Donald Trump s’accroche jusqu’au bout

Le président ne reconnaît pas la victoire de Joe Biden et dénonce une fraude. Jusqu’au 20 janvier, il a tous les pouvoirs pour saboter la période de transition.

Donald Trump n’a pas dit son dernier mot. Retranché à la Maison-Blanche, le président poursuit son opération de délégitimation de l’élection. Sans fournir de preuves, le Parti républicain et les ténors du gouvernement refusent de reconnaître la défaite de Donald Trump et de coopérer avec l’équipe de transition du président élu Joe Biden.

Certains observateurs voient dans la bataille judiciaire en cours le prélude à un coup de force électoral pour bloquer la certification des résultats dans les États contestés et faire désigner les grands électeurs par les législatures à majorité républicaine.

Le récit de l’élection volée

Donald Trump entend, quoi qu’il arrive, conserver le soutien des ­dizaines de millions de supporteurs, cette fameuse base électorale qui le met en position d’exercer une influence décisive sur l’orientation future du Parti républicain et son candidat à la Maison-Blanche en 2024.

Depuis plusieurs mois, il n’a cessé de marteler le même ­récit : la victoire initiale serait suivie d’un coup de poignard dans le dos au fur et à mesure que les bulletins de vote par correspondance s’empilaient. Pour ses supporteurs, la défaite ne peut signifier qu’une chose : une tricherie généralisée. « Donald Trump a besoin de maintenir la fiction selon laquelle l’élection a été volée, car elle pourrait lui être extrêmement utile dans les années à venir », explique Anne Applebaum sur le site de The Atlantic.

Donald Trump, le spectacle jusqu’au bout

Politiquement d’abord. Cette posture, de même que l’éventualité d’une candidature en 2024, aide le président à collecter des fonds pour financer les recours en justice et les recomptages. Des sites ultra-conservateurs comme Newsmax ou One America News, répandent son message sur les réseaux sociaux. Avec l’aide de son fils Donald Jr., Donald Trump entend s’appuyer sur ses millions de supporteurs pour maintenir son contrôle sur le Parti républicain et faire pression sur les aspirants à la Maison-Blanche qui se positionnent déjà pour capter l’héritage.

Commercialement ensuite. La base électorale de Donald Trump ressemble à un gigantesque fonds de commerce susceptible de se monnayer. Ses supporteurs continuent à acheter des drapeaux, casquettes, tee-shirts marqués MAG (Make American Great Again). Autant d’auditeurs potentiels pour le lancement d’une « Trump TV », concurrente de Fox News qui a commencé à l’abandonner.

Un bouclier contre les poursuites judiciaires

Cette base électorale lui servira également de bouclier face aux poursuites judiciaires et à la pression de ses créanciers. Donald Trump doit rembourser 421 millions de dollars d’ici à quatre ans à des entités ou individus non identifiés, selon une enquête du New York Times.

La Trump Organization est, par ailleurs, visée par des enquêtes du procureur de l’État de New York pour fraude fiscale et aux assurances et du procureur de Manhattan sur le financement illégal de sa campagne en 2016, dans l’affaire des versements à l’ex-actrice porno Stormy Daniels pour acheter son silence sur leur liaison. D’autres procédures pourraient être lancées contre lui, une fois levée son immunité présidentielle. Trump et sa famille dénoncent ces poursuites comme une persécution politique.

Psychologiquement enfin, cette base est essentielle à Donald Trump pour satisfaire son narcissisme. « Son besoin personnel de vivre dans un monde imaginaire perpétuel, un monde où il est toujours en train de gagner, est si irrésistible qu’il fera tout pour le maintenir », souligne Anne Applebaum. Il dispose jusqu’au 20 janvier de tous les pouvoirs de la présidence pour purger son administration des derniers récalcitrants, nommer des juges conservateurs, proposer des nouvelles réductions d’impôt ou ou enterrer définitivement l’accord sur le nucléaire iranien par de nouvelles sanctions. Le limogeage du secrétaire à la défense Mark Esper, lundi 9 novembre, n’est qu’une première salve.

Source La Croix

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