Ben-Hur de Lew Wallace – Fiction héroïque et réalité brutale de la condition juive sous domination romaine – Nicolas Carras

« Je suis un Juif, fils de Juda Ben-Hur, prince de Jérusalem. … Que le monde sache que je suis un homme libre. »

Flavius Josèphe est la source absolument centrale, juif, aristocrate, prêtre, témoin direct de la guerre contre Rome, auteur de La Guerre des Juifs et des Antiquités juives, il décrit sans détour les répressions romaines, les confiscations de biens, les exécutions massives, les déportations, les Juifs envoyés aux galères ou réduits en esclavage, la destruction de Jérusalem en 70 et celle du Temple, parlant de dizaines de milliers de Juifs captifs après 70, c’est littéralement le monde de Ben-Hur mais sans le happy end ; à cela s’ajoute Philon d’Alexandrie, juif hellénisé, philosophe, contemporain de Jésus, qui raconte la situation des Juifs sous Rome à Alexandrie, pogroms, humiliations publiques, violences légales, expulsions de quartiers, pressions politiques, dessinant déjà une condition juive impériale, peuple toléré mais structurellement vulnérable et toujours sous menace ; les sources romaines elles-mêmes, hostiles — Tacite, Suétone, Dion Cassius — confirment les révoltes, les répressions, les massacres, et imposent la vision romaine des Juifs comme peuple « difficile », « rebelle », « séparé », Tacite parlant de la guerre de Judée comme d’une véritable campagne coloniale majeure ; s’y ajoutent les preuves matérielles, inscriptions romaines mentionnant des captifs juifs, et surtout l’Arc de Titus à Rome montrant la déportation, le pillage des objets du Temple, la victoire impériale, document de propagande mais historiquement fondamental ; tout ce que montre Ben-Hur est là : aristocratie juive locale attestée, conflits constants avec l’autorité romaine, confiscations massives, emprisonnements arbitraires, galères et esclavage après chaque révolte, familles brisées comme norme historique, haine et ressentiment totalement documentés, à la seule différence que Ben-Hur est un individu héroïque quand l’Histoire parle de centaines de milliers de destins anonymes ; et même au-delà du roman, après 70 les Juifs sont vendus comme du bétail, envoyés comme gladiateurs, aux mines, aux travaux forcés, et après 135, après la révolte de Bar Kokhba, Jérusalem devient Aelia Capitolina, les Juifs sont interdits d’y entrer, c’est un effacement politique organisé d’un peuple sur sa propre terre, là on est au-delà de la fiction, dans une disparition historique planifiée.

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« Ben-Hur est un film américain sorti en 1959, réalisé par William Wyler, produit par Sam Zimbalist, et avec Charlton Heston dans le rôle-titre. Comme le film muet de 1925, il est adapté du roman Ben-Hur de Lewis Wallace, publié en 1880. Il est considéré comme un monument de l’histoire du cinéma, par l’ampleur de sa mise en scène et des séquences à très grand spectacle qui y figurent, notamment la bataille navale, la course de chars et la crucifixion du Christ. Le scénario est attribué à Karl Tunberg, mais comprend des contributions de Maxwell Anderson, S.N. Behrman, Gore Vidal, et Christopher Fry. La distribution comprend également Stephen Boyd, Jack Hawkins, Haya Harareet, Hugh Griffith, Martha Scott, Cathy O’Donnell et Sam Jaffe. » – Wikipédia

Nicolas Carras

Nicolas Carras – Créateur (vidéo – son – photo), artiste, poète https://nicolascarras.wordpress.com/

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