Qu’y a-t-il sur votre tête ?

La lecture de la Torah de cette semaine évoque le « nazir », au sujet duquel il est dit :

« Tout le temps de son vœu de naziréat, un rasoir ne passera pas sur sa tête ; jusqu’à l’accomplissement des jours pour lesquels il s’est consacré à D.ieu, il sera saint, il laissera pousser librement les cheveux de sa tête. » (Nombres 6,5)

Pourquoi un tel accent sur la chevelure ? Ne pas boire de vin ou éviter l’impureté liée à la mort, cela semble logique pour quelqu’un qui cherche à se rapprocher de D.ieu. Mais l’interdiction de se couper les cheveux paraît moins évidente, voire paradoxale. Dans la tradition juive, on veille généralement à une apparence soignée. Les rois d’Israël devaient se couper les cheveux chaque jour, et les ‘hassidim, eux aussi, évitent les longueurs excessives.

Mais ici, la Torah affirme que la chevelure du nazir est nezer Elokav, « la couronne de son D.ieu ». Que signifie cela ?

L’être humain est créé à l’image de D.ieu. Son corps exprime donc, dans chacune de ses dimensions, une réalité spirituelle. La Kabbale enseigne que les cheveux symbolisent une forme de lumière divine filtrée, qui descend dans le monde sous une forme atténuée pour que, d’une force créatrice infinie, puisse exister une création limitée. Le Tanya, citant le Zohar, enseigne que la Chekhina, la Présence Divine, réside « au-dessus de la tête » de l’homme.

Le Midrash va plus loin encore. Tandis que D.ieu parlait à Moïse depuis le Saint des Saints, il Lui arrive aussi, dit le texte, de s’adresser à un être humain « d’entre les cheveux de sa tête ». La chevelure devient alors un espace de résidence de la Présence divine. Le nazir, en la laissant pousser, manifeste concrètement cette dimension.

Et lorsque sa période de vœu se termine, la Torah lui demande d’apporter un sacrifice expiatoire. Au-delà du sens simple lié à l’abstinence, la vision profonde de cette expiation est qu’en se rasant, il met fin à une élévation. Il retire ce nezer, cette couronne, de sa tête.

C’est ce sens profond qui éclaire aussi le rituel de la première coupe de d’un petit garçon à l’âge de trois ans, afin de souligner que ses premières années sont consacrées à D.ieu, à l’image du nazir. Chez les filles, il n’est pas nécessaire que leurs cheveux soient coupés, car leur lien au divin est plus manifeste, plus naturel et plus profond.

Pour conclure : pour que des cheveux poussent, il n’y a rien à faire, aucun effort à entreprendre. En revanche, leur coiffure et leur entretien nécessite des soins attentifs et réguliers, mais surtout, une réflexion de la raison pour laquelle nous le faisons et de l’effet que nous souhaitons produire, sur notre entourage, et sur nous-mêmes. Le nazir nous rappelle que le chemin vers la sainteté est une avoda, un travail sur soi, spirituel, mental, et même physique. Puissions-nous étendre cette vision à toutes les facettes de notre existence, et ainsi faire de notre vie et de notre monde une demeure pour D.ieu.

Chabbat Chalom !

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