Iran
Entre deux rendez-vous d’affaires,
j’aimais aller flâner sur les quais de Dubaï,
dans le Creek,
où étaient amarrés les boutres,
dans le plus pur style de “Coke en stock”
de Tintin
ou dans les Secrets de la Mer Rouge d’Henry de Monfreid.
Ces coques en bois, superbement décorées,
embarquaient toutes sortes de marchandises
vers le Yémen ou bien l’Iran.
Les Mille et Une Nuits s’étalaient devant moi.
Le capitaine du rafiot,
que j’observais depuis un certain temps
me remarqua soudainement et m’invita, par gestes,
à monter à bord.
Curieux, comme les esprits communiquent parfois.
Je grimpai, tel un singe,
Par dessus du bastingage
Et sautai par-dessus bord
et atterris sur une balle de tapis d’Orient.
À ce moment-là, j’avoue
que je me sentais dans mes petites babouches.
Instinctivement, je scrutais les voies d’évasion.
Vient l’invitation à partager le chai.
Bien entendu, nous avons dégusté, fraternellement,
quelques oranges qui avaient
le goût délicieux du danger et du risque.
Ensuite, séance de photos.
L’équipage semblait honoré
qu’un Roumi soit venu jusqu’à eux.
Je ne pouvais être qu’un Roumi.
Voir Tintin.
Un Roumi est un Romain, donc un chrétien.
Un Blanc ne pouvait être autre chose.
Ces moments de communauté, au sens éthologique du terme,
sont restés gravés en moi jusqu’à ce jour.
Car, au fond, nous ne partagions ni la langue, ni la culture,
ni sans doute les mêmes repères.
Et pourtant, autour d’un thé et de quelques oranges,
quelque chose d’essentiel nous avait réunis.
Cet événement magnifique me rappelle tous les jours
que le lien entre humains reste porteur de tous les espoirs.
© Jacques Frojmovics
Jacques Frojmovics (né en 1952) témoigne de ce qui est …
Pour aller plus loin:
Source : Fondation Auschwitz https://t.co/IeWc3L3SsP
— cattan (@sarahcattan_) April 16, 2026
Fondation Auschwitzhttps://auschwitz.be › images › _expe

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