L’appel de Philippe de Villiers et Boualem Sansal pour la France

Cette couverture du JDD avec Philippe de Villiers et Boualem Sansal a provoqué moult réactions chez tous les islamogauchistes.Lui avait précédé un article infâme dans Le Monde sur Boualem Sansal, pour avoir osé quitter Gallimard. C’est que depuis son changement d’éditeur, l’écrivain et académicien est devenu la cible dans la Presse d’une odieuse campagne de dénigrement: ceux qui hier se taisaient, alors qu’il était l’otage du pouvoir algérien, s’autorisent aujourd’hui à le juger. 

« Une atmosphère de fin de civilisation » : entre détresse et espérance, voci, à lire, l’appel de Boualem Sansal et Philippe de Villiers à un sursaut français. Islamisme, immigration, Algérie, élites françaises, école, avenir de la France… Dans un entretien sans tabous les deux hommes partagent leurs inquiétudes et leurs espoirs face à leur pays qu’ils décrivent comme étant « au bord de l’abîme ».

« La ‘Nouvelle France’ est une escroquerie sémantique, car il y a le mot France, alors que ses partisans la détestent ! Je vous le prédis : elle sera ‘grand-remplacée’ par la France de toujours’, écrit De Villiers.  « Il n’y a plus personne pour aimer la maison. Les héritiers n’aiment plus leur passé. Les arrivants n’aiment pas leur présent. Mon cher ami Boualem connaît sans doute la phrase de Barrès : ‘On nous propose d’être moins français pour nous faire plus humain et, pour mieux nous élever à la bienveillance universelle, on veut que nous manquions à notre patrie. Pour ma part, je crois qu’un Français ne peut mieux déployer ses vertus que dans le respect des conditions qui formèrent la France. Je vois le gouffre s’ouvrir. Ce qui caractérise aujourd’hui la terre de France, c’est un mal-être qui traverse toute la société, celle des héritiers, celle des arrivants. Il y a deux peuples côte à côte, livrés tous deux à la souffrance intime : un peuple neuf qui sait d’où il vient mais qui ne sait rien de l’endroit où il arrive, tenté de prendre en haine les nouveaux pénates, le chez-soi chez les autres. Et un peuple exténué qui, cédant à la répudiation de l’héritage, se met à détester sa propre maison. La France souffre d’oïkophobi », ajoute Philippe de Villiers. Un terme que l’on pourrait aussi traduire par « haine de sa maison. Les héritiers n’aiment plus leur passé. Les arrivants n’aiment pas leur présent », ajoute le fondateur du Puy du Fou.

L’académicien franco-algérien, revenu en France après un an de captivité dans les geôles algériennes, préfère pour sa part parler de « doute de soi que de haine de soi », un « poison infiniment plus dangereux. Quand on hait, on s’aime, on se donne raison contre l’autre ; mais quand on doute de soi, on ne s’aime pas, on s’accuse de tous les maux, de tous les échecs ». « Les Français ne haïssent pas la France », nuance-t-il, « bien au contraire. Ils détestent ce qui, en eux, à l’intérieur d’eux, a permis que leur belle et merveilleuse France – la douce France de leur enfance – ait été violée, souillée, méprisée, insultée. Ils s’en veulent, oui, ils s’en veulent chaque jour un peu plus ».

Après son retour d’Algérie, l’écrivain affirme avoir été triste de retrouver sa patrie d’adoption « plus affaiblie que jamais, plus désorientée que jamais », où « règne une atmosphère de fin de règne, de fin de civilisation ».

Même crainte des deux hommes: celle de l’islamisme qui gagne du terrain en France. « Sourdement, les âmes veules cherchent un nouveau maître », expose Philippe de Villiers= « Au XXe siècle, ce fut Berlin, Moscou puis Washington. Dorénavant, le nouvel absolu, le nouvel exotisme, c’est l’islam. Faillite spirituelle. L’hédonisme consumériste achève ainsi sa trajectoire en venant, par une sorte de ruse hypnotique, se fondre dans son exact contraire. Big Brother a fait place à la nounou Big Mother qui s’offre aujourd’hui à Big Other, un peu rude mais décapant. Faillite spirituelle ».

En Algérie, Boualem Sansal a été le témoin de la montée en puissance de l’islamisme: « Il avance par étapes, par petits sauts furtifs, et parfois avec démonstration de force », assure l’écrivain. « Il crée des mini-ruptures – par exemple le voile – puis il œuvre à les élargir ».

Selon lui, cette idéologie religieuse et totalitaire attaque « la langue », « les normes », puis « l’école, l’université, la justice » et « bientôt l’Assemblée et l’Armée. Ceux qui refusent ce viol doivent se lever et nommer avec nous cette réalité sans trembler ».

Philippe de Villiers et Boualem Sansal appellent à la « refrancisation. Il faut tout refranciser et refranciser partout : refranciser l’école, refranciser les médias, refranciser l’espace public, refranciser les âmes pour qu’on puisse retrouver l’imaginaire français », énumère le premier. « Les clefs sont connues : refondation exigeante de l’école, renforcement de l’autorité de l’État, clarté sur la laïcité, maîtrise des flux migratoires, la question vitale de la connexion entre islam et islamisme, les rapports entre la France et ses ex-colonies, etc. », abonde Boualem Sansal.

Les deux hommes livrent aussi leurs raisons d’espérer: « La mémoire commune, l’art de vivre à la française et la langue de Molière » sont, pour l’ancien homme politique, « trois petites lucioles tenues dans les catacombes par des mains vacillantes mais qui tremblent de piété immémoriale ». Pour Sansal, l’histoire mouvementée de la France plaide en sa faveur. Elle « a traversé tant d’épreuves plus graves », souligne-t-il. « Elle s’est toujours relevée lorsqu’elle a décidé de se reprendre. Une nation disparaît lorsqu’elle renonce à se transmettre ».
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1 Comment

  1. J’ai vraiment été scandalisé par la double page du Monde sur Boualem Sansal, pourtant écrit par deux journalistes jusqu’ici « bien sous tous rapports ». Tout était supposé, il y avait du complotisme dans l’air. Un « très bon connaisseur du milieu », laissait entendre, mais ne donnait pas son nom, comme dans les dictatures ou dans un pays en guerre !!!. Boualem Sansal est un écrivain et un homme courageux qui mérite toute notre affection. Sa « très grande faute », sa « plus grande faute », pour le régime algérien et ses supporters français, ce n’est pas d’avoir évoqué le Maroc, mais c’est d’avoir osé aller un jour au festival du Livre de Jérusalem, et d’y avoir reçu un prix littéraire… Ca, c’est impardonnable…

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