L’objet de cette HUMEUR est de relayer l’appel Ă la solidaritĂ© avec mon ami Mohamed Louizi lancĂ© sur les rĂ©seaux sociaux. Depuis qu’il a quittĂ© les frĂšres musulmans, un harcĂšlement continu de la part des tĂ©nĂ©breux lui rend la vie impossible : procĂšs Ă n’en pas finir, pressions en tous genres, tentative mĂȘme, comme cela se passe dans toutes les sectes, de le sĂ©parer d’avec sa femme, les maĂźtresses d’Ćuvre n’Ă©tant autres que les sainte-nitouche de sĆurs musulmanes. Il en a souffert au point de tomber malade et d’entamer une grĂšve de la faim. J’ai rĂ©agi Ă l’Ă©poque en lui adressant une lettre publiĂ©e sur le site du CLR. Je la reproduis ici :

TrĂšs cher Mohamed,
Je tâai laissĂ© un message sur ton rĂ©pondeur pour Ă©tudier la possibilitĂ© dâorganiser une confĂ©rence Ă propos de ton livre « Pourquoi jâai quittĂ© les frĂšres musulmans », avec notre association.
Ton tĂ©moignage me semble ĂȘtre trĂšs pertinent, dans la mesure oĂč il se base sur une expĂ©rience pratique du militantisme au sein de la mouvance des « FrĂšres musulmans » et donc une connaissance rĂ©elle autant de sa rhĂ©torique que de son logiciel et sa stratĂ©gie sur tous les plans.
Lâobjectif est de faire partager cette expĂ©rience avec nos parents dâenfants radicalisĂ©s et nos adhĂ©rents, en rĂ©pondant Ă toutes les questions quâils peuvent se poser Ă ce sujet.
Comme tu le sais, ce nâest pas dans les mĂ©dias, tous types confondus, que lâon peut accĂ©der Ă une information fiable Ă ce sujet.
Le problĂšme est que, contrairement Ă la cĂ©lĂ©ritĂ© habituelle avec laquelle tu rĂ©agissais Ă ma correspondance, cette fois, je nâai eu aucune rĂ©ponse.
Je me suis donc inquiĂ©tĂ©, cher ami, dâautant que je te savais malade, depuis la mi-dĂ©cembre, date Ă la quelle tu tâes dĂ©commandĂ© pour le sĂ©minaire que notre association a organisĂ©, avec la participation de notre amie Djemila Benhabib, Serge Blisko – le PrĂ©sident de la Miviludes – et des familles de radicalisĂ©s Ă travers le territoire national, dont certains sont morts sur le théùtre des opĂ©rations.
Mais rassure-toi, tu Ă©tais bel et bien prĂ©sent, et jâai parlĂ© de toi comme celui qui est devenu incontournable sur la question de lâislamisme.
Ta maladie a sans conteste été causée par les tracas judiciaires de plusieurs procÚs qui ont suivi la publication de tes deux livres.
Entre nous, je savais que les semi-incultes de « frĂ©rosalafistes » les contrebandiers de lâislam, les fossoyeurs de lâĂ©thique et de la morale musulmanes, et les institutionnels irresponsables dont tu pointes la compromission et la lĂąchetĂ©, nâallaient pas te lĂącher.
Et pour cause ? Tu as appuyĂ© lĂ oĂč cela fait mal, en disant la vĂ©ritĂ©, en mettant en avant les fantasmes nourris par les musulmans et les non musulmans sur lâislam, en remettant chacun Ă sa vĂ©ritable place et en dĂ©nudant les imposteurs doctrinaires. Tu persistes et signes.
Mais au-delĂ , ton tort câest de dĂ©ranger beaucoup de monde Ă la fois, câest de casser des tabous : Qui sâest posĂ© des questions sur les liens de Mediapart avec les monarchies crapuleuses ? Qui a dĂ©noncĂ© le mercantilisme des frĂ©rosalafistes ? Qui a mis en cause les responsables du lycĂ©es AverroĂ«s Ă Lille et du collĂšge Ibn Khaldoun Ă Marseille? Qui a rĂ©vĂ©lĂ© le rĂŽle de la sĂ©natrice de Marseille et celui de lâancien ministre de lâEducation nationale dans lâattribution de lâagrĂ©ment au dit collĂšge ? Qui a dĂ©crit lâesprit sectaire de lâislamisme ?âŠ
Pour mon malheur, jâavais raison de mâinquiĂ©ter, car les choses sont pires que tout ce que je pouvais imaginer.
Jâai dĂ©couvert la nouvelle de ta grĂšve de la faim, car câest bien de cela quâil sâagit, un matin sur le site du ComitĂ© LaĂŻcitĂ© et RĂ©publique (CLR), et comme tu tâen doutes, cela mâa Ă©branlĂ©, mâa mis dans une rage indescriptible.
