Googoosh, Golshifteh Farahani et Jafar Panahi : la voix des artistes contre la répression iranienne. Par Benjamin Puech

Des cinéastes Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof à la reine de la chanson persane, qui vit en exil depuis plus de vingt ans, le monde de l’art s’inquiète de la violence de la répression.

« Le retour en arrière est impossible », écrivait fin décembre Jafar Panahi sur ses réseaux sociaux. Deux semaines plus tard, sa conviction ne s’émousse pas, mais ses craintes s’épaississent face à la violence de la répression ordonnée par les mollahs. À quatre mains avec son confrère Mohammad Rasoulof, autre critique virulent de la dictature iranienne dont les films sont projetés dans les festivals occidentaux, il a fait part de son indignation, vendredi 9 janvier.

« Le régime iranien déconnecte soudainement les voies de communication, Internet, téléphones portables et lignes fixes. Dans le pays, cela a interrompu la possibilité de communication entre les gens et d’autre part. Il a bloqué tous les moyens de contact avec l’extérieur du monde entier », alertent les deux cinéastes.

Appel à la communauté internationale

La coupure d’internet en Iran imposée le 8 janvier par les autorités dure maintenant depuis plus de trois jours et demi, a indiqué lundi l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.

« L’expérience a montré que couper les voies de communication avec les pays étrangers, c’est cacher la violence commise lors de la répression des manifestations. Nous sommes profondément préoccupés. Inquiets pour la vie de nos compatriotes. Inquiets pour nos familles », s’alarment Mohammad Rasoulof et Jafar Panahi.

Le dissident Panahi, palme d’or 2025 à Cannes, a été condamné à un an de prison pour de supposées « activités de propagande » en décembre 2025. Il est en pleine tournée internationale pour les Oscars, où son long-métrage Un simple accident représentera la France dans la catégorie meilleur film étranger.

La diva Googoosh hausse le ton

« Nous demandons à la communauté mondiale, aux institutions de défense des droits de l’homme et aux médias de trouver sans heurt des moyens d’accéder à des informations indépendantes », insiste le duo, pour qui « le silence d’aujourd’hui aura des conséquences regrettables à l’avenir ».

Le silence, la reine de la variété iranienne Googoosh y a été condamnée pendant des décennies par les gardiens de la révolution. En 2000, elle l’a brisé en chantant au Canada, signant le début de son exil. Active hors de l’Iran, où elle reste un symbole fort, elle attend « un changement de régime imminent ».https://www.youtube.com/embed/IcslJWMDpgM

« Le peuple est brutalement réprimé. Les massacres se poursuivent. La situation est devenue intenable », a confié, vendredi au Times, celle qui a vécu à Toronto, Paris et New York avant de finalement s’installer à Los Angeles, qui abrite la plus importante diaspora iranienne. « Je vis jour et nuit avec un mélange d’angoisse et d’espoir », conclut Googoosh, dont la carrière, à 75 ans, va en ralentissant. Elle ne se produira plus en public tant que « son peuple n’aura pas recouvré sa liberté ».

Autre figure culturelle, l’actrice franco-iranienne Golshifteh Farahani avait fustigé la semaine dernière un régime responsable de « milliers de morts et de torturés »« Aucun pouvoir, même volontairement, n’aurait pu détruire l’Iran comme il l’a fait », écrivait-elle, avant de relayer des photos des manifestations déclenchées le 28 décembre. Lundi, Téhéran a fait valoir que la situation était « totalement sous contrôle ».

© Benjamin Puech

Source: Le Figaro ‌https://share.google/b4DnA3bIadTLYhl8d

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