Les enfants d’Ecouis : de Buchenwald à la Normandie – Nouvelle Expo de Yad Vashem

De Buchenwald à la Normandie : Un temps pour guérir (Ecclésiastes 3:3)

Nouvelle exposition virtuelle en français de Yad Vashem à l’occasion du 27 janvier, Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de la Shoah

« Avons trouvé un millier d’enfants juifs à Buchenwald. Prenez des mesures pour les évacuer sans délai. »

Un enfant rescapé de Buchenwald pris en charge par un soldat américain à la libération du camp

A la libération de Buchenwald, en avril 1945, le commandant des troupes américaines câble ce message aux bureaux de l’OSE à Genève. Quand son armée pénètre ce camp de concentration allemand, elle a sous ses yeux le plus grand mouroir du monde. Mais parmi les 4000 rescapés juifs, elle découvre avec étonnement plus de 900 enfants, qui ont survécu contre toute attente grâce à une résistance exceptionnelle dans le camp.

La communauté internationale ne sait que faire de ces « garçons de Buchenwald ». Il faudra attendre deux mois pour qu’une décision de rapatriement soit prise. Le 6 juin 1945, un groupe de 426 jeunes, rescapés de l’horreur, arrive en France dans une maison de l’OSE à Ecouis, dans l’Eure. Ce sont pour la plupart des orphelins, âgés de 8 à 23 ans.

C’est ce périple, géographique mais surtout psychologique, de Buchenwald à la Normandie, que Yad Vashem se propose de raconter sur son site Internet en français avec « Les enfants d’Ecouis » : une exposition particulièrement émouvante, conçue à partir de photos d’époque extraites des archives de Yad Vashem, et mise en ligne à l’occasion du 27 janvier, Journée internationale dédiée à la mémoire de la Shoah, date de l’anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

A Ecouis, les enfants rescapés de Buchenwald quittent l’univers concentrationnaire, mais restent confrontés aux démons de la privation et du deuil. Comment accompagner ces jeunes revenus de l’enfer ? Comment leur apprendre à se reconstruire ?

Dans un premier temps, la communication peine à s’établir, brouillée par des différences de langue, de culture, de vécu. Difficile pour l’équipe pédagogique de l’OSE de comprendre ces enfants qui font plus jeunes que leur âge mais ont connu des vies d’adultes et ne parlent qu’entre eux de ce monde indicible auquel ils ont survécu. Comme l’écrira par la suite l’auteur et Prix Nobel de la Paix Elie Wiesel, un des enfants d’Ecouis : 

« Emmurés dans la solitude d’une enfance mutilée, violée, bafouée, nous souhaitions vivre à l’écart. Chaque fois qu’un représentant du monde extérieur essayait de s’approcher de nous, nous nous refermions davantage. »

Puis, la confiance va s’instaurer. Les jeunes vont renouer avec des valeurs fondamentales perdues dans la Shoah : le sentiment d’appartenance, le plaisir d’être choyé, compris, aimé. L’humanité va reprendre ses droits avec la visite d’un aumônier militaire américain. Face à ses larmes, les enfants d’Ecouis éclatent à leur tour en sanglot. L’un d’eux racontera plus tard :

« Il nous a rendu notre âme, il a été le révélateur des sentiments qui existaient encore en nous. »

Parmi d’autres jeunes rescapés de Buchenwald : Loulek (Israel Meir Lau), 8 ans qui deviendra Grand Rabbin ashkénaze d’Israël. Il embarquera pour Eretz Israël avec son frère Naftali Lau, comme plus de la moitié des enfants d’Ecouis. Les plus religieux continueront l’apprentissage de l’autonomie via Ambloy, puis Taverny, d’autres maisons de l’OSE. Beaucoup partiront aussi pour les Etats-Unis. Une vingtaine fera le choix de s’installer définitivement en France.

Ecouis aura constitué une période transitoire nécessaire vers la réadaptation et la reconstruction de ces 426 enfants revenus de Buchenwald. Une histoire de résilience et de vie, par-dessus tout.

Découvrez l’histoire des « Enfants d’Ecouis » à travers la nouvelle exposition en français de Yad Vashem.

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