
Les Alliés, confrontés à l’horreur des camps de la mort, ont déclaré « Plus jamais ça… »
Quelques quatre-vingts années plus tard, lors des massacres du 7 octobre 2023, force fut de constater que « le plus jamais ça » était devenu le « encore ça… »
La filiation entre le génocide nazi et celui perpétré par le Hamas et ses affidés était évidente. La volonté génocidaire était là, en acte, sous nos yeux, filmée en direct par les assassins eux-mêmes. Mais ce qui était encore plus sidérant est que, passé le bref moment du choc émotionnel, les réactions condamnant le pogrom se muèrent en condamnations d’Israël, condamné pour avoir fait usage de son droit à se défendre.
L’onde de choc d’un antisémitisme planétaire parcourut les campus universitaires, les rues, les synagogues, les écoles juives, les écrans de télévisions, les radios, les journaux.
Comment expliquer un tel phénomène ?
En 1945, les hommes de bonne volonté estimèrent que la toute puissance des États était la cause des massacres perpétrés par les états totalitaires… La croisade pour la défense des libertés se fit sous la bannière du « droit ». On imaginait que seul un corpus de règles imposées aux États était susceptible de s’opposer aux dérives dictatoriales des mêmes.
Le «soldat du droit », René Cassin, le grand juriste de la Résistance, fut expédié par de Gaulle à l’ONU. Animé par une profonde détermination, il fut le principal artisan de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme que l’ONU adopta en 1948.
Cette Déclaration morale ne produisit pas de grands effets. L’ONU étant une organisation internationale et non supra nationale, chaque État membre conserva son entière souveraineté, de sorte qu’en apparence rien ne changea.
La pétition morale fut gravée dans le marbre de la réalité politique lorsque l’Union européenne naissante mit la défense des droits de l’homme version onusienne au centre de sa construction juridico-politique.
René Cassin, le « soldat du droit », était comblé. Sa foi en la puissance bienfaisante du droit comme limite à la toute puissance des États devenait réalité. Il déclara en 1968 à la Conférence de Téhéran :
« Au-dessus de la Souveraineté, il y a le Droit ».
Il affirmait également : « Décider que le vote du peuple couvre tout, c’est grave. »
L’ONU fut créée le 24 octobre 1945 pour promouvoir la paix dans le monde. La première grande décision qu’elle prit, le 29 novembre 1947, en adoptant le plan de partage de la Palestine alors sous mandat britannique, provoqua une immense onde de choc. Les pays arabes n’acceptèrent pas ce partage et incitèrent les populations arabo-palestiniennes à se ruer sur les populations juives. La France conseilla à Ben Gourrion de ne pas déclarer la naissance du nouvel État qui serait sans nul doute, affirmait-elle, écrasé par les armées arabes coalisées.
Ben Gourrion réalisa que l’Histoire faisait une offre qu’il ne fallait refuser et proclama Le 14 mai 1948 lacréation de l’État d’Israël. Le lendemain, soit Le 15 mai 1948, les armées arabes attaquèrent le nouvel État Juif qui, sortant victorieux du conflit, augmenta de 30% la superficie octroyée dans le plan de partage.
–Le 10 décembre 1948, donc en pleine guerre israélo-arabe, l’ONU adopta la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Cette Déclaration n’avait qu’une portée morale symbolique.
Les choses vont changer avec la Construction européenne.
Dès l’origine, (1948, 1949) les fondateurs de l’U.E. expriment leur volonté d’édifier une organisation politique fondée sur les principes de l’État de droit, de la démocratie et des droits de l’homme.
Ils adoptent le 4 NOVEMBRE 1950 la Convention Européenne des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales, qui entre en vigueur le 3 SEPTEMBRE 1953 et, dans la foulée, créent en 1959 la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH)
Fin de la souveraineté législative des États membres
L’étape décisive de ce processus de construction d’une structure supra nationale résulte des arrêts rendus par la CJUE en 1963 et 1964 qui mettent fin à la souveraineté législative des États membres, le droit de l’union s’intégrant automatiquement et de plein droit dans l’ordre juridique des États membres , sans intervention d’un autorité nationale ni l’adoption d’une mesure interne. Seule compte la publication au Journal Officiel de l’Union Européenne, la publication au J.O. national étant prohibée, comme si la nation française et le citoyen français étaient devenues des entités négligeables.
