
Czirke
Ce mot magique
Avait un effet pavlovien
Sur le petit Yaacov.
Maman venait de prononcer la phrase
En hongrois :
« Je vais acheter un poulet. »
Ni une ni deux,
Il allait se poster à la porte
De la minuscule maison
Que le nouvel État venait
De leur attribuer,
Et se mettait à chanter à tue-tête,
En yiddish,
Sur l’air d’une chanson patriotique
En hébreu,
Très à la mode dans les années 1950 :
“Nous allons bâtir notre pays,
Notre patrie”.
L’air était exaltant.
La patrie devint poulet.
Car oui, en ces années de disette
Et de rationnement,
Acheter un poulet était un événement
Pour ceux qui pouvaient se l’offrir.
On l’accommodait à toutes les sauces.
Il devenait même un ersatz de gefilte fish,
On en confectionnait des quenelles
Qui pouvaient tromper les palais
Les plus avertis.
C’était la sœur de Yaacov qui avait
La lourde tâche d’amener l’animal
Chez le sacrificateur.
Cacherout oblige.
En effet, ces volatiles étaient vendues
Vivantes, souvent par les voisins,
Paysans arabes.
Aujourd’hui le quotidien
Alimentaire en Israël,
Est assuré.
Clairement.
Paradoxalement la
Survie collective du pays
Est menacée
Kurdani, baie de Haïfa, 1955
© Jacques Frojmovics
Jacques Frojmovics (né en 1952) témoigne de ce qui est …
Pour aller plus loin:
Source : Fondation Auschwitz https://t.co/IeWc3L3SsP
— cattan (@sarahcattan_) April 16, 2026
Fondation Auschwitzhttps://auschwitz.be › images › _expe

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