Tu connais mon franc parler, et donc je ne vais pas faire de contorsions pour te dire le fond de ma pensée.
Ecoute ! Tu es en train de dĂ©lirer ; tu te fais du mal et tu fais du mal Ă ceux qui tâaiment, ta femme, tes enfants, tes parents, tes amis et ils sont nombreux. Ceux-lĂ tâaiment pour ce que tu es, pour tes convictions, ton intĂ©gritĂ©, ta loyautĂ©, ton intelligence, ta gentillesse et ta bravoure, mais dâun amour, le vrai, celui qui nâest ni tarifĂ©, ni intĂ©ressĂ©, ni conditionnel, comme câĂ©tait le cas dans la secte islamiste que tu dĂ©cris avec brio dans tes livres.
Mais bon sang ! En rĂ©agissant comme tu le fais, tu rends le meilleur des service Ă tes pires ennemis, qui doivent se frotter les mains Ă lâheure quâil est.Dans la vie, les choix se paient cash ; de toi Ă moi, te concernant, je lâavais prĂ©vu.
Je lâexprimais en ces mots dans mon livre qui vient de paraĂźtre « Eloge de la dĂ©radicalisation, une approche politique » : « Le mal, Mohamed Louizi, qui a vĂ©cu lâislamisme de lâintĂ©rieur en parle sans fioritures, avec beaucoup de courage (on sait de quoi sont capables les fous de Dieu) et de sincĂ©ritĂ© dans son livre ».
Malheureux ! Tu es en train de commettre un crime sur ta propre personne ; tes ennemis nâont mĂȘme pas besoin de se dĂ©carcasser pour trouver le bon moyen de tâĂ©liminer. A qui profite le crime?
SĂ»rement pas Ă Marianne que tu connais bien et que tu dĂ©cris magistralement : « En effet, la question passionnĂ©e sur lâIslam clive toujours. Marianne croit offrir une place honorable Ă lâIslam, elle cĂšde du terrain Ă lâislamisme. Elle quitte les quartiers, lâislamisme sây installe. Elle finance des Ă©coles, lâislamisme y endoctrine sa relĂšve. Lâislamisme avance. Marianne recule. Il sait se plaindre en victime coutumiĂšre. Elle lui octroie davantage de pouvoir. Lorsque Marianne dit la constitution, rappelle le cadre laĂŻc de la loi rĂ©publicaine, lâislamisme crie Ă lâislamophobie. Entre islam et islamisme , pauvre Marianne perd vraiment son⊠français ! ».
Tout est dit, le diagnostic est sans appel, judicieux et surtout Ă lâopposĂ© de la nouvelle doxa des biens pensants de tous bords qui fait ressortir, Ă vrai dire, davantage une instrumentalisation de lâislamisme quâune sympathie humaniste pour une religion, comme cela a existĂ© par le passĂ©.
Cher ami, tu es jeune et tu as les compĂ©tences pour faire de grandes choses. Ne te laisse pas abattre, ressaisis-toi ! Tu as juste besoin de repos, de recul, de distanciation pour mieux revenir. Et reprendre le combat avec tous ceux qui refusent le dĂ©voiement, la dĂ©figuration, voire la mutilation de lâislam. Ceux aussi qui dĂ©noncent la stratĂ©gie pernicieuse de remise en cause des valeurs de la rĂ©publique, la laĂŻcitĂ© notamment, nonobstant lâargument fallacieux et usĂ© de lâislamophobie. La France ne va pas changer de civilisation, ai-je dit par ailleurs.
Cher ami, Marianne a besoin de toi, tu ne peux pas te dĂ©rober, pas maintenant car lâenjeu est crucial. Dâautant que le contexte est favorable Ă la neutralisation de lâislamisme (voir ma tribune) « Un contexte favorable Ă la neutralisation des islamistes ».
En effet, si tu as remarquĂ©, lâUOIF sâest baptisĂ©e « Musulmans de France » pour mieux leurrer, tromper et abuser son monde.
En vérité, pour parler comme La Fontaine, le plumage a changé mais pas le ramage.
Lâadage dit : les combats quâon perd sont ceux quâon ne livre pas. Aussi tu nâas pas dâautre choix que de poursuivre le combat de lâislam agressif, vocifĂ©rant nâayant que lâimprĂ©cation et lâanathĂšme dans la bouche de ses prĂ©dicateurs.
Pour ma part, je ne vais pas tâabandonner Ă ton sort ; je vais appeler Ă un grand Ă©lan de soutien en ta faveur.
Non Mohamed tâes pas tout seul, pour paraphraser Brel sâadressant Ă son ami Jeff.
Tiens bon ! En te rappelant « Sidi », ton pÚre que tu décris de façon si touchante, et ses enseignements.
Salutations laĂŻques.
Khaled Slougui


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