Il est très difficile d’être Juif. C’est un travail, une volonté constante de rester soi-même. Au cours de leur longue histoire, et principalement depuis qu’ils ont perdu la guerre contre Rome, les Juifs ont dû faire face à une hostilité croissante, surtout en période de crise.
En dépit du mépris professé par l’Église de Rome et de l’antisémitisme d’atmosphère, de nombreux Juifs sont parvenus à occuper des positions sociales importantes. Ceux-là doivent arbitrer en permanence entre la défense de leur position sociale et leur attachement au judaïsme, c’est-à-dire au peuple Juif. Conséquence, leur être social dépendant entièrement des gens de pouvoir, ils se sentent en permanence menacés par ces derniers, mais aussi par leurs propres coreligionnaires. Ce phénomène s’appelle aliénation.
Pour être semblables à l’autre, nombre de ces Juifs de Cour deviennent étrangers à eux-mêmes, basculant soit dans l’exaltation outrancière de leur être juif, soit dans la haine de soi. Lessing, qui inventa le concept de la haine de soi du juif, pose la question: « Comment se fait-il que tous les peuples s’aiment eux-mêmes et que le Juif soit le seul à s’aimer si mal ? «
Certes, des êtres d’exception sont restés Juifs et célèbres sans éprouver le besoin de cracher leur dégoût, leur souffrance, leur peur sur leurs coreligionnaires, par exemple Albert Einstein. Tout le monde n’est pas Bergson qui renonça au baptême chrétien pour ne pas donner de l’eau au moulin des antisémites. En revanche, Spinoza et Marx jettent respectivement les bases de l’antisémitisme des « Lumières » et celui professé par la « gauche » politique moderne.
Israël est parvenu à exister en se battant en permanence contre la haine que lui voue de manière pathologique une grande partie du monde arabo-musulman. On aurait aimé que les pétitionnaires mobilisent l’opinion mondiale contre l’Iran et ses sbires qui, depuis 1979, se veut le leader de la volonté de détruire le peuple juif. Je n’ai pas connaissance de lettre au chef du gouvernement espagnol, antisémite délirant qui regrette de ne pas disposer de la bombe atomique pour faire plier Israël. Pourtant les massacres du 7 octobre 2023 ont clairement montré la volonté génocidaire des Palestiniens de Gaza, pas franchement désavoués par ceux qui habitent Israël. Aucune pétition contre eux.
Israël se bat sur sept fronts dit-on.
Les Juifs de Cour viennent d’en ouvrir un huitième, comme en atteste la lettre ouverte adressée au président d’Israël, Isaac Herzog, ce 26 mars 2026.
Pourquoi ces gens se livrent-ils au lynchage médiatique d’Israël qu’ils prétendent aimer et défendre ?
Depuis la création de l’Etat hébreu, les Juifs ont retrouvé le chemin de l’estime de soi. Mais certains Juifs de cour, des Juifs de pouvoir vivant en diaspora, semblent être restés prisonniers de cette haine ancienne de soi-même qu’ils projettent sur ceux qu’ils estiment être des « mauvais Juifs ». Sans doute ont-ils peur que la mauvaise image de ces derniers ne mette en péril leurs positions chèrement acquises.
Les résistants français ont vécu pendant une brève période la réalité existentielle des Juifs en diaspora. Aragon se vit comme « être étranger dans son propre pays » et dans ce beau poème, il dit : « Il n’y a pas d’amour heureux« . Ces textes et d’autres semblent avoir écrit pour les Juifs. Fernando Pessoa a également décrit cette « intranquillité » dans laquelle le Juif est condamné à vivre et par laquelle il renoue avec la transcendance. Pessoa choisit pour incarner la condition humaine non une vedette de télévision, mais un modeste employé de bureau, son double, Bernardo Soares.
Charles Maurras était choqué par la modestie et l’ humilité qu’il constatait chez les Rothschild. Il ne reconnaissait que la grandeur des titres et des distinctions. La vraie grandeur humaine lui échappait.
Nos actuels Juifs de cour pétitionnaires, enivrés par leur propre réussite, ignorent la modestie et l’humilité. Se prenant quasiment pour Dieu, ils se permettent de juger, de condamner, d’attaquer lâchement Israël en guerre.
Quel sens donner à ce coup de poignard dans le dos ?
Depuis la Shoah, les gens politiquement corrects, ne peuvent plus se dire ouvertement antisémites. Ils avancent masqués, mais soutenant ouvertement les forces qui agissent pour la destruction d’Israël, ils vivent sur le fil du rasoir et comptent sur les Juifs de Cour pour légitimer leur antisémitisme. C’est dans ce contexte que Delphine Horvilleur et d’autres Juifs « aliénés » volent à leur secours et notamment au secours du premier d’entre eux, Emmanuel Macron. Ils sont 1500 à écrire au Président d’Israël »Monsieur le Président, le terrorisme, la mort et la destruction infligés par des extrémistes juifs israéliens à des Palestiniens innocents à travers toute la Cisjordanie constituent une abomination ».
Palestiniens innocents… Juifs extrémistes… terroristes…
Le renversement des rôles est total. Message subliminal véhiculé par ce texte : « Hamas, Hezbollah… Continuez à tuer… Les Juifs sont pires que vous et l’Etat d’Israël qui ne protège pas les innocentes victimes palestiniennes est un monstre. Nous Juifs, conscience morale d’un peuple à la dérive, nous vous innocentons et le président Macron a raison de condamner systématiquement Israël, un Etat voyou qui viole le droit international. »
Chacun de ces mots est une incitation à la haine, un coup terrible porté aux Juifs du monde entier, une invitation à les frapper.
Madame Horvilleur, avez-vous des voisins Palestiniens ?
Allez au bout de vos convictions. Installez-vous avec ces « innocentes victimes » qui ont applaudi et dansé au son des massacres du 7 octobre 2023.
Les Juifs israéliens qui les ont pour voisins vivent un enfer. Vous en doutez ? Inutile d’aller si loin, Élisez domicile dans un des fiefs récemment conquis par L.F.I.
Les élus sortants, leurs « amis » P.S. d’hier, ont fait l’expérience de leur « gentillesse », de leur « innocence », sous les huées et les crachats.
Je vous pose la question: Sans la protection policière, que serait-il arrivés à ces élus sortants ? S’ils avaient été des Juifs portant kippa, quelle aurait été leur chance de survie ?
La différence entre Juifs et tenants de l’islam politique tient en une phrase:
Une femme voilée peut se balader dans les rues ou sur les plages de Tel Aviv librement et sans crainte… Aucun Juif, fût-il honteux ou pro-palestinien, ne peut s’aventurer dans un quartier arabo-musulman, où qu’il se trouve, sans risquer sa vie.
Cette haine-là ne semble pas être au nombre des « abominations » dénoncées par les célèbres pétitionnaires juifs.
Effet miroir:
Au final, les Juifs de Cour fonctionnant dans une France malade qui a perdu tous ses repères reproduisent le comportement de dirigeants qui eux aussi sont animés par le mépris de leur propre peuple.

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