« Apologie de Socrate »? Par Jean-Loup Mordekhaï Msika

Dans le JDNEWS du 3 mai 2026, le philosophe Michel Onfray raconte être tombé un matin, dans le train, avec le Georgias de Platon en main, sur une phrase de Socrate : « Commettre l’injustice est pire que la subir ».

Il commente comme ceci : « Voici une pensée chrétienne chez un païen, quatre siècles avant Jésus… »

Me voilà converti.

Socrate, condamné à mourir en buvant la ciguë, en 399 avant J.C., pour avoir encouragé la liberté de penser, dans une société athénienne esclavagiste, idolâtre, dirigée par une caste de notables autoritaires et inflexibles, aurait donc eu « une idée chrétienne avant l’heure » ?

Mais s’agissait-il vraiment d’une idée exclusivement chrétienne ?

Le Lévitique de la Bible Hébraïque, rédigé autour de deux siècles avant la condamnation de Socrate, et six siècles avant Jésus, ne fait-il pas de la recherche infatigable de la justice un but majeur pour les hébreux, qui seront miséricordieux (rahmanim…), humbles (baichanim…) et pratiqueront la bonté (gobléhassadim…) ?

L’horreur de l’injustice a été inculquée si profondément dans l’âme juive, six siècles avant Jésus, que les survivants des camps d’extermination nazis de la Shoah témoigneront tous du fait suivant : A Auschwitz ou Sobibor, il préféraient mille fois être détenus, affamés, torturés, battus et même assassinés que d’être dans la peau de leurs tortionnaires, de leurs bourreaux, d’ailleurs pratiquement tous de famille chrétienne.

La religion d’amour ?

Hitler était de famille catholique de même que Rudolf Höss, directeur du camp de la mort d’Auschwitz, qui exigea les sacrements catholiques avant sa pendaison pour crime contre l’humanité, pour « sauver son âme ». Les chrétiens qui prétendent avoir le monopole de « l’amour », inconnu selon eux des Juifs, « au cœur de pierre », et « préoccupés exclusivement de la Loi », devraient être plus modestes et se souvenir des crimes abominables perpétrés lors des guerres de religion fratricides et des abus de l’Inquisition.

Encore de nos jours, la boucherie inter-chrétienne de la guerre russo-ukrainienne se prolonge, à la plus grande satisfaction des jihadistes qui espèrent imposer l’Islam à toute la planète et qui se frottent donc les mains.

On peut alors se demander si cette idée exprimée par Socrate, « Commettre l’injustice est pire que la subir », n’était pas plutôt une pensée proprement juive et si Jésus, le Juif Yeshouah, n’a pas lui-même enseigné des idées juives à ses disciples et élèves éblouis, qui brandissaient des palmes sur son passage et jetaient leur manteaux sous les pas de son âne, cela avant d’être instrumentalisé abusivement par Paul de Tarse, 40 ans après sa crucifixion par les romains.

(Le citoyen romain Paul instrumentalisa la personne de Yeshouah, qu’il n’avait pas connu ni jamais rencontré, mais avec qui il prétendit avoir communiqué, en apparition, lors de son « ravissement » sur le chemin de Damas, pour justifier la création de sa nouvelle religion, hostile aux Juifs,  » …ces Juifs qui ont mis à mort le Seigneur Jésus et les prophètes, nous ont persécutés, ne plaisent point à Dieu et sont les ennemis du genre humain… (Thessaloniciens 14-15)« .)

La paulinisme, qui prononce la damnation de tout son peuple,  » jusqu’à la fin des temps », est-il vraiment fidèle au Juif Yeshouah ?

Quand on ne veut pas vraiment savoir…

On peut alors reprocher au philosophe Michel Onfray de ne pas vraiment rechercher l’origine des idées qu’il manipule, ce qui semble pourtant être une exigence de base en philosophie?

Cette insuffisance ne s’explique-t-elle pas par le fait suivant :

En France, fille aînée de l’église, « L’enseignement du mépris » envers les Juifs et le judaïsme, étudié et dénoncé par exemple par l’historien Jules Isaac dans un ouvrage de 1962 aux éditions Fasquelle, a été si vif et pendant si longtemps, avant l’aggiornamento de Vatican II, que la psyché française, en déni radical, rejette toute origine juive à sa culture et à sa civilisation, qu’elle situe plutôt dans un héritage « gréco-latin », en ignorant soigneusement tout du judaïsme…

Certes, sur le plan architectural et urbanistique, l’héritage gréco-latin a beaucoup apporté à la France, que ce soit à Versailles, aux Invalides, à Saint-Sulpice ou à la rue de Rivoli, etc…

Mais la fière devise « Liberté-Égalité-Fraternité » ne doit rien à ce monde gréco-latin, polythéiste, idolâtre et esclavagiste, et tout par contre, aux Dix Paroles du Mont Sinaï et au Lévitique de la Bible hébraïque, qui prônent le respect, la justice, la compassion et même l’amour pour chaque personne humaine « à l’image de Dieu » car libre, souveraine et porteuse d’une étincelle divine à développer en croissance spirituelle ascendante, pour le Salut du Monde (Tikkun Olam...).

