semblable à une maman plutôt qu’à une épouse, elle conquit le cœur des Français.
Et Bernadette Chirac devint pour eux « Bernadette ».
Mais c’est lorsqu’elle transforma une modeste collecte en un événement populaire majeur avec l’opération des pièces jaunes pour les enfants malades, qu’elle obtint et pérennisa sa propre renommée.
Je ne la connaissais pas encore alors.
Ce n’est qu’à la publication de mon premier roman jeunesse « Dernière année avant le bac » qu’elle demanda à Dominique Bernard (fils de Jean Bernard,) qui travaillait avec elle, de me contacter.
J’ai donc déjeuné avec lui et il me parla de la maison de Solène et de mon roman qui avait bouleversée Bernadette Chirac. Elle voulait l’utiliser pour les formateurs et les adolescents.
J’ai été surprise.
Mon roman, premier du genre en France, avec une langue rythmée par le chaos, le cynisme et l’émotion d’ados nantis ou démunis qui grandissaient en bandes, le Figaro avait titré « avec Louise Gaggini, retrouver le chemin de livres », aurait dû la rebuter.
Mais au contraire, l’histoire l’avait happée et bousculée, et elle avait ressenti, sous les sarcasmes et les provocations de mes jeunes héros sans armure qui couraient dans les lignes, les fragilités qui pouvaient amener des adolescents à des destins tragiques.
L’aristocrate classique et bien élevée qu’elle était, avait compris. Les avait compris et rencontrés, alors qu’elle imaginait et préparait la maison de Solène.
J’ai découvert à ce moment-là que sous l’apparence froide et les tailleurs trop sobres, vivait une femme vibrante autant qu’informelle.
Aujourd’hui Bernadette est partie, elle ne m’en voudra pas d’utiliser son prénom seul, elle qui osa épouser l’homme qu’elle trouva le plus beau et le plus audacieux, parce que pour moi comme pour tous les Français avant de devenir la femme politique qui fit d’elle Bernadette Chirac, elle fut Bernadette, et c’est Bernadette qui décida des pièces jaunes, de la maison de Solène et de l’oiseau bleu, pour aider les enfants malades, maltraités et en danger.
Alors, et en ces jours où la mort de Lyhanna ravage le cœur des Français, face aux engagements de Bernadette Chirac, l’Etat Macron, mis à nu, révèle la dimension abyssale de son indigence.
© Louise Gaggini
Ecrivain, journaliste, mais aussi sculpteur et peintre, pianiste, bref une « artiste plurielle ». Diplômée de lettres, d’Histoire de l’Art et de Conservatoire de musique. Auteur de nombreux dossiers pour la presse et la télévision, dont certains ont été traduits par l’Unesco, des organismes humanitaires et des institutions étrangères à des fins d’éducation et de prévention et d’autres furent diffusés par l’EN, Louise Gaggini est l’auteure d’essais et de romans dont La résultante ou Claire d’Algérie et d’un livre d’art pour l’UNICEF: Les enfants sont la mémoire des hommes. Elle est aussi l’auteure d’essais de société, et expose régulièrement, récemment à New York.
elle a publié son premier roman pour littérature jeunesse en 2001, et son premier roman pour adultes en 2004.
Où la trouver :

Poster un Commentaire