L’administration Trump veut durcir sa lutte contre les Frères musulmans. Dans sa stratégie antiterroriste 2026, publiée le 6 mai, la Maison-Blanche décrit l’organisation comme « la racine de tout le terrorisme islamiste moderne » et promet de la « démanteler partout où elle opère ».
Washington a déjà pris des mesures contre certaines branches du mouvement en Égypte, en Jordanie, au Liban et au Soudan. D’autres pourraient bientôt être classées comme organisations terroristes étrangères.
La difficulté, c’est que les Frères musulmans ne fonctionnent pas comme une organisation classique, avec une direction unique et verticale. C’est un mouvement transnational, décentralisé, implanté dans plusieurs régions du monde. Certaines branches, comme le Hamas, assument la violence. D’autres avancent par la politique, les réseaux associatifs, les médias, les universités ou les œuvres caritatives.
C’est précisément ce qui rend la stratégie américaine plus large qu’une simple lutte contre des groupes armés. Elle vise aussi l’écosystème qui entoure les Frères musulmans : les relais médiatiques, les circuits financiers dissimulés derrière des associations ou des ONG, ainsi que les structures académiques et militantes accusées de diffuser leur idéologie.
Mais Washington pointe aussi un obstacle majeur : la Turquie et le Qatar. Tant que ces deux États continueront, selon les Américains, à offrir au mouvement des ressources, des plateformes médiatiques et une protection politique, il sera difficile d’affaiblir durablement les Frères musulmans.
https://www.whitehouse.gov/wp-content/uploads/2026/05/2026-USCT-Strategy-1.pdf
© Jean-Charles OpenIntel

Poster un Commentaire