En 2014, tout ira bien ? Par Maxime Perez

Un Hezbollah affaibli et sans nouvelles armes stratégiques,

l’Iran contraint de jouer la transparence sur son programme nucléaire,

Al Qaïda embourbé en Syrie

ou encore les groupes djihadistes traqués dans le Sinaï ; pour les services de renseignements israéliens, nombre de facteurs régionaux incitent à l’optimisme.

C’est un état des lieux pour le moins inattendu qui a été présenté cette semaine aux membres du cabinet israélien, dans les bureaux du Mossad, le saint des saints du renseignement israélien, près de Tel Aviv. Le contenu détaillé de leur rapport annuel est classé secret défense, mais à en croire les confidences de certains ministres, la situation aux frontières d’Israël ne devrait pas s’embraser en 2014. Explications.

Plus de menace conventionnelle

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C’est l’effet post-révolution arabe. Aujourd’hui, la menace d’une guerre conventionnelle engageant, comme en 1973, les armées arabes contre Israël appartient au passé. En Egypte, après le renversement des Frères musulmans désormais traqué comme au temps de Moubarak, le commandement militaire se préoccupe d’assurer une nouvelle phase de transition – la deuxième depuis février 2011 – et de rétablir l’autorité de l’Etat dans les différences provinces du pays, y compris dans la péninsule du Sinaï.
En Syrie, les forces armées du régime ont implosé du fait des désertions et des coups infligés par les rebelles ces deux dernières années. En dépit du soutien logistique offert par l’Iran et la Russie, ni ses effectifs actuels, ni son équipement lourd mais vétuste, ne permettent aux troupes d’Assad d’envisager sérieusement l’ouverture d’un second front contre l’Etat hébreu. Ces derniers mois, les frappes attribuées à l’aviation israélienne contre des convois d’armements ou des cibles militaires à Damas ou Lattaquié confirment cette tendance. Elles n’ont pas provoqué de représailles.

Pas de nouveau front

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La guerre civile syrienne est, à l’évidence, un facteur de stabilité pour Israël. L’engagement militaire du Hezbollah aux côtés d’Assad lui interdit désormais toute provocation au Sud-Liban. Au pays du Cèdre, sa position s’est aussi nettement affaiblie. En plus d’être sous le feu des critiques pour avoir ravivé les tensions entre chiites et sunnites, notamment à Tripoli, le mouvement pro-iranien ne semble plus intouchable. Son fief de Dahiyé, au sud de Beyrouth, a été la cible de plusieurs attentats meurtriers. Reste que pour les renseignements de l’Etat hébreu, même affaibli, le Hezbollah libanais conserve une capacité de nuisance importante. L’organisation d’Hassan Nasrallah détiendrait toujours près de 40.000 roquettes et missiles. Instruction lui aurait été donnée de préserver cet arsenal pour riposter en cas d’attaque israélienne contre l’Iran.
Plus au sud, la bande de Gaza reste sous le contrôle du Hamas et des brigades Ezzedine al Qassam, une menace latente pour Israël. Mais l’opération « Pilier de Défense », menée en novembre 2012, et surtout la destruction des tunnels de contrebande par l’Egypte, obligent le mouvement islamiste palestinien à faire profil bas. Son pouvoir est à la fois menacé par l’éclosion de groupes plus radicaux que lui et par le risque de chaos économique, voire humanitaire étant donné les nombreuses pénuries dont souffre l’enclave palestinienne à l’approche de l’hiver.

Al Qaïda traqué

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Malgré les menaces proférées par des groupes djihadistes se revendiquant de l’idéologie d’Oussama Ben Laden – pour l’essentiel des tribus bédouines converties à l’islam radical -, la nébuleuse Al Qaida peine à étendre ses tentacules jusqu’au territoire israélien. Si quelques tirs de roquettes sporadiques ont visé la station balnéaire d’Eilat, aucune action d’envergure n’a été menée. La faute à l’armée égyptienne, déterminée à reprendre le contrôle de cette péninsule en proie aux violences depuis la chute d’Hosni Moubarak. Ces derniers mois, après avoir subi de lourdes pertes dans des attaques de guérilla, les troupes d’Al Sissi sont montées en puissance, engageant d’abord tanks et blindés, puis des hélicoptères de combat. Des centaines de combattants djihadistes ont été tués ou arrêtés.
En Syrie, ni le Front Jabat al Nosra, ni l’Emirat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ne parviennent pas à s’emparer des zones proches de la frontière israélienne. Car en plus de l’armée d’Assad, ces groupes affiliés de près ou de loin à Al Qaida doivent aussi en découdre avec les forces kurdes et l’armée syrienne libre (ASL), principale composante de la rébellion. Dans l’immédiat, Israël n’est pas la priorité de ces organisations.

Les négociations, vecteur de paix

Si les Américains se désengagent du Moyen-Orient, leur activité diplomatique semble pour le moins productive. Pour les services de renseignements israéliens, le démantèlement en cours de l’arsenal chimique syrien, ou encore la perspective d’un accord-cadre sur le nucléaire iranien, sont autant d’éléments qui réduisent les menaces non-conventionnelles contre l’Etat hébreu et, au passage, tendent à renforcer sa position régionale. Quant aux négociations de paix avec l’Autorité palestinienne, elles neutralisent à court terme tout risque de nouvelle Intifada. Il est néanmoins impératif que les pourparlers actuels marquent des progrès, au risque de servir d’alibis à un soulèvement populaire, néfaste pour l’image d’Israël.

La bombe iranienne

Hassan Rohani
Hassan Rohani

Le risque de voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire reste la principale hantise des responsables israéliens. Selon les estimations du Mossad que l’accord intérimaire conclu à Genève oblige à redoubler de vigilance au cours des prochains moins, il est peu probable que la République islamique consente à démanteler, même partiellement, ses centrifugeuses. Elle ne devrait pas non plus se résoudre à limiter à 5% ses activités d’enrichissement d’uranium. Le général Aviv Kochavi, le chef des renseignements militaires israéliens (Aman), estime néanmoins que la quête de la bombe iranienne serait motivée par une logique de survie. La priorité du régime des Mollahs serait ainsi d’apporter aux chiites un gage de survie dans un monde arabo-musulman (sunnite) qui lui est largement hostile.
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Maxime Perez
 
 
 

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