Le Professeur Joel Kotek est évincé de la délégation belge auprès de l’IHRA après plus de 15 ans de lutte contre l’antisémitisme et pour la mémoire de la Shoah. Non? Ne me dites pas que cette décision viendrait sanctionner le courage de Joël Koteki à dénoncer l’antisémitisme contemporain en Belgique???
Joël Kotek… c’est précisément le genre de nom dont le « virage » ou l’éviction produit un choc symbolique disproportionné.
Parce que Kotek n’est ni un agitateur identitaire simpliste, ni un polémiste de réseaux sociaux. C’est un historien, un universitaire, un homme qui a passé sa vie à travailler sur les totalitarismes, les génocides, l’antisémitisme, les mécanismes de propagande.
Et c’est cela qui devient troublant aujourd’hui : même les voix juives les plus intellectuelles, les plus argumentées, les plus historiquement armées deviennent « problématiques » dès lors qu’elles refusent certains dogmes contemporains.
Le problème dépasse Joël Kotek lui-même.
Car lorsqu’une société commence à considérer comme infréquentables des historiens de l’antisémitisme, des chercheurs sur la Shoah, des artistes juifs, des intellectuels universalistes,
simplement parce qu’ils persistent à nommer certaines réalités ou à défendre l’existence d’Israël sans rituel préalable d’autoflagellation, alors il faut regarder le phénomène avec lucidité.
Et ce qui est particulièrement frappant chez Kotek, c’est qu’il appartient justement à cette génération de penseurs qui ont longtemps cru au dialogue absolu, à l’universalisme, à la pédagogie rationnelle.
Le voir aujourd’hui frappé à son tour dit quelque chose de l’époque.
Il n’existe plus vraiment de « bon Juif » acceptable durablement dans certains espaces. Même nuancé, même critique envers Israël, même profondément humaniste.
La ligne bouge sans cesse, chers amis, et finit par engloutir tout le monde.
Sarah Cattan

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