Mort du producteur Menahem Golan

Figure emblématique de Cannon Films, producteur de Stallone et Bronson mais aussi Cassavetes et Godard, Menahem Golan s’est éteint à 85 ans.Menahem_Golan_034_edited
Le nom de Menahem Golan évoque l’artillerie lourde du cinéma américain des années 80, du Justicier de minuit réalisé en 1983 par J. Lee Thompson avec Charles Bronson, à l’inénarrable Over the top / Le bras de fer (1987) avec Sylvester Stallone, en passant par Delta Force (1986), monté autour des noms de Chuck Norris et Lee Marvin. Dans ces deux derniers films, il était lui-même derrière la caméra.
Pourtant la carrière de Menahem Golan, né en 1929 à Tibériade (Palestine mandataire), ne saurait se réduire à ce genre de productions. Après avoir réalisé de nombreuses mises en scène de théâtre en Israël, il partit étudier le cinéma aux États-Unis dans les années 60 et collabora un temps avec Roger Corman. En 1962, il fonda en Israël la société Noah Films qui produira son premier film, El Dorado (1963), début d’une série de succès populaires. De retour en Amérique à la fin des années 1970, il s’associa avec Yoram Globus pour prendre le contrôle de la société Cannon.
Si ses propres films manifestèrent peu d’ambitions artistiques, il s’entoura de cinéastes dont certains étaient réputés pour leur talent singulier, même si ce fut parfois pour des films mineurs. C’est ainsi qu’Andrei Kontchalovski réalisa en 1984 le très beau Maria’s lovers, avec Nastassja Kinski, avant de signer de pures commandes commerciales. Mais la même année 1984 fut celle de Love streams, un des plus beaux films de Cassavetes. Menahem Golam produisit aussi Altman, Schatzberg et Zeffirelli, mais le malentendu fut total avec King Lear (1987) de Jean-Luc Godard, le producteur croyant financer un produit culturel de prestige quand le cinéaste s’appropria le projet en le greffant à son univers…
Une série d’échecs commerciaux contraignit Golan à abandonner Cannon en 1989. Il fonda alors une nouvelle société, la 21th Century, puis retourna en Israël où il produisit et réalisa des films essentiellement destinés au marché intérieur. En 2014, la section Cannes Classics du Festival de Cannes avait présenté le documentaire The Go-Go Boys : The Inside Story of Cannon Films (sortie prévue le 22 octobre), évocation de l’aventure de Cannon Films, et qui mettait au centre l’apport de Menahem Golan et Yoram Globus.
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