C’est ce que l’on appelle en anglais le « Bottom Up », et c’est ce qui a apporté par exemple une prospérité extraordinaire, unique dans l’histoire, à l’Amérique, et une grande créativité, en quelques décennies, à l’état d’Israël, pourtant dénué de ressources naturelles, ou le peuple Juif a retrouvé et reconquis son indépendance.

Le christianisme a historiquement porté atteinte à la liberté responsable de penser, prônée par Socrate, le « salut » étant alors à rechercher dans une foi aveugle et infantilisante en Jésus qui interdit de penser par soi-même et minorise la responsabilité .

L’église a menacé Galilée, torturé ceux que son inquisition considérait comme des hérétiques, et persécuté les philosophes des Lumières et les encyclopédistes qui luttaient pour ouvrir la connaissance et rétablir la liberté responsable de penser du Tikkun Olam, cela en se réunissant chez le Baron d’Holbach, dans une salle baptisée par eux « la Synagogue« .

Michel Onfray n’est pas seul à tomber dans ce piège de l’ignorance soigneuse et obstinée du judaïsme : ainsi, Luc Ferry, ancien ministre de l’éducation nationale, déclarait à la radio :  » …la philosophie, c’est les grecs et Jésus ».

Ayant l’occasion d’échanger quelques mots avec lui, je lui demandais si la philosophie juive (Bible Hébraïque, Talmud, etc…) était vraiment si inexistante qu’elle ne méritait pas d’être simplement mentionnée. Il me répondit : « …Non bien sûr, la philosophie juive est essentielle, elle est à l’origine …!« 

Mais alors pourquoi la passer sous silence total sinon pour perpétuer cet « enseignement du mépris » que dénonça à juste titre Jules Isaac, au point que, devant ses conséquences abominables en la Shoah, le Vatican en vint à rédiger en 1965 la déclaration Nostra Aetate  pour une modification radicale, mais bien tardive, de son rapport aux Juifs et au judaïsme, rapport fondé trop longtemps sur une hostilité et un mépris mensongers qui empêchaient les chrétiens de se relier aux racines même du christianisme, lequel trouve sa source historique et spirituelle dans le judaïsme, les égarant d’autant?

Alors qu’une forme de déchristianisation consécutive à cet égarement est constatable, qui ouvre la porte à toutes sortes de dystopies, islamo-ultragauchisme et palestino-wokisme décolonial et mondialiste, etc…qui y installent un désordre catastrophique, sa chambre des députés étant devenue un lieu de glapissements insultants, et ses « philosophes » eux même en étant égarés, la France n’aurait-elle pas intérêt à se ressourcer en sortant enfin du déni paralysant, et en rétablissant clairement le lien avec ses racines civilisationnelles, culturelles et spirituelles judéo-chrétiennes, suivant en cela l’exemple de la puissante Amérique ?

La « Solution Finale » hitlérienne ?

Face au régime islamique totalitaire d’Iran qui terrorise et massacre sa propre population et utilise ses ressources pétrolières immenses pour semer le terrorisme et la guerre dans le monde, la France pourra-t-elle éternellement refuser, avec le pleutre travailliste anglais Starmer, de prendre parti, de participer à une coalition internationale contre l’islamo-fascisme, et rester spectatrice passive, uniquement pour éviter de contribuer en quoique ce soit à éliminer cette épée de Damoclès qui menace spécifiquement et bruyamment ( « Mort à Israël ! Mort à Israël ! Mort à Israël ! », etc.) la démocratie plurielle israélienne depuis 48 ans ?

La fin d’Israël et du peuple juif, la « Solution Finale » hitlérienne, fait-elle donc partie des projets inavoués de la République Française actuelle, avec la création souhaitée par Macron d’un mini état terroriste en Judée-Samarie et en plein cœur de Jérusalem?

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Il faut également signaler, dans le Journal du Dimanche du 3 mai 2026, une pleine page d’interview de Bat Ye’or : « Eurabia n’est pas un complot ! »

Bat Ye’or est l’autrice de nombreux et importants ouvrages, essais et romans, traitant de l’histoire et de la réalité de la dhimmitude, forme d’apartheid infligé aux Chrétiens et aux Juifs sous domination totalitaire musulmane.

Elle mentionne les Accords de Cordoue de septembre 1974, entre le représentant de la Commission européenne et le secrétaire général de la Ligue Arabe, pour forger une alliance des gouvernements de l’U.E. avec les mouvements jihadistes prônant tous la disparition d’Israël, le premier président de la Commission européenne ayant été Walter Hallstein, juriste éminent adhérant au nazisme dès la première heure.

Ces précisions expliquent la collaboration actuelle de tant de pays européens avec l’offensive médiatique et diplomatique générale qui soutient, depuis ses épouvantables massacres de civils israéliens du 7 octobre 2023, le pire jihadisme terroriste contre la démocratie israélienne, dans un prolongement « palestiniste » de la « solution finale » hitlérienne.

© Jean-Loup Mordekhaï Msika

 

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1 Comment

  1. Excellent article qui aborde deux sujets fondamentaux concernant notre civilisation occidentalele : le détournement par la personnalité complexe de Paul de l’héritage hébraïque pour fonder une « nouvelle religion » (et poser les bases de l’antijudaisme), et le danger, dénoncé par Bat Ye’or, de la submersion islamique, planifiée de longue date,qui est en train de changer le visage de l’Europe.

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