Canicule. Quand tu nous tiens… Michèle Chabelski

Bon samedi

Canicule Quand tu nous tiens…

Quelqu’un a inventé la théorie de la relativité.

Ça fonctionne aussi appliquée au climat.

Exemple:

Tu sors de chez toi où un ventilateur brasse de l’air chaud dans un tintamarre de turbine électrique.

L’air devenu mobile est moins pesant que la masse chauffée à blanc qui t’écrase dans un appartement où la question cruciale devient: doit on ouvrir les fenêtres ou les garder fermées ? en regardant ironiquement l’air brûlant qui cogne à la vitre et tente de s’infiltrer par les interstices ..

Le ventilateur est donc une invention géniale à condition de rester à moins de 30cm. C’est une espèce d’amoureux fusionnel et boudeur qui a besoin de ton corps lascif à proximité.

Bien sûr, tant que tu lis le journal, ou que tu regardes la télé, tout va bien.
Le problème, c’est quand tu t’éloignes.

Il continue de brasser en solitaire , ce qui est un bien morose destin, avouons le.

Alors bien sûr il faut un ventilateur dans chaque pièce.

Mais le chemin du salon à la chambre ressemble à une traversée du Sahel , le chameau en moins.

Mais le propos était la relativité des hautes températures en milieu urbain.

Tu sors donc de chez toi pour aller cueillir un bus que tu attends dans un coin ombragé, s’il y en a. S’il n’y en a pas, tu t’apprêtes à mourir en victime expiatoire du réchauffement climatique parce que t’as pas trié tes ordures.
Mais le pire reste à venir.

Tu grimpes en ahanant et là…
Là…

Est ce déjà l’enfer ou juste le purgatoire ?

Tu chancelles sous le coup.

Une bête immonde te couvre de sa patte incandescente, te coupant un souffle déjà mutilé par le brasier extérieur.

Tu plies sous le choc, mon royaume pour de l’oxygène crient tes lèvres muettes, wallou, t’essaies quand même de respirer, un souvenir évanescent de sciences nats te rappelle que si t’arrêtes de respirer, t’es mort. Tu t’accroches au goulot d’une bouteille d’eau tiède, la mort est toujours bête, mais trépasser dans un autobus est totalement révoltant.

Tu descends enfin.

Et là..
Mais là..

Ô miracle!

L’air te paraît doux et suave, tu t’en gorges les poumons, tu inspires goulûment, quoi? C’est ça la canicule ?

Tu ricanes in petto.

Ha ha! C’est un pur délice, un éclat de bonheur, une miette de soulagement..

Puis tu rentres dans un magasin climatisé qui t’offre pour trois fois rien un avant goût de paradis..
Qui a dit que la vie n’était pas belle ?

L’ennui, c’est quand t’en sors..

Le plomb fondu que dieu gardait dans son chaudron maudit te cogne avec une inique brutalité.

Ce n’est pas la canicule.

C’est juste la géhenne.
La punition du péché originel.
L’impossible rédemption.
Le martyre accompli.

L’absolue dictature d’un incompréhensible pouvoir suprême…

Je vous disais bien que tout est relatif…

Que cette journée signe la patience et la volonté nécessaires à la traversée de ce tunnel embrasé. Après tout, septembre arrive à grands pas..

Je vous embrasse

Michèle Chabelski

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Publié dans société
Un commentaire pour “Canicule. Quand tu nous tiens… Michèle Chabelski
  1. CLARION Robert dit :

    Je ne sais pas si sous le règne sans partage de la pensée unique et la dictature absolue des media bobos écolos et padamalganistes de la bienpensance généralisée il est de bon ton et politiquement correct d’avoir une pensée personnelle et à fortiori oser l’exprimer. Il n’en demeure pas moins que j’ai beau tourner et retourner dans ma petite tête de vieux grincheux archaïque (double pléonasme) mes souvenirs de jeunesse, j’en arrive toujours à la même conclusion. Il y a 53 ans, alors que je préparais le BEPC dans la fraîcheur toute relative de la soirée H + 1, heure légale, la sensation de chaleur émanant du béton de la maison et du parapet du jardinet était bien supérieure à celle que je ressens depuis quelques jours à la même place lors de mes soirées H + 2, heure légale. Et c’est la même chose si je me projette un demi-siècle en arrière, lors de la préparation des épreuves du bac. Alors, oui, je sais, il fait chaud, puisque la télé le dit et que les écoles sont exceptionnellement fermées. Et encore, je ne parlerai pas de cette journée des années soixante où mes chaussures sont restées collées sur le bitume de cette petite route où devait passer une étape du Tour de France. Ni de mes balades à bicyclette sur des routes rendues dangereuses à cause du macadam fondant sous un soleil de plomb. Oui, je sais, il faisait chaud, la télé n’en parlait pas et les écoles fonctionnaient.

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