Non, Me Goldnadel, «L’argument central » des 127 félons n’est pas «parfaitement justifié» ! Frédéric Sroussi

Dans un texte paru sur le site du” figaro.fr” ,le célèbre chroniqueur et avocat Gilles William Goldnadel a publié un article au titre bizarre : «On peut critiquer Israël, mais pas n’importe comment .» (Figaro Vox, 09/12/19). Je rentre tout de go dans le vif du sujet de l’article déroutant de l’avocat et essayiste :

Gilles-William Goldnadel

Critiquant les 127 signataires de ce texte abject et admettant que la démarche de ces intellectuels juifs relève de «la détestation de soi », Me Goldnadel, peut-être désireux lui-aussi de prendre de la hauteur et du recul par rapport à ses affects, n’ hésite pas à écrire :«[…] Je reconnais sans barguigner que l’argument central des pétitionnaires, à savoir qu’on ne saurait confondre antisémitisme et antisionisme, est parfaitement justifié. Il suffit de relire L’ Élu, chef-d’œuvre de l’américain Chaïm Potok qui raconte le conflit entre un père rabbin antisioniste et son fils sioniste, peu avant la création de l’ État d’ Israël, pour s’en convaincre.»

Puis, Me Goldnadel reproche, après son étonnante déclaration, à «[ces] pétitionnaires d’ extrême gauche de «nous racont(er) des histoires» car «contrairement à ce qu’ils essaient de faire croire », la résolution du député Sylvain Maillard n’a «aucune valeur contraignante ».

Ce serait donc cela le cœur du problème du texte fielleux des 127 intellectuels « juifs »? Ils veulent nous faire croire que ce texte est contraignant ! La belle affaire !

Me Goldnadel reconnaît pourtant que les 127 signataires ne cessent de « traiter l’ État juif en Juif des États».

Malgré tout, Me Goldnadel est tombé en plein dans le panneau des antisionistes/antisémites qui prétendent que l’on peut donc être antisioniste sans être antisémite puisqu’il existe des Juifs antisionistes y compris des rabbins. 

Les propos de ces Juifs antisémites/antisionistes reposent en fait sur un pur sophisme que Me Goldnadel n’a pas su analyser. Tout d’abord, nous devons reconnaître que tout «bon» texte politique (mais pas uniquement) est rédigé dans un contexte spécifique par une ou des personnes dont les intentions sont motivées par une finalité .

Dans cette optique, je dirai que les 127 signataires de cette pétition parlent un langage habile, contrôlé, intentionnellement trompeur et contextualisé. L’idée fausse qu’ils veulent nous faire adopter (et que par mégarde Me Goldnadel fait sienne) est que l’antisionisme et l’ antisémitisme ne peuvent se confondre.

C’est pas pareil comme l’aurait dit Lacan

Il faut donc clamer haut et fort que le discours antisioniste contemporain issu de l’avant-garde islamo-gauchiste ne peut être assimilé avec celui (téléologique) de rabbins qui vivaient dans les années qui précédèrent la refondation de l’État juif en 1948 (et que décrit , par exemple, Chaïm Potok dans son livre) ! On ne parle pas de la même chose ! C’est pas pareil comme l’aurait dit Lacan (Le Séminaire, Livre XI).

Un Schibboleth inversé

Il faut enfin clore le débat et en finir avec les arguties ! Le terme «antisioniste» n’est essentiellement qu’un Schibboleth inversé, soit un mot de passe  intentionnellement éventé (compris de tous) que les antisémites utilisent afin de ne pas être taxés…d antisémitisme. En effet, ceux qui préfèrent se nommer ”antisionistes” veulent nous faire croire que l’on peut vouloir la destruction de millions de Juifs israéliens et de leurs frères et sœurs qui les soutiennent en diaspora, sans être des antisémites de la pire espèce. C’est une mauvaise farce !

C’est à partir de ce confusionnisme distillé insidieusement que les antisémites/antisionistes comptent pour se dédouaner alors que la haine hystérique et singulière qu’ils expriment contre l’État juif apporte la preuve du contraire . 

Frédéric Sroussi

Frédéric Sroussi est journaliste-essayiste

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/goldnadel-on-peut-critiquer-israel-mais-pas-n-importe-comment-20191209

Suivez-nous et partagez

RSS
Facebook
Facebook
Twitter
Visit Us

1 Comment

  1. Clair et bien argumenté. J’approuve totalement, à ceci près qu’au terme islamo-gauchiste je préfère le terme islamo-fasciste, qui désigne les mêmes individus et prête moins à confusion.

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*