Institutionnalisation du pouvoir des Juges
Pour enfoncer le clou de ce processus de soumission des citoyens à la technocratie européenne, on décréta que n’importe quel juge national possédait le pouvoir d’écarter la disposition nationale lui paraissant contraire au droit de l’Union.
Un pan entier du pouvoir des citoyens s’effondra. Les Français perdent le pouvoir de faire les Lois. Ils sont contraints d’obéir à des règles, normes supra-nationales, décidées ailleurs, sans leur consentement.
Le retour de l’antisémitisme d’État
Lors de la Conférence de presse du 27 novembre 1967, le général de Gaulle condamne l’Etat hébreu coupable d’avoir tiré l’épée le premier et prend de fait publiquement partie pour les pays arabes vaincus. Il reprend à son compte les vieux poncifs antisémites de l’extrême droite maurassienne en qualifiant les Juifs d’être « un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur. »
22 ans après la découverte des chambres à gaz et du génocide des Juifs d’Europe, 5 ans après la fin de la tragique guerre d’Algérie qui a meurtri une grande partie des Français, le général de Gaulle condamne Israël et prend fait et cause pour le « monde arabe ». Mais il rate son coup. En 1967, la sympathie pour l’Etat d’Israël l’emporte largement. Le peuple ne suit pas de Gaulle dans sa tentative de rassembler la nation sur la condamnation de l’Etat hébreu. Le Général sera contesté dans la rue par les étudiants et les ouvriers en mai-juin 1968. Censuré par le suffrage universel, il abandonne le pouvoir en 1969.
Les Français restent sourds aux sirènes de l’antisémitisme et demeurent fidèles à leurs traditions, à la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789, à l’idée d’élitisme républicain, au culte des distinctions fondées sur le mérite, le travail, l’honnêteté etc., bref à la mystique républicaine dont parle Charles Péguy
En dépit de l’ immense faux-pas commis par de Gaulle, des conséquences dramatiques que sa politique arabe va produire, le général reste attaché à la souveraineté française, bien qu’il ait entrainé la France dans l’aventure européenne qu’il ne maîtrise pas. La France, -et c’est son honneur-, sera le dernier pays à avoir ratifié la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée par l’Union européenne. Ni les responsables de la IVème république, ni de Gaulle, ni Pompidou, n’acceptèrent de ratifier une telle « escroquerie », une sorte de contrat léonin.
La ratification aura lieu le 3 mai 1974, après la mort de Georges Pompidou, sous Alain Poher, président par intérim.
Les graines empoisonnés de l’antisémitisme que le Général a semées, couplées au processus de l’Union européenne reposant sur les « Droits de l’Homme », fleuriront la décennie suivante avec le concours actif d’Alain Poher, de Valéry Giscard d’Estaing, de François Mitterrand, de Jacques Chirac…
Le 22 novembre 1974, soit quelques jours après la ratification par la France de la déclaration européenne des droits de l’homme, l’UNESCO, dont le siège social est à Paris, prononce l’exclusion d’Israël.
René Cassin sera la première grande victime de son œuvre. À l’annonce de l’exclusion d’Israël de l’Unesco, il s’effondre psychiquement et physiquement et sombre dans un profond coma pendant 3 mois. Le coup de grâce lui sera donné après son réveil, lorsqu’il apprend que l’ONU, le 17 octobre 1975, assimile le sionisme à un racisme. Il meurt le 20 février 1976.
« J’ai été le témoin, écrit son ami et élève André Chouraqui, de l’état de fureur où il se trouvait le jour où cette décision scélérate fut publiée. Son univers intérieur semblait s’être écroulé avec tout ce à quoi il croyait, en l’homme, en la justice, en un progrès possible de l’humanité. »
René Cassin n’a pas compris. Cet humaniste sincère, convaincu, ne pouvait pas comprendre pourquoi l’outil qu’il avait forgé – la Déclaration universelle des droits de l’homme- est devenue la nouvelle arme utilisée ad nauseam par les antisémites du monde entier pour diaboliser les Juifs et appeler à la destruction de leur État.
