René Seror. Coupe du monde. Que la Joie reste la Joie

Voilà une coupe du monde, en hiver, au Qatar, qui ne devait intéresser personne! Finalement elle passionne tout le monde. Au point que l’événement central, sera la demi-finale qui opposera le Maroc à la France.

Qui reste insensible au but d’Olivier Giroud ou au sourire de M’Bappé quand il voit les anglais rater leur penalty?
On se demande si les boycotteurs d’il y a un mois ne regardent pas les matchs de cette coupe du monde en cachette.

Sportivement, ce match est une affiche magnifique.
Mais il est évident que c’est aussi un défi pour l’ordre public.

A l’importante communauté de Marocains en France, s’agrègent nombres de Tunisiens, d’Algériens…
Pour beaucoup d’entres eux, cette équipe n’est plus seulement l’équipe du Maroc.
C’est celle du Maghreb, de l’Afrique, et pour certains, celle d’un grand espace arabo-musulman.
Ces fiertés culturelles mouvantes sont le propre d’une Coupe du monde et ne sont pas critiquables.

Mais si elles s’accompagnent d’un esprit revanchard, elles peuvent donner à cette rencontre un tour identitaire.
A ce moment là, on sort du sport pour aller vers la politique.
C’est essentiellement ce qu’il faut éviter.

Même si nous sommes convaincus que ce sera un très beau match, nous n’éviterons pas le choc des civilisations.
Hélas, le football n’a pas le pouvoir de réduire les fractures profondes qui existent depuis tant d’années et surtout la crise de l’intégration.

En 1998, la France chantait: Black! Blanc! Beur!
3 ans plus tard, en 2001, lors d’un France-Algerie de triste mémoire, la Marseillaise était sifflée et le gouvernement Jospin recevait des projectiles.
Un an après, Jean-Marie Le Pen était au second tour des présidentielles.

Ce type de match donne souvent lieu à ce que l’on appelle avec pudeur, des débordements.
Soyons clair!
Que des individus fêtent bruyamment la victoire de leur pays, on peut le comprendre.
Mais quand la joie se change en colère, on ne comprend plus!
Les violences inacceptables de ces derniers jours, à Lille, Paris, Bruxelles, n’arrivent pas à Casablanca ou à Rabat.
Ça veut tout dire!

A l’évidence, ce genre d’incidents est courant.
On peut penser que le Ministère de l’Intérieur aura un dispositif à la hauteur.
Nous l’espérons tous!
Le problème, c’est qu’au nom d’une vision “bisounours” du “vivre ensemble”, on évalue mal les risques.

2 exemples:
Repensez au Titre de Champion de France du PSG en 2013.
Au Trocadéro, ça avait tourné à l’émeute.
Le second exemple c’est la Finale de la Ligue des Champions au Stade de France au mois de juin dernier.
On a, encore une fois, minoré le risque de violence, et la police a été débordée.

Alors cette fois, pour que la fête soit belle, il ne faut pas être naïf.
2000 policiers sont mobilisés à Paris.
Si ça tourne mal, ce sera difficile d’expliquer que ce sont les supporters britanniques.

© René Seror

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3 Comments

  1. Vous dites, “Ces fiertés culturelles mouvantes sont le propre d’une Coupe du monde et ne sont pas critiquables.”
    Très bien, pourquoi donc l’équipe du Maroc après sa victoire a-t-elle posé au Quatar avec un drapeau palestinien ?
    Pourquoi un drapeau israélien a-t-il été brûlé sur les Champs élysées ?
    Enfin que penser d’un article d’Al Jazeera qui s’intitulait, la Palestine bat Israël sur la grande scène du football; Comment la Palestine a remporté Qatar 2022 sans même y jouer.
    Par ailleurs, 80% des personnes d’origine du Magreb qui ont été interpellées pour des actes de violences sont de nationalité française.

  2. Mais le football en France est toujours identitaire ! J’aurais largement préféré que la France perde en 1998 : cela nous aurait peut-être épargné les lamentables pleurnicheries de liliam thuram qui ne cherche même plus à cacher son racisme et sa haine revancharde. Le foot est par nature identitaire : même dans le moins pire des cas il monte les villes les unes contre les autres. Et dans tous les cas il ne sert qu’à accentuer le cretinisme de masse :
    “Le ballon est con
    Le ballon rend con
    Con comme un ballon
    Tour rond”
    Cavanna

  3. “Que des individus fêtent bruyamment la victoire de leur pays, on peut le comprendre.
    Mais quand la joie se change en colère, on ne comprend plus!”
    Moi, je comprends. C’est civilisationnel. Dans les pays musulmans, toute liesse s’accompagne de coups de kalachnikovs. J’ai vécu ça au Liban. Sortant de l’aéroport en taxi, au bout de 20 minutes la circulation était bloquée avec des gens venant de partout, courant comme des fous, avec des kalach. C’était mon jour de chance! J’arrivais en plein révolution. Le chauffeur de taxi se tournant vers moi avec un large sourire. Pas avoir peur, Madame. Grand jour pour nous, jour de chance. Suleiman Frangieh, le président, descendait de la montagne où il avait trouvé refuge pendant les mois d’été pour échapper aux fortes chaleurs de la plaine littorale. Dans la rue, on dansait, on criait et on tirait des coups en l’air. Les gens me faisaient de signes pour sortir du taxi et aller m’amuser avec eux. D’un signe de doigt je disais et non et vérifiais que mes portes étaient bien fermées. On ne sait jamais. On a dû mettre une heure pour s’extirper d’une foule dense.
    A défaut de khalach, ils s’en prennent au mobilier urbain et aux voitures.

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