Quand l’État n’a pas d’âme… Par Louise Gaggini

De retour en Provence, j’y ai retrouvé sa chaleur brute, ses orages suspendus, ses bleus outranciers, ses odeurs de fruits trop mûrs, les galets du lac sur lesquels on dérape et qui font mal au dos quand on s’allonge, mais aussi les garrigues et les ronces des sentiers, enfin toute cette rudesse d’une Provence égarée entre montagnes et plaines, qui comme un concerto de Boulez, à chaque mouvement du vent, du ciel ou de la terre, réinvente l’harmonie.

Ici rien ne change et le trop froid, trop chaud ou trop mouillé, c’est juste la vie.

Depuis des millions d’années, les plaques tectoniques bougent ainsi que l’axe de la terre, bouleversant les températures sur une planète jamais acquise ni même conquise, mais époques glaciaires ou tropicales, la terre et ses populations s’y sont adaptées, en mutant, en modifiant imperceptiblement et naturellement leurs biologies à l’instar du monde végétal, minéral et animal.

Vraiment rien de neuf sous la voie lactée, dont le soir je regarde le scintillement, émerveillée et convaincue qu’un soir, une nuit, j’apercevrai enfin une de ces Perséides que jamais je ne vois, peut être aussi un signe, des signes de quelque chose d’un probable espéré. Entre divin et païen.

Mais hélas, adepte d’un risque zéro qui nous est vendu comme un dû, notre monde refuse l’intempérance et les sautes d’humeur d’une terre qui nous fait passer du chaud au froid comme un amant jaloux.

Il la veut immobile et soumise, surpris qu’elle soit dans l’échappement de son désir.

Au lieu d’accepter l’inéluctable et irréversible changement des climats en développant des innovations pour nous protéger de leurs variations, certains gouvernements et pays avec des prédateurs de la finance et des idéologues fous et tyranniques, voulant retirer soit des bénéfices économiques, soit un contrôle des populations, balancent des théories mensongères et des solutions inadaptées à ces températures qui font mourir pareillement de chaud ou de froid, alors qu’il suffirait d’imagination en amont, d’intelligence et de bon sens, d’humanité pour améliorer les passages obligés d’une ère à une autre.

Par idéologie, affairisme, capitalisme effréné, jamais pour le bien commun, l’état Français a rejeté une solution propre avec le nucléaire pour certains de nos besoins, suggérant de changer de fenêtres ou de voitures à ceux qui n’ont pas d’argent pour simplement manger.

Il oblige à des voitures électriques dîtes plus saines pour la planète, en balayant d’un revers de main méprisant, les milliers d’enfants qui au Congo et ailleurs, sont astreints à la récupération du lithium indispensable aux voitures électriques.

Il a aussi préféré dépenser un milliard et demi pour le nettoyage d’une Seine toujours aussi polluée, à la seule fin d’une baignade d’Hidalgo lors des jeux olympiques, plutôt que de donner 460 millions d’euros nécessaires aux hôpitaux pour se réajuster aux besoins vitaux des malades et patients.

Actuellement où la chaleur caniculaire traumatise le territoire, des sols à la chair, dans l’urgence d’une information qui serait défavorable électoralement à Macron, si trop de morts survenaient, Lecornu qui porte haut ses cornes de diable, a débloqué 30.000 climatisations pour des hôpitaux.

Une goutte d’eau dans une fournaise qui sévit de partout.

En ce moment, le chaud de la même façon que le froid, fait souffrir et mourir les fragiles.

Évidemment l’état est responsable.

Désinvolte Il s’amuse, fait des fêtes et des voyages, vit dans des palais et roule dans des voitures fraîches, loin des « sans dents » en souffrance, d’anciens et de malades pour lesquels il a trouvé une solution définitive avec sa loi sur l’Euthanasie : un droit de tuer donné aux médecins.

Macron a abandonné la France, sa mémoire et son passé, sa culture dont il dit qu’elle n’existe pas, mais surtout sa population dans l’objectif d’un remplacement migratoire sur lequel il aura tout contrôle.

Il veut un peuple de déracinés, inculte, sans langage et démuni de tout en dehors de ce que l’état lui versera, qui ne demandera ni ne revendiquera ni soins, ni éducation, ni climatisation, ni voitures, ni liberté d’expression ou de paroles, et à qui il sera dit dans l’exploitation d’un esclavagisme jamais disparu : « assis, debout, couché »

On ne se refait pas.

Les vieilles recettes autant que les mécanismes novateurs ne sont là que pour soutenir l’insatiable prédation de pays qui furent les plus grands destructeurs d’empires et de cultures.

La France, l’Angleterre, l’Espagne, l’Allemagne, sont de ceux-là, et leur volonté de guerre contre la Russie, n’a rien d’un soutien humaniste à l’Ukraine.

S’ils aimaient l’Ukraine et les Ukrainiens, la paix serait signée depuis avril 2022.

Mais ils s’y sont opposés, Boris Johnson en tête avec Macron.

Leur désir de guerre n’est qu’un affairisme financier pour lequel ils sont prêts à faire mourir des millions de jeunes gens, dans un terrifiant Verdun recommencé, puissance planétaire.

Alors pour eux, qu’il fasse trop chaud ou trop froid…

Circulez, y a rien à voir !

Mais de là où je vous parle, privilégiée parmi les privilégiées dans la fraîcheur de ma maison de pierres, je peins.

Les artistes n’ont pas de dimanche c’est connu, mais plus tard, presque à la tombée du jour, quand même j’irai nager.

Un dernier bain dans le déclin du soleil, quand enfin il ne fera plus qu’effleurer la surface de l’eau.

© Louise Gaggini

© Louise Gaggini



Ecrivain, journaliste, mais aussi sculpteur et peintre, pianiste, bref une « artiste plurielle ». Diplômée de lettres, d’Histoire de l’Art et de Conservatoire de musique. Auteur de nombreux dossiers pour la presse et la télévision, dont certains ont été traduits par l’Unesco, des organismes humanitaires et des institutions étrangères à des fins d’éducation et de prévention et d’autres furent diffusés par l’EN, Louise Gaggini est l’auteure d’essais et de romans dont La résultante ou Claire d’Algérie et d’un livre d’art pour l’UNICEF: Les enfants sont la mémoire des hommes. Elle est aussi l’auteure d’essais de société, et expose régulièrement, récemment à New York.
elle a publié son premier roman pour littérature jeunesse en 2001, et son premier roman pour adultes en 2004.

Où la trouver :

http://www.nananews.fr

http://www/louise-gaggini.com


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