Cette question m’a taraudé, et après 15 ans d’un travail acharné consigné dans mon livre « De Voltaire à Badinter« , j’ai trouvé une piste pour tenter de résoudre l’énigme: pourquoi la seule démocratie du Moyen-Orient, entourée de dictatures arabo-musulmanes hostiles, d’une Chine et d’une Union soviétique totalitaires, a-t-elle été condamnée 180 fois par l’ONU et 113 fois par la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU ?
Comment l’ONU, créée pour œuvrer pour la Paix dans le monde, est-elle devenue l’épicentre de l’antisémitisme mondial ?
Le droit international prôné par l’ONU repose sur deux principes absurdes, contenant de nombreuses contradictions:
1- Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (comment un peuple bâillonné, dont les citoyens ne disposent d’aucun droit, peut-il disposer de lui-même ? Comment peut-il manifester librement sa volonté, si les citoyens sont sous la coupe de dictateurs ? Dans la réalité, ce pseudo droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est, comme le disait le philosophe Alain, un monstre qui signifie bien souvent « le droit des dictateurs à disposer de leur peuple». Nous développerons cette question dans un prochain article)
2- la Déclaration universelle des droits de l’homme
Comme nous allons le démontrer, ce principe, tel qu’il est énoncé dans sa version Onusienne et Union européenne, repose sur une contradiction. Loin de conduire au « règne de l’homme » libre, il précipite le monde, et principalement l’Europe, dans une impasse.
La nouvelle trahison de la Déclaration française de 1789
Le magnifique monument que fut la Déclaration Universelle des droits de l’homme et du Citoyen d’août 1789 fut trahi une première fois par les Montagnards, qui bafouèrent les « droits de l’homme » au profit exclusif de ceux du « Citoyen ». Cela conduisit à la Terreur où l’homme et le citoyen furent écrasés.
Près de deux siècles plus tard, les Européens et les mondialistes mutilèrent la Déclaration de 1789, en excluant le Citoyen, fondant la totalité des « droits » sur l’Homme.
L’Union européenne impose une Déclaration dans laquelle le Citoyen n’existe plus, n’est plus nommé.
Deux Déclarations à prétention universelle s’opposent :
– celle de 1789 qui distingue entre les droits de l’homme, inaliénables, attachés à la personne humaine, et ceux du Citoyen.
– celle de 1953, faisant l’amalgame entre les « droits de… » (attachés à la personne humaine) et les « droits à.… » (droit à la santé, à la vie, au logement, à l’environnement, au climat…), invraisemblable catalogue mélangeant les fondamentaux du droit humaniste et les revendications idéologico-syndicales imputables à l’influence des partis socialistes, communistes et des différents courants idéologiques à la mode. Le tout chapeauté par l’Homme.
Pour rendre applicable cette « bouillie » juridique, la CEDH privilégie le principe de non-discrimination.
La CEDH stipule en son article 14: Interdiction de discrimination : La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.
L’APPLICATION DE LA CEDH repose principalement sur la lutte contre toutes les formes de discrimination, en raison de la nationalité, de la religion, de l’origine ethnique…, qui conduit à son tour à supprimer les distinctions, à prôner le mélange, le métissage. Le peuple perd son identité (il est moqué s’il revendique fièrement son identité, traité de « beauf », de « Dupont-Lajoie »). L’Homme se vide de toutes ses déterminations et le Citoyen de toutes ses distinctions. On lui enlève même son identité sexuelle…
Le vieux Freud qui pensait que l’anatomie était le destin doit se retourner dans sa tombe!
Un étrange basculement s’opère dans la répartition des droits attachés à l’homme et au citoyen.
Sous couvert de lutte contre les discriminations, la quasi-totalité des droits dont jouissait exclusivement le citoyen est accordée à l’Homme, c’est-à-dire au final à l’étranger, qualifié du terme générique de « migrant ». Hier on parlait de réfugiés espagnols, russes… l’étranger conservait son identité nationale d’origine. Le « migrant » ne possède plus aucun attribut identitaire. Il est l’incarnation de l’Homme abstrait de la CEDH.
L’Homme-migrant peut tout avoir, à condition de n’être rien.
