Bondy : pour se débarrasser de ses créanciers, il les accuse de terrorisme

Sur le moment, Arash* a pensé que c’était une bonne idée. Cinq mois plus tard, beaucoup moins en entendant le président du tribunal de Bobigny le condamner à 6 mois de prison et 7500 € d’amende pour dénonciation calomnieuse.
Tribunal de Bobigny
Tribunal de Bobigny

Il faut reconnaître que le jeune homme de 25 ans n’a pas fait dans la dentelle : pour se débarrasser de ses créanciers un peu trop insistants sur le remboursement de sa dette, il a fait une fausse dénonciation de terrorisme.

En août dernier, il débarque dans le commissariat de Bondy et raconte aux policiers qu’il a été approché par trois personnes… pour transporter des bombes. L’affabulateur va même donner des détails. Ce qui, dans un premier temps, pousse les enquêteurs à s’intéresser à son histoire. Il indique qu’un attentat aura lieu au Sacré-Cœur le 1er novembre puis à la tour Eiffel le 31 décembre. Dès lors, grâce aux noms donnés par Arash, les policiers mettent en place des écoutes téléphoniques et des filatures.

Il est entendu pas moins de six fois par les enquêteurs. Ne voyant pas d’évolution de « l’enquête » au bout de plusieurs jours, le jeune homme n’hésite pas à relancer le commissariat par téléphone pour savoir quelles suites ont été données à son témoignage. « Vous avez même laissé entendre que si rien ne se passait selon vous, c’est parce que l’un des individus connaissait personnellement des magistrats et des policiers, s’énerve le juge qui mène les débats. En gros, vous les avez accusés de corruption. » Arash, tête baissée, ne dit mot.

Au fil des écoutes, les policiers entendent parler de tractations commerciales, d’argent… mais il n’est jamais question de bombes, de cibles ou d’action terroriste. Le 28 septembre, la police procède à l’interpellation des trois individus et organise une première confrontation. Arash maintient ses accusations. Des perquisitions sont alors lancées aux domiciles des trois suspects mais rien d’incriminant n’est retrouvé.

L’histoire d’Arash commence alors sérieusement à se fissurer et elle s’effondre lors de la deuxième confrontation. En réalité, Arash avait emprunté de l’argent au trio pour acheter une friterie mais il ne parvenait pas à rembourser ses dettes. « Vous vous rendez compte que vous avez fait travailler pour rien plusieurs fonctionnaires de police, que leur enquête a coûté plusieurs milliers d’euros en vain, dans le contexte qu’on connaît », tonne le président. « Je suis désolé, j’étais perdu dans ma tête, plaide Arash. Je ne pensais pas que cela prendrait une telle ampleur. » « Vous plaisantez, Monsieur, renchérit le juge assesseur. Vous avez appelé à plusieurs reprises pour vous enquérir de l’enquête et vous avez attendu la deuxième confrontation pour dire la vérité, c’est bien un acte prémédité. » Et suffisamment grave selon les magistrats qui ont décidé de lui infliger la peine maximale prévue par la loi.

* Le prénom a été modifié

Source leparisien

 

 

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