Grand, élancé, le port altier mais les idées en vrac, Chimeric Givenchy appartient à cette bourgeoisie progressiste de naissance, qui confond héritage avec légitimité intellectuelle.
En vieillissant, ses cheveux ont blanchi, sa voix s’est adoucie, et son visage s’est affiné au point de ressembler de plus en plus à Assurancetourix le Barde, le luth en moins, le micro de France Culture en plus.
Militant vegan, défenseur autoproclamé des libellules , des cafards et des rongeurs urbains, son amour de certains insectes n’a d’égal que sa haine tenace des Juifs, qu’il parvient à glisser dans à peu près n’importe quel débat : climat, logement, souffrance animale, élections locales, ou choix du pain au quinoa.
Il aime ce qu’il appelle « le génie du monde arabe », mais uniquement dans sa version la plus rugueuse :
• le cri de guerre plutôt que le chant mystique,
• la vindicte plutôt que la poésie,
• la foule haineuse plutôt que l’intellectuel andalou.
Ce tropisme orientalisant mal digéré lui a valu dans son cercle militant le surnom affectueux de « Chimeric El Touquetti » — clin d’œil à ses vacances très convenables, chaque été, au Touquet, station balnéaire bourgeoise où il médite sur la souffrance des insectes.
Militant végétalien tantrique. Défenseur des insectes, des méduses et des minorités chromatiques dans tous les cas mëme criminels .
Il a publié “Pour un LGBTQIA+”, un traité en 423 pages, écrit sans virgules, où il exige des droits pour les plantes discriminées.
Il parle comme on fait du yoga sous acide. Il est écouté. C’est un oracle émotionnel.
Son obsession c’est le peuple « sioniste » qu’il aimerait bien mettre en cage ou lui faire subir le sort reservé aux « Culicidae »
Tout le mal sur terre vient du peuple sioniste .
En dehors de ses activités militantes c’est à dire, à quasi plein temps , chercher des motifs d’excommunication des « sionistes»
il a un projet industriel : créer une ligne de parfum , ce qui n’a jamais été fait auparavant, dont la marque serait : “ POUR UN LGBTQIA+”, sur le modèle du celèbre « pour un homme » de Caron , les candidats investisseurs se bousculent , il a déjà écarté les candidats suspects d’appartenance justement suspecte .
Il n’aurait évidemment jamais été question pour Chimeric Givenchy de s’inspirer de Pour un Homme de Caron — ce reliquat parfumé du patriarcat binaire, à la virilité olfactive toxiquement affirmée.
Lui a préféré lancer Pour un LGBTQIA+, une fragrance fluide, non genrée, végane, sans alcool, sans notes de tête ni notes de cœur — uniquement des notes de lutte.
Un parfum qui ne s’impose pas : il s’identIfie
En d’autres temps, disent certains, il aurait fait un excellent président de la SPA — soucieuxi du bien-être des chiens errants — et un très efficace Commissaire aux Affaires juives, soucieux de les faire disparaître discrètement de l’espace public.
© Paul Germon

Pastilles au vitriol enrobées de sucre !