L’homme-migrant à droit au travail, au logement, à la santé, à l’enseignement, au droit d’association, de manifestation, il a même le droit de transgresser la loi, d’être dans l’illégalité, de n’avoir pas de « papier ». Un tribunal lui avait même accordé le droit de violer une fillette sous prétexte qu’il n’avait pas les « codes ».
Les défenseurs des nouveaux droits de l’Homme (et non du Citoyen), confondent volontairement l’égalité par rapport à la Loi et l’identité des conditions et des individus.
Au nom de l’égalité de tous, on agit pour que disparaissent les différences entre le travailleur et le sous-prolétaire, entre immigrés et citoyens, entre les « sans » et ceux qui « possèdent » un emploi, un domicile, entre homme et femme…
Processus par lequel le Citoyen devient le débiteur de l’Homme
Une foule d’associations inculque au « migrant » qui pose le pied sur le sol de France qu’il est nu, ne possède rien, mais qu’il est nanti de la totalité des « droits de l’Homme », sous tous ses aspects, notamment social.
L’État, face au dénuement extrême du migrant, doit dans l’urgence absolue satisfaire sans délai tous ses besoins: les administrations sont mobilisées pour l’accueillir, le vêtir, le nourrir, le loger, le soigner, l’instruire… et ce prioritairement. Le Citoyen paie par ses impôts les frais de l’immigration. On le somme de se tenir en retrait et de passer après l’Homme-migrant qui devient de facto prioritaire.
Mais contre toute attente, une partie de ces migrants que la République généreuse accueille avec bienveillance, non seulement refuse de s’intégrer, de s’assimiler, mais se transforme en force hostile, agressive envers les citoyens et, en tout premier lieu, envers les Juifs.
Comment comprendre la métamorphose d’une partie des migrants en ennemis ?
Pour élucider ce mystère, il convient de prendre en compte la « révolution » qui s’opère dans le domaine du droit pénal à partir de l’année 1981.
1981 : la révolution de Badinter
Il faudra attendre les années 80, avec l’élection de F. Mitterrand à la Présidence de la République, pour que les acteurs de la « violence » des rues deviennent des « intouchables », pour que l’ultime discrimination séparant l’honnête homme du criminel, saute.
C’est Robert Badinter, un brillant avocat, qui fut le principal artisan de cette évolution, pour ne pas dire de la sortie de la problématique humaniste.
La gloire de Badinter commence en 1977. Lors d’un procès hors-norme, l’avocat parvient à sauver la tête de Patrick Henry, qui avait enlevé, tué, roulé sous son lit, dans un tapis, le jeune Philippe Bertrand, un enfant âgé de 7 ans.
Chapeau l’artiste !
Mais Robert Badinter ne s’est pas contenté de gagner un procès.
Devenu ministre de la Justice, il travaille à réformer en profondeur le code pénal, en réalité à provoquer une profonde rupture avec la justice humaniste, à jeter les fondations d’une nouvelle justice.
La Justice humaniste : de Voltaire à Zola
– La Justice selon Voltaire: Affaire Calas, défense du citoyen innocent injustement accusé. À la base de la justice humaniste, il y a l’homme libre et responsable qu’il faut protéger contre les abus du pouvoir d’un Etat monarchique tout puissant et contre les actions des délinquants, des criminels de toutes sortes.
Idem avec l’Affaire Dreyfus où une frange de l’opinion publique se déchaine contre un innocent avec la complicité active du haut état-major de l’armée, pendant que l’aile républicaine, attachée aux valeurs de la Justice humaniste, se mobilise en faveur de l’innocent injustement accusé de trahison et emprisonné sur l’Ile du diable.
La Justice anti-Humaniste: l’ère Badinter
Robert Badinter travaille avec ceux qui considèrent que la vieille Justice fondée sur la Loi du Talion n’a plus de sens. Les « anti-humanistes » prenant appui sur les travaux de Michel Foucault, Louis Althusser, Jacques Derrida, Claude Lévi-Strauss… et sur les enseignements tirés des sciences dites humaines, considèrent que l’homme libre et responsable est une fiction née de l’espace biblique. Ils définissent l’homme comme « une marionnette mue par des structures ».
Punir, condamner une « marionnette » n’a pas de sens. Il faut donc détricoter l’ancien édifice de la Justice humaniste qui sanctionne la transgression des lois, enfermant les citoyens pour les protéger des criminels. Il faut bien sûr abolir la peine de mort mais surtout, modifier de fond en comble le régime des peines et des sanctions avec, comme objectif final, de retirer à l’Etat et à ses fonctionnaires le droit de surveiller et de punir.
Les deux postulats de la nouvelle Justice anti-humaniste
1) La vie est sacrée et dans la personne de « l’honnête homme » et dans celle du « criminel ». Conséquence immédiate: le criminel de sang = le citoyen lambda. Je n’invente rien. Badinter écrit:
« Le criminel de sang, on voudrait qu’il nous soit étranger. Il ne l’est pas. C’est un homme comme nous. »
2) Tout criminel peut rejoindre la communauté des hommes.
–La Justice mise en œuvre par Badinter est d’entrée de jeu, en connivence avec les criminels.
-Action directe appelle à voter Mitterrand
Une sorte de connivence s’établit entre le nouveau régime de gauche et ceux qui haïssent tout à la fois la démocratie libérale, l’impérialisme américain et le sionisme. En décembre 1980, Action directe publie un communiqué dans lequel elle indique que les actions violentes seront suspendues pendant la campagne présidentielle et ceci dans le but évident de favoriser ou du moins de ne pas gêner l’élection du chef de la gauche unie.
– L’amnistie des membres emprisonnés d’Action Directe
Accord secret ou accord tacite, le retour d’ascenseur ne tarde pas : la loi d’amnistie votée dès les premiers jours du septennat de Mitterrand libère tous les membres d’Action directe emprisonnés.
Revenons sur cet étrange conseil des ministres du mercredi 10 juin 1981 au cours duquel on discute d’un projet de loi visant à amnistier les militants du groupe terroriste Action Directe. Hasard ? Le même jour, Maurice Faure, vieux compagnon de route de François Mitterrand, radical-socialiste, éphémère (un mois et un jour) Garde des Sceaux dans le premier gouvernement Maurois, sans doute effrayé par ce qu’il vient d’entendre, manifeste son désir de quitter le gouvernement. R. Badinter prend sa place et n’éprouve aucun scrupule, semble-t-il, à faire libérer les terroristes.
La loi d’amnistie est adoptée sans état d’âme le 4 août 1981, de sorte que 18 militants d’Action directe sont lâchés dans la nature.
-On désarme la société :
a) Suppression de la Cour de sûreté de l’Etat
Autre fait majeur : Robert Badinter dépose un projet de loi visant à supprimer la Cour de Sureté de l’Etat, créée en 1963 par le général de Gaulle essentiellement pour lutter efficacement contre le terrorisme d’extrême droite, celui de l’OAS. Mais dès lors que cette structure risque d’être utilisée contre les terroristes d’extrême gauche, elle est liquidée par la loi n°81-737 du 4 août 1981.
b) Une autre loi dispose que les crimes et les délits contre les intérêts fondamentaux de la nation seront jugés par des juridictions de droit commun. Donc, par des juges limités dans leurs compétences, ne disposant pas de vrais moyens, comme la suite des évènements le prouve, pour se pencher sur les crimes terroristes (d’extrême gauche) et poursuivre leurs auteurs.
Mais l’action en faveur des terroristes d’extrême gauche ne s’arrête pas là.
c) L’accueil des terroristes italiens des Brigades rouges
Autre fait troublant : De nombreux terroristes italiens, condamnés dans leur pays à de lourdes peines pour crimes terroristes, circulent librement en France, sans risquer l’extradition, s’ils déposent les armes et prennent l’engagement de ne pas utiliser la France comme base-arrière. (C’est ce que l’on a appelé la « doctrine Mitterrand »).
Les membres des Brigades Rouges qui ont ensanglanté l’Italie sont accueillis par le nouveau régime de gauche. Là encore on est en droit de se demander pourquoi ?
Après cette mise en bouche du régime, passons à la grande œuvre de Robert Badinter: l’Abolition de la peine de mort et la Réforme du régime des peines et des sanctions.
La doctrine abolitionniste, telle qu’exposée par son plus ardent défenseur R. Badinter, repose sur une croyance : les criminels sont des hommes comme les autres « Le criminel de sang, on voudrait qu’il nous soit étranger. Il ne l’est pas. C’est un homme comme nous. » dit Badinter.
– Corollaire 1 : tous les hommes peuvent changer, évoluer, donc inutile de les punir s’ils se sont amendés ou repentis.
-Corollaire 2 : la vie est sacrée.
La sacralisation de la vie est l’élément fondamental de la DUDH de l’UE. Nous avons vu qu’en son article 2 la CEDH évoque le « droit à la vie pour tous. » Cette doctrine est élaborée à partir du point de vue du criminel et uniquement à partir de sa personne réputée sacrée. Elle passe par pertes et profits leurs victimes passées et futures ; elle bafoue l’Etat italien qui demande qu’on lui remette les terroristes. En vain. Ils sont trois cents à bénéficier de l’asile politique. La gauche au pouvoir fait comme s’il s’agissait d’antifascistes, alors qu’il s’agit de criminels qui se sont attaqués à un état démocratique ! Qui n’ont jamais manifesté le moindre remord ou repentir.
Les terroristes de « gauche », nombreux et bien structurés, sont libres de répandre leur idéologie mortifère et leur haine destructrice. Le Monde daté du 30 janvier 1985 écrit : « L’Italie accuse la France d’abriter une « multinationale du terrorisme ».
Voilà l’Etat désarmé (surpression de la Cour de sûreté de l’Etat) et la société civile livrée sans défense à la violence terroriste (des centaines de terroristes lâchés volontairement dans la société).
Le nouveau pouvoir prend sciemment le risque d’ouvrir un boulevard au crime. Pourquoi ?
Nous voyons que dès l’origine, dès l’abolition de la peine de mort, la nouvelle justice qui se met en place prend appui sur la défense du point de vue du criminel, sur sa réinsertion probable dans la société, sur son droit à la vie.
Ces ennemis de la République, libérés, passent « fin des années 70 » des attentats prenant pour cible des bâtiments et des symboles de l’autorité à des assassinats. En Italie, celui d’Aldo Moro, en France celui du patron de la Régie Renault. Après 1981, Action directe pourra perpétrer quelque 80 attentats ou assassinats sur le territoire français, établir des contacts avec différentes organisations terroristes internationales, telles les Brigades rouges, la Bande à Baader, l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), les mouvements extrémistes turcs…
Les années 80 sont des années noires, particulièrement sanglantes : série d’attentats contre les sociétés américaines et israéliennes ; fusillade meurtrière au restaurant juif Goldenberg, Rue des Rosiers à Paris, qui fait six morts et vingt-deux blessés ; deux policiers sont tués au cours d’une fusillade, avenue Trudaine à Paris ; plusieurs banques, bijouteries, sont attaquées à Paris. A partir de 1984, les terroristes passent à la vitesse supérieure en commettant des attentats « aveugles ». On bourre d’explosifs un véhicule que l’on fait exploser pour provoquer le maximum de dégâts et de victimes, etc.
Fondamentalement, le pouvoir est impuissant. Il est incapable de mettre fin au carnage. Il dialogue avec les terroristes, les exhorte à quitter la France, propose de financer leur départ. Pendant ce temps, ces derniers infiltrent les milieux immigrés, en gagnent certains à leur cause, préparant ainsi l’importante vague de terrorisme islamique qui va tétaniser la France.
L’antisémitisme, ce mal attribué à l’extrême droite, que l’on pensait avoir éradiqué, refait massivement surface, à gauche, par le biais du culte du fédayin palestinien. Sous le masque de l’antisionisme, il retrouve une légitimité, une virginité.
La politique initiée par la gauche au pouvoir, qui est marquée par une certaine complaisance avec la criminalité, est désavouée par le peuple qui donne, lors des élections législatives de 1986, la majorité à la Droite. La manœuvre mitterrandienne visant à affaiblir la droite en favorisant la montée du Front National de Jean-Marie Le Pen a provisoirement échoué. À moyen terme, ces manœuvres délétères, initiées par un homme au passé trouble, contribueront à semer le désordre, à disloquer davantage l’État, à détruire le lien qui unit les Citoyens à leurs représentants, à miner les soubassements de l’État de droit.
Robert Badinter persiste à trouver de l’humanité chez tous les criminels, y compris chez les plus hauts responsables du crime de masse, les dignitaires nazis.
« Pour nous, il n’est point d’être humain, si coupable soit-il, qui ne puisse s’amender, devenir autre et, à travers la peine et au-delà d’elle, retrouver la communauté des hommes. »
Interrogé sur ces criminels monstrueux, R. Badinter répond au journaliste de « L’Express » :
« L’Express : Vous êtes absolument contre la peine de mort ?
R. Badinter : Absolument.
L’Express : Même dans le cas des tortionnaires, des criminels de guerre nazis comme Eichmann ? Quelles que soient la quantité et la gravité des crimes commis ?
R. Badinter : Je réponds catégoriquement oui. La vie doit être sacrée même en la personne du sacrilège ».
La sacralisation de la vie conduit à réduire la condition humaine à celle de l’animal et celle-ci à celle du vivant. Elle n’accorde aucune transcendance à la morale, au respect des valeurs sans lequel la condition humaine perd toute grandeur. Elle essentialise le mal en inscrivant l’inhumain dans la condition humaine elle-même. Elle fait de l’inhumanité un attribut de l’humanité.
Pour les abolitionnistes radicaux, les alliés qui, à Nuremberg, ont condamné à mort les hauts responsables nazis et les ont pendus, sont des criminels.
Si l’État d’Israël avait épargné Eichmann, comme le demandait par exemple Martin Buber, Israël aurait cessé d’exister non seulement comme État Juif, mais comme nation. Les millions de morts victimes de la monstruosité nazie auraient été passés par pertes et profits. C’est comme si on avait demandé aux Juifs porteurs de la mémoire de la Shoah, dont la famille, les amis ont été exterminés, de continuer à vivre de manière symbolique avec leur bourreau. Comme si la justice les avait condamnés à rester enfermés pour l’éternité dans le camp d’extermination.
L’exécution d’Eichmann est un acte de justice au sens le plus élevé du terme, même si la singularité de la condamnation la hisse au rang de symbole.
En condamnant puis en exécutant Eichmann, l’État d’Israël a été sauvé et paradoxalement, Eichmann également. Car pour les grands criminels, il n’existe qu’une seule porte pour rejoindre l’humanité, celle de la mort résultant d’une décision de justice qui applique la règle qu’ils ont pratiquée comme leur droit.
Seule l’exécution des monstres rend possible leur retour dans l’humanité : c’est ce que rappelle Hegel lorsqu’il justifie la peine de mort. Si les grands criminels meurent de leur belle mort, alors la voie de l’humanité leur restera définitivement fermée.
L’Abolition extrême implique de facto de faire entrer les grands monstres dans le champ de l’humain. L’unique motif invoqué pour les maintenir en vie est l’humanitaire. (Ici se met en place le « droit humanitaire » si souvent évoqué pour soutenir les Palestiniens et condamner Israël).
Ce que R. Badinter énonce très clairement :
« Le criminel de sang, on voudrait qu’il nous soit étranger. Il ne l’est pas. C’est un homme comme nous… En exécutant cet homme, on lui refuse la qualité d’homme. »
Primo Lévi, dans son ouvrage « Si c’est un homme », constate que les nazis ont perdu toute humanité et donc la qualité d’homme. Ce que Badinter conteste.
R. Badinter imagine une sorte de fraternité, de filiation possible avec les assassins :
« Me Bocquillon a été magnifique quand il a évoqué l’idée que chacun de nous pouvait avoir un fils, un frère qui soit un assassin. Il a certainement touché au cœur les jurés. »
Deuxième postulat de la Justice anti-humaniste de Badinter:
« Pour nous, il n’est point d’être humain, si coupable soit-il, qui ne puisse s’amender, devenir autre et, à travers la peine et au-delà d’elle, retrouver la communauté des hommes. »
Désolé, Maître Badinter, mais aucun haut dignitaire nazi n’a jamais manifesté le moindre remord. À Nuