Nouvelle percée mondiale pour l’avenir du traitement du cancer à l’Université de Tel-Aviv

Le Prof. Dan Peer, Vice-Président de l’Université de Tel-Aviv pour la recherche et le développement, Directeur du Centre de médecine translationnelle et chercheur à l’Ecole d’études biomédicales et de recherche sur le cancer et au Centre de Nanosciences et Nanotechnologie de l’université, a réussi à créer une nouvelle méthode de délivrance de médicaments intelligents à base d’ARN, directement vers les cellules cancéreuses et sans affecter les cellules saines.

L’étude, réalisée par le post-doctorant hollandais Niels Dammes dans le cadre d’un financement de l’Union Européenne, est susceptible de révolutionner le traitement de divers types de cancer et d’une large gamme de maladies et affections médicales.

« Sur la membrane de nos cellules se trouvent des récepteurs qui sélectionnent les substances qui pénètrent dans la cellule », explique le Prof. Peer, pionnier mondial de la recherche pour l’administration ciblée de médicaments intelligents à base d’ARN. « Si nous voulons injecter un médicament, nous devons l’adapter aux récepteurs spécifiques des cellules ciblées, sinon il circulera dans le sang et n’aura aucun effet. Mais certains de ces récepteurs sont dynamiques et changent de forme sur la membrane en fonction de signaux internes ou externes qu’ils reçoivent. Nous sommes les premiers au monde à avoir réussi à créer un système d’administration de médicaments qui sache se lier uniquement aux récepteurs dans un certain état, et à ignorer les autres cellules identiques, c’est-à-dire à administrer le médicament exclusivement aux cellules actuellement pertinentes pour la maladie ».

Une technologie qui transforme le monde des anticorps

« Notre technologie transforme en fait le monde des anticorps », poursuit-il. « Aujourd’hui, les traitements ‘inondent’ l’organisme du patient d’anticorps qui, bien que sélectifs, endommagent toutes les cellules qui expriment un récepteur spécifique, quelle que soit son état actuel. Nous avons maintenant retiré de l’équation les cellules saines qui peuvent nous aider, c’est-à-dire celles qui ne sont pas enflammées par la maladie, et grâce à une simple injection dans la circulation sanguine, nous pouvons neutraliser, exprimer ou modifier un gène particulier exclusivement dans les cellules qui sont enflammées à ce moment-là ».

Dans le cadre de l’étude, le Prof. Peer et son équipe ont réussi à démontrer cette technologie révolutionnaire sur des modèles murins pour les maladies inflammatoires de l’intestin telles que la maladie de Crohn et la colite, améliorant tous les symptômes inflammatoires sur environ 85% des cellules du système immunitaire.

Il y a quelques mois, ils avaient développé un système de transport de médicaments basé sur des nanoparticules grasses, le système le plus avancé existant dans ce domaine, qui a déjà reçu une approbation clinique pour l’administration de médicaments à base d’ARN vers les cellules cancéreuses. A présent, ils tentent de rendre ce système de délivrance de médicaments encore plus sélectif.

Des résultats améliorés sans les effets secondaires

Selon le Prof. Peer, cette nouvelle percée a des implications possibles pour une large gamme de maladies et d’affections médicales. « Notre technologie a des implications pour de nombreux types de cancers du sang et divers types de tumeurs solides, ainsi que pour différentes maladies inflammatoires, ou des maladies virales telles que le coronavirus, par exemple. Nous savons maintenant comment envelopper l’ARN dans des particules à base de graisse afin qu’il se lie à des récepteurs spécifiques sur les cellules cibles », dit-il. « Mais les cellules cibles changent constamment, passant du mode « liaison » au mode de « non liaison » en fonction des circonstances. Si nous nous coupons, par exemple, toutes les cellules de notre système immunitaire n’entrent pas en mode « liaison », car nous n’avons pas besoin de toutes nos cellules pour traiter une petite coupure. C’est pourquoi nous avons développé une protéine qui sait se lier uniquement aux récepteurs des cellules immunitaires à l’état actif, et l’avons testée sur des modèles murins pour les maladies inflammatoires de l’intestin, à la fois aiguës et chroniques ».

« Nous avons réussi à organiser le système de délivrance des médicaments de manière à ne cibler que 14,9% des cellules impliquées dans l’état inflammatoire de la maladie, sans affecter négativement les cellules non impliquées, qui sont en fait complètement saines », ajoute-t-il. « Grâce à une liaison spécifique à une sous-population de cellules, nous avons pu améliorer tous les indices d’inflammation, du poids de l’animal aux cytokines pro-inflammatoires. En comparant nos résultats avec ceux des anticorps actuellement sur le marché pour les patients atteints de la maladie de Crohn et de colite, nous avons constaté que nos résultats étaient identiques voire meilleurs, sans provoquer la plupart des effets secondaires qui accompagnent l’introduction d’anticorps dans l’ensemble des cellules. En d’autres termes, nous avons pu délivrer le médicament « porte à porte », directement aux cellules malades »

L’étude dirigée par le Prof. Dan Peer, a été réalisée par le Dr. Niels Dammes, avec la collaboration et des Dr. Srinivas Ramishetti, Meir Goldsmith et Nuphar Veiga, du laboratoire du Prof. Peer. Les Prof. Jason Darling et Alan Packard de l’Université Harvard aux États-Unis y ont également participé. Elle a été financée par l’Union européenne, dans le cadre du Conseil européen de la recherche (ERC).

Crédit photo: s Université de Tel-Aviv

Source : ami-universite-telaviv.com

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