Daniel Sarfati. C’était avant le 7 octobre. J’avais encore une certaine insouciance

Au mois d’août dernier, j’avais pactisé avec un impressionnant St Bernard très affectueux, qui s’était invité à ma table.

Je dînais en terrasse avec ma fille, chez « Cicchetti », un resto italien sur Yehouda Halevy à Tel Aviv.

J’avais décliné l’offre de mon amie Yael de participer à l’énorme manifestation qui se déroulait, ce samedi soir, Bd Kaplan, pour demander la démission de Netanyahu et de son gouvernement.

Je ne me sens pas légitime, je ne vis pas ici, m’étais-je justifié.

« Bibi est une catastrophe nationale et internationale. » m’avait répondu Yael.

« Sa politique désastreuse aura des conséquences pour nous et pour vous en France, viens manifester.»

Je ne vote pas ici, je ne fais pas l’armée. Moralement, je ne peux pas demander la démission de qui que ce soit.

Rejoins-nous après la manif chez Cicchetti, Yael, pour boire un verre en disant du mal de Netanyahu et de Ben Gvir.

J’ai commandé des antipasti et une bouteille de Prosecco.

La serveuse, un peu gênée, m’a dit en hébreu :

״בשר לבן״

Viande blanche.

Oui. Et alors ? Du veau, du poulet ?

« Non, non. De la viande blanche. »

Ma fille s’est marrée.

« Papa, elle veut te dire qu’il y a du porc dans les antipasti. Viande blanche est une façon pudique de dire que c’est du cochon.

C’est pas casher quoi ! »

M’en fous.

Je m’en fous, Mademoiselle, qu’elle soit blanche la viande !

Ma fille :

« Pas très moral, Papa, de manger du porc, à la fin du Shabbat. »

Ma fille a un don pour me culpabiliser.

J’ai refilé le jambon au St Bernard.

C’était avant le 7 octobre.

J’avais encore une certaine insouciance.

J’ai perdu le sommeil et toute légèreté depuis le 7 octobre.

Hier soir, a eu lieu une gigantesque manifestation Bd Kaplan pour réclamer la libération des otages et parvenir à un accord avec les terroristes du Hamas.

Cette manifestation, j’aurais souhaité y participer.

Moralement, le sort des otages nous engage tous.

Chaque heure qui passe diminue les chances de leur survie. Ça urge.

Même si le prix à payer est exorbitant, il faut parvenir à cet accord.

Il sera toujours temps, par la suite, d’éliminer leurs tortionnaires.

© Daniel Sarfati

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