AU FIL DES JOURS EN ISRAËL
SOUVENIR D’UN MOMENT DANS CET ISRAËL DONT J’AIMERAIS TELLEMENT PARTAGER L’ÂME
« Nous sommes entrés dans les eaux territoriales israéliennes »
Et puis Israël est apparu, comme une âme émergée à la surface des eaux, si petite, que la rage qui précipite le genre humain contre elle, partout sur la planète, hier comme aujourd’hui, participe par force de la folie : 14 millions de juifs dans le monde, contre 1,6 milliard de musulmans…
Parce qu’à part la folie et l’avidité, comment expliquer cette concession de l’Occident au monde musulman et au terrorisme islamiste ?
L’on dit que l’assassin sonne toujours deux fois.
Et l’histoire hélas aussi, répliquant avec le Hamas aujourd’hui, les collaborations d’hier à la solution finale d’Hitler, dans une exacerbation récurrente, usant de tous les artifices politiques, pour avoir le droit d’éradiquer Israël.
Mais je sais que c’est le week-end, que fatigués des incohérences d’un monde qui ne sait plus où sont ses souliers, vous ne pensez qu’au soleil et aux vacances qui pointent le bout de leur farniente, aux apéros entre amis, et loin des tapages et des insécurités, avoir enfin la pensée en roue libre.
Je ne vous dirai donc que la beauté d’Israël ; je ne vous parlerai que de lumière et de chaleur, de plages et de poissons grillés, de romantiques Sunset ou de vols en bakai dans le ciel de Sion ; je ne vous dirai que l’effervescence d’un peuple qui dans ses rues et villes passe d’un monde aux technologies les plus hautes à celui d’un tiers monde émergent, dans une cohésion d’abeilles maçonnes qui bâtissent et reconstruisent inlassablement.
Je vous dirai que je vais à la plage.
Qu’hier la mer était chaude et la température si élevée qu’elle formait dans l’air, des ondes bleutées. J’entendais les cris des enfants sautant dans les vagues, le rire des hommes et des femmes jouant au matkot, mais que transporté par le vent et l’eau, un autre bruit a surgi, celui des bombes du Hezbollah tirées sur Israël et que je suis sortie de l’eau, inquiète ; mais autour de moi rien n’avait changé ; ni le piaillement des enfants, ni le claquement sur les raquettes, pas même la nonchalance des femmes assises au soleil.
Je voudrais vraiment ne vous dire que de jolies choses, d’autant qu’à part les juifs, qui se soucie d’Israël?
Pas vous qui de victime l’avez fait passer à bourreau, qui ne savez pas que des enfants de 7 ans peuvent dire « Je veux mourir » ; que les ex otages femmes violées des centaines de fois par tous les Palestiniens qui en avaient envie, avortent et se suicident, ne pouvant dépasser le traumatisme?
Je sais, je sais vous ne voulez pas lire ça, alors j’écrirai seulement qu’aujourd’hui Israël est blessé, empêché, fatigué par ces guerres qui lui sont imposées, mais que dans les rues d’Israël, sur les plages et aux terrasses des cafés qui sont des agoras de fraternité et de ressourcement dans l’effervescence d’une vie qui n’a pas dit son dernier mot, Israël résiste !
Et moi dans cet Israël isolé d’un monde qui à Cannes ou ailleurs, fait des effets de bijoux et de robes, j’écoute béate l’histoire de ses bâtisseurs et de ses pionniers, leur détermination à l’existence après les camps, j’imagine cette première et unique rue de Tel Aviv que le sable et la poussière envahissaient, la mer qui les réunissait, la beauté d’une femme qui faisait s’arrêter les voitures, plus belle que Grace Kelly disait-on ; je vois les vieux visages et les mains striées par la violence d’un temps sans répit, autant que la beauté des jeunes filles, et je suis ici, comme un petit poisson dans son eau préférée.
© Louise Gaggini
Ecrivain, journaliste, mais aussi sculpteur et peintre, pianiste, bref une « artiste plurielle ». Diplômée de lettres, d’Histoire de l’Art et de Conservatoire de musique. Auteur de nombreux dossiers pour la presse et la télévision, dont certains ont été traduits par l’Unesco, des organismes humanitaires et des institutions étrangères à des fins d’éducation et de prévention et d’autres furent diffusés par l’EN, Louise Gaggini est l’auteure d’essais et de romans dont La résultante ou Claire d’Algérie et d’un livre d’art pour l’UNICEF: Les enfants sont la mémoire des hommes. Elle est aussi l’auteure d’essais de société, et expose régulièrement, récemment à New York.
elle a publié son premier roman pour littérature jeunesse en 2001, et son premier roman pour adultes en 2004.
Où la trouver :
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