La trêve des dupes. Par Paul Germon

8 avril 2026. Deux semaines. C’est le délai qu’on appelle cessez-le-feu.
Hier soir, à une heure de l’expiration de son propre ultimatum, Trump a sorti Truth Social et écrit en majuscules : OUVERTURE TOTALE, IMMÉDIATE et SÉCURISÉE.

L’Iran a répondu oui. Le pétrole a plongé de 15 %. Les Bourses ont bondi. Le Pakistan a sorti le communiqué. Tout le monde a crié victoire.

Deux vainqueurs. Aucun vaincu. Cherchez l’erreur.
Trump dit : victoire totale et complète, cent pour cent. Téhéran dit : l’Iran a remporté une grande victoire. Les marchés applaudissent. Et dans deux semaines, les bombes reprendront si personne ne cède sur l’essentiel.
Car l’essentiel, justement. Washington exige l’arrêt de l’enrichissement, le démantèlement des missiles, la fin du soutien aux proxies. Téhéran exige le droit d’enrichir, le contrôle permanent du détroit d’Ormuz, la levée de toutes les sanctions. Primaires et secondaires. Toutes.

Ce n’est pas une négociation. C’est un abîme avec un pont de papier posé dessus.

Détail révélateur : la version anglaise du plan iranien transmise à l’ONU omet le mot « enrichissement ». La version persane diffusée aux médias d’État l’inclut. Même document, deux textes. La diplomatie de

Téhéran n’a pas changé de méthode depuis quarante ans.
Islamabad vendredi. Le Pakistan médiateur. Hier Oman, avant-hier Genève, avant encore Rome. Le lieu change. Le fossé reste.

Ce qui est vrai : les navires passent à nouveau. Ce matin, le NJ Earth a franchi le détroit à 8h44 UTC. Un vraquier grec. La guerre mondiale du pétrole s’est arrêtée pour un vraquier grec.
Ce qui est également vrai : Israël a confirmé soutenir la trêve, tout en précisant qu’elle ne s’applique pas au Liban. Huit morts à Beyrouth dans la nuit. La trêve a des frontières très précises.

Deux semaines. L’horloge tourne. Islamabad ne résoudra pas ce que Genève, Rome, Mascate et Washington n’ont pas résolu depuis un an. Mais le pétrole est à 105 dollars ce matin contre 166 le mois dernier.
C’est peut-être ça, la vraie victoire. Pas géopolitique. Énergétique.​​​​​​​​​​​​​​​​

© Paul Germon

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3 Comments

  1. pas d’accord du tout ! Les concessions faites aux iraniens ne sont là que pour sauver l’honneur des mollahs qui finiront quand même au bout de piques ! Totale victoire america et israélienne !

  2. Il y a peut-être un partage des rôles .Trump peut crier victoire pour son électorat mais n’associe pas son allié Israël dans la trêve ni les négociations pour lui laisser la liberté d’intervenir au Liban (cent cibles ce matin) et peut être demain en Iran

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