Voici mes réponses à des questions qu’on m’a posé sur le livre : la Torah, une lecture laïque que je viens de faire paraître chez Odile Jacob en février 2026
Qu’est-ce qui vous a amené à chercher une lecture laïque et non une lecture rationaliste de la Torah
Une lecture rationaliste ramène tout à la raison et jette le reste à la poubelle des superstitions. Or déjà si on fait cela pour un fragment de vie, on rate l’essentiel de la vie, c’est-à-dire : les points d’émotion, d’inspiration, de désir, toutes choses qui ne se laissent pas vraiment raisonner. Alors pourquoi le faire pour la Torah ? D’autant qu’elle cherche à être aussi proche que possible de la vie ; au point qu’il m’arrive de suggérer que Dieu c’est la vie une fois qu’on y ajoute tous les liens symboliques qu’elle comporte, depuis les liens affectifs jusqu’aux liens qu’expriment les lois de la physique pour décrire sa réalité. Ma lecture laïque s’est imposée d’elle-même comme une lecture rationnelle qui fait tout leur place aux points d’irrationnel qui sont cruciaux dans la vie.
Quels sont les points irrationnels de cette lecture ?
Les moments de révélation par exemple, où l’être, la havaya, qui est insistons-y anagramme de YHVH, se fait parlant pour certains, où ça leur parle à chacun de manière singulière mais avec une continuité qui contient toute l’énigme de la transmission ; qui fait que la manière dont ça parle à Moïse, nous parle un peu à nous aussi. C’est la transmission qui explique l’idée de l’alliance comme tension symbolique qui tient le peuple et le soutien à travers des générations.
Il y a aussi les haines entre frères, qui ne sont pas très rationnelles mais qui font partie de la vie à travers la jalousie. Il y a l’idée de faire des sacrifices animaux pour traverser sa culpabilité.
Quelle lecture laïque, pouvez-vous donner de la scène de l’ouverture de la mer Rouge ?
Que la mer des Joncs, qui est basse, puisse s’ouvrir sous un vent fort, et que les Hébreux s’y engagent pour passer, cela fait partie du possible ; que les Égyptiens les poursuivent et se noient car le vent a tourné c’est encore possible ; mais que ce soit déclenché par Moïse , ça c’est de l’ordre non pas de l’impossible mais du « miracle » qui consiste à être là au bon endroit et au bon moment ; pourquoi exclure que Moïse ait senti ces possibles, tout comme il a senti venir l’éclipse du soleil dans la plaie des ténèbres ? Ou l’arrivée des sauterelles. Peut-être que l’origine du peuple juif tient dans l’accumulation de ces « présences au bon moment dans le bon lieu » ? Peut-être est-ce cela une inspiration collective ? Le problème est de se la transmettre.
Quel rapport laïc le peuple juif entretient-t-il avec sa terre ?
Le peuple juif a vécu sur cette terre pendant des siècles avant d’en être partiellement chassé. Et même durant l’exil, s’il répète chaque jour que cette terre est à lui, elle devient tellement possédée qu’aucun autre peuple ne peut (et n’a pu) y faire un État. C’est un effet du symbolique dans le réel, ce n’est pas de la religion. Mon livre est anté-religieux : il traite les questions en amont du traitement qu’en fait la religion. Comme pour se réapproprier ce que la religion s’est complètement accaparé. N’oublions pas que, pendant des siècles et des millénaires, seul, les religions pouvaient s’exprimer sur certains phénomènes symboliques ; ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, tout l’intérêt d’une lecture laïque.
Qu’est-ce que votre livre La Torah, une lecture laïque apporte sur la question du Proche-Orient ?
Dans la Torah, Dieu promet cette terre à son peuple. Dans une lecture laïque c’est-à-dire qui s’adresse à des gens qui ne sont pas dans la religion, il faut questionner le mot Dieu. En hébreu il s’écrit par le tétragramme, et dans ma lecture laïque je permute les quatre lettres du Tétragramme YHVH, et cela donne HaVaYaH, c’est-à-dire l’être ; mais que signifie l’être promet cette terre aux Hébreux ? L’être c’est ce qui transmet de l’être ; quelqu’un qui manque d’être, c’est quelqu’un qui manque de présence. Alors, dire que l’être promet cette terre au peuple juif c’est dire que cette terre leur EST promise de manière essentielle ; l’essentiel d’une promesse, c’est le fait que, tant qu’elle n’est pas réalisée, elle se transmet ; ainsi, le peuple juif, constitué par cette transmission, témoigne du fait qu’elle n’est pas encore complètement réalisée, mais que c’est une promesse vivante, aussi vivante que le peuple lui-même qui est porté par elle. La Torah parle tellement de la terre promise qu’on se demande comment ce serait possible pour un autre peuple d’y fonder un État et ainsi d’annuler cette promesse, ce qui reviendrait à annuler sa transmission, et donc à supprimer le peuple juif… Donc ma lecture laïque signifie : l’être donne cette terre aux hébreux au sens où cette terre leur est donnée intrinsèquement, de par la transmission qui les fonde en tant que peuple
Quelles sont les différences entre une lecture laïque et une lecture religieuse de la Torah.
La lecture religieuse a déjà fixé Dieu, elle en a même fait un être suprême et personnel, tandis que ma lecture, qu’il faudrait appeler lecture symbolique, considère le divin comme une fonction d’être, qui transmet de l’être à tout ce-qui-est. Cela fait du divin un champ de forces qui s’exprime dans les moments d’inspiration ou de singularité, pour ceux qui ont la chance d’en avoir. La religion fait système, et ma lecture ouvre le système et décrypte les nœuds qu’il comporte. Par exemple, l’idée que Dieu s’intéresse à nos problèmes, à nos pensées, à nos revenus, semble très naïve. Mais elle est récupérable par l’idée que le champ symbolique concerne tout un chacun dans les moindres détails de sa vie, selon sa manière de s’expliquer avec, sa manière de se tenir devant l’infini des possibles.
La Torah, lue à ma façon, se révèle parlante pour tout le monde, individus et collectifs, en dehors de toute religion.
© Daniel Sibony
*Dernier ouvrage paru : « La Torah, une lecture laïque ». Éditions Odile Jacob. février 2026

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Auteur de Les non-dits d’un conflit, le Proche-Orient, après le 7 octobre

Parus en 2024:
Cinéma ou réalité ? Entre perception et mémoire
L’entre-deux sexuel

« D’Athènes nous vient la vérité rationnelle, de Jérusalem, la révélation. La révélation ne peut trouver place dans le cadre des vérités rationnelles : elle les brise. » – Léon Chestov
Dieu a bien parlé à Moïse et les anges existe.
L’intérêt même du récit tient à son irréductibilité au rationnel, non pas comme fuite dans l’absurde mais comme point de rupture où le réel cesse d’être entièrement calculable, et cette dimension n’annule en rien l’idée centrale qu’un homme peut changer radicalement le cours des choses, au contraire elle la rend possible, parce que cet homme, Moïse, n’agit pas comme un technicien du monde ni comme un stratège du probable, il n’est ni un devin ni un magicien à la manière d’un Merlin, il est celui par qui passe quelque chose qui le dépasse, et si on retire ce que Daniel Sibony appelle le miracle, on ne retire pas un élément décoratif du récit, on retire la structure même qui permet de penser la présence de Dieu, parce que dans la Torah, Dieu ne se juxtapose pas à l’action humaine, il la traverse, il s’y inscrit, il la rend opérante au-delà du simple enchaînement des causes, et sans cela il ne reste qu’un homme seul face à des circonstances qu’il exploite au mieux, ce qui annule précisément l’idée que l’histoire peut être ouverte par une intervention qui excède le cadre du possible ordinaire, autrement dit l’irrationnel, qui n’a nullement le besoin de se justifier, ici n’est pas un défaut à corriger mais la condition pour que le texte parle d’autre chose qu’une adaptation réussie au réel, il est ce qui rend pensable à la fois la responsabilité humaine et la transcendance, et dès qu’on le réduis à une série de coïncidences bien lues, on ferme le texte, on referme le réel sur lui-même, on fait disparaître à la fois Dieu et la possibilité qu’un homme, à un moment donné, fasse plus que suivre le cours des choses, c’est-à-dire qu’il les ouvre.
Ce que propose Daniel Sibony selon moi, n’est pas simplement une lecture laïque, c’est une réduction du texte à une suite de possibles naturels combinés à une intuition humaine, Moïse devient un lecteur du réel, quelqu’un qui capte des signaux, anticipe un vent, une éclipse, un mouvement de masse, presque un stratège du contexte, et c’est précisément là que ça casse, parce que dans la Torah, Moïse n’est pas celui qui sent, il est celui par qui ça passe, celui qui agit ou par qui une action traverse le réel, et si on enlève ça on ne proposes pas une variante, on change la nature du récit, car on ne parle plus d’un événement mais d’un enchaînement de causes, on ne parle plus d’une rupture mais d’une continuité exploitée, alors que dans le texte il ne s’agit pas d’un phénomène naturel bien utilisé mais d’une rupture de l’ordre des choses, et cette rupture passe par un homme qui n’est pas interchangeable, pas une fonction, pas un symbole diffus, mais un point de discontinuité dans le réel, et si on retire ce point il ne reste plus grand-chose, ce n’est plus une sortie d’Égypte au sens fort, ce n’est plus une naissance, ce n’est plus un événement fondateur, c’est une fuite qui réussit suivie d’un accident qui élimine les poursuivants, et surtout on perd l’idée centrale qu’un être humain peut, dans certaines conditions, faire basculer le réel, la lecture laïque transforme un événement en chaîne causale, une parole en intuition, une action en opportunité saisie, c’est cohérent mais ce n’est plus le même objet, je n’exclu pas l’analyse rationnelle, je dis qu’on peut extraire une anthropologie, une psychologie, une politique, tout ce qui relève de l’observation rigoureuse des comportements humains, mais pas au prix de vider le texte de son noyau opératif, et ce noyau tient dans l’idée qu’une parole fait advenir, qu’elle engage une responsabilité humaine, et que cette responsabilité peut transformer le cours des choses, c’est exactement ce qui se joue dans la traversée de la mer Rouge, ce que fait Sibony c’est déplacer le miracle sans l’assumer, le replier dans une coïncidence maîtrisée, être là au bon moment, mais dans le texte le moment n’est pas reconnu il est provoqué, et à partir de là ma critique est simple, une lecture laïque de la Torah n’est pas une lecture de la Torah mais une réécriture anthropologique à partir d’elle, et la vraie question n’est pas de savoir si c’est vrai ou faux mais de savoir de quoi on parle encore, parce que dès que Moïse n’agit plus, le texte ne parle plus de la même chose.
*Chez Léon Chestov, Athènes désigne un monde où tout doit répondre à la nécessité, à la cohérence, à la démonstration, un monde fermé par l’exigence de raison, tandis que Jérusalem introduit une parole qui n’entre pas dans ce cadre, qui ne se justifie pas par le raisonnement, qui ne se laisse pas enfermer dans la logique et qui ne cherche pas à s’y adapter, et lorsque la révélation “brise” les vérités rationnelles, il ne s’agit pas de les compléter ni de les dépasser paisiblement mais de les mettre en crise en ouvrant un point où le réel échappe à toute totalisation rationnelle, ce qui rejoint directement la figure de Moïse puisque dès que l’événement devient explicable, prévisible, réductible à une suite de causes, la révélation disparaît au profit d’une simple compréhension, alors que dans la Torah, la révélation n’est pas une information supplémentaire ajoutée au réel mais ce qui fait éclater l’idée même que le monde est entièrement saisissable par la raison, de sorte que traduire le miracle en phénomène naturel bien compris revient à rester dans Athènes tandis que maintenir la rupture inscrit dans Jérusalem, une rupture qui n’est pas un chaos gratuit mais qui engage un homme, une parole, une responsabilité, et qui fait de l’irrationnel non pas un désordre mais une ouverture, ce qui éclaire la critique de la lecture dite laïque en ce qu’elle ne supprime pas seulement le miracle mais réintègre de force Jérusalem dans Athènes, neutralise le choc, rend le texte acceptable au prix de ce qu’il énonce, car pour Chestov, si la révélation ne dérange pas la raison, elle cesse d’être révélation.
Croire que Moïse a réellement fait ce qu’il a fait engendre dans le cerveau une force, et cette force, liée à Dieu, est nécessaire à la survie, celui qui croit est plus fort, une puissance indispensable passe en lui, une puissance qui conditionne sa capacité même à tenir et à survivre.
Donc si l’on réduit le récit à une suite d’événements naturels, à une présence “au bon moment”, on retire ce qui fait la force même du texte et de ceux qui s’y rattachent, car ce qui fonde la singularité du peuple juif dans la Torah n’est pas une réussite circonstancielle mais une puissance qui passe par la révélation et par l’acte de Moïse avec l’aide de Dieu, une puissance qui ne se réduit ni à l’intelligence des situations ni à l’adaptation au réel mais qui traverse l’homme et lui donne la capacité de rompre le cours des choses, et dès que ce noyau est remplacé par une lecture naturaliste, cette force disparaît, avec elle la spécificité même de ce que le texte met en jeu, car ce n’est plus une histoire portée par une présence divine et une responsabilité humaine qui ouvre le réel, mais une simple coïncidence bien exploitée, sans portée fondatrice ni puissance de transformation.
Si Michel-Ange arrive à peindre la Chapelle Sixtine, ce n’est pas seulement une affaire de génie ou de maîtrise technique, c’est qu’il y a en lui une force qui dépasse la simple capacité humaine, une intensité liée au fait de croire, une tension intérieure orientée vers quelque chose de plus grand que lui, et cette croyance n’est pas décorative, elle est opérative, elle traverse l’acte même de création, elle soutient l’endurance, elle donne la puissance de tenir, d’aller au bout, de produire une œuvre qui excède les limites ordinaires, de la même manière que, dans un autre registre, la force qui passe par Moïse n’est pas un supplément symbolique mais ce qui rend possible l’acte lui-même.
« l’idée que Dieu s’intéresse à nos problèmes, à nos pensées, à nos revenus, semble très naïve. Mais elle est récupérable par l’idée que le champ symbolique concerne tout un chacun dans les moindres détails de sa vie, selon sa manière de s’expliquer avec, sa manière de se tenir devant l’infini des possibles. »
Ce passage est selon moi du charabia philosophique… Transformer Dieu en “champ symbolique” qui concerne chacun selon sa façon de se tenir ne saisit pas ce qui fait la force et la portée de la Torah. Ce qui permet réellement de se tenir devant l’infini des possibles, c’est la présence extérieure, incarnée, opérative, qui traverse le corps et l’esprit, qui impose une loi, qui dicte un chemin. Cette extériorité — Dieu — n’est pas un concept abstrait, c’est la puissance qui structure l’action humaine dans le chaos intrinsèque du monde. Sans elle, il ne reste qu’une infinité de possibles inerte, un chaos qu’aucun homme ne peut maîtriser ni orienter. La force qui traverse le peuple juif, qui rend la survie possible et qui fonde la spécificité de son histoire, ne vient pas d’une symbolique interne, mais d’une présence qui existe “dehors”, hors de l’individu, mais qui agit à travers lui.
« ma lecture, qu’il faudrait appeler lecture symbolique, considère le divin comme une fonction d’être, qui transmet de l’être à tout ce-qui-est. »
Si le divin est réduit à une fonction abstraite, à une “transmission d’être” généralisée et impalpable, alors la Torah perd toute spécificité, toute tension, toute puissance opérative. Ce qui fait l’intérêt de la Torah, ce n’est pas un concept philosophique ou symbolique, c’est le fait qu’un Dieu vivant traverse des êtres humains concrets, qu’il engage des hommes dans des actes radicalement irréductibles à la simple causalité, qu’il rend possible la force et la survie du peuple par des événements fondateurs et des paroles effectives. Transformer le divin en abstraction supprime cette force, vide le texte de ce qui le rend unique, efface la puissance qui passe par Moïse et par la révélation, et avec elle disparaît tout ce qui rend la Torah pertinente comme expérience vécue et comme matrice d’action et de survie pour un peuple.
Pour terminer, on ne peut pas faire une lecture laïque de ce qui, par définition, n’est pas laïque. La Torah ne parle pas de concepts abstraits ou de systèmes fermés, elle met en jeu une présence, une force, une loi extérieure qui traverse l’homme et le peuple. La lecture laïque n’est pas une interprétation car c’est une projection idéologique, un glissement vers l’abstraction qui neutralise tout ce qui rend le texte vivant, opératif et fondateur. C’est aberrant, parce que cela supprime le cœur même de ce qui fait sa puissance, sa tension et sa singularité, c’est a dire la rencontre irréductible entre Dieu, l’homme et l’histoire.
Aussi, et c’est a mon sens important de le rappeler, hors du cadre, on peut toujours dire “c’est irrationnel”, parce qu’on compare à notre expérience ordinaire ou à nos critères modernes. Mais quand on étudie la Torah, on ne l’étudie pas hors de son propre cadre. Dans ce cadre, rien n’est irrationnel car tout a sa logique interne, tout relève d’une parole, d’une puissance, d’une intervention, d’une relation entre Dieu, l’homme et le peuple. Traiter le texte comme irrationnel, c’est en sortir et le réduire à une projection abstraite, moderne, qui ne saisit ni sa force, ni sa cohérence, ni ce qu’il met réellement en jeu.
Dans le cadre de la Torah, ce qui pourrait sembler irrationnel ou relever de la “superstition” n’est jamais simplement irrationnel. Chaque parole, chaque acte, chaque événement a sa place dans l’ordre du texte, dans la logique interne de la révélation. Il n’y a pas de hasard ni de désordre car ce qui paraît étrange ou miraculeux n’est pas une irrationnalité arbitraire, c’est une manifestation de la puissance qui traverse l’homme et le monde.
Un non-religieux n’a aucunement besoin d’une lecture laïque pour comprendre ce qu’est la Torah, et il est même impossible de la comprendre hors de son propre cadre non-laïque ; celui qui veut en saisir la portée devra entrer dans ce cadre, avec ses catégories, sa logique interne et la transmission des maîtres de Torah, sans projeter dessus des concepts extérieurs qui en déforment le sens.
C’est que même une approche anthropologique, sociologique ou psychologique ne peut se faire qu’à l’intérieur du cadre de la Torah, et dans ce cadre, Dieu n’est pas une projection de l’homme ni une fonction interne, mais une extériorité réelle qui s’impose, qui parle, et à laquelle l’homme répond.
C’est que même une approche anthropologique, sociologique ou psychologique ne peut se faire qu’à l’intérieur du cadre de la Torah, et dans ce cadre, Dieu n’est pas une projection de l’homme ni une fonction interne, mais une extériorité réelle qui s’impose, qui parle, et à laquelle l’homme répond.
Sinon l’approche n’est pas valable, parce que dans la Torah l’homme agit traversé par Dieu, et cette extériorité structure tout ; dès lors, au niveau anthropologique et psychologique, on ne peut pas analyser de la même manière que si Dieu était réduit à une fonction interne de l’être, car toute la dynamique de l’action, de la parole et de la responsabilité change dès que cette extériorité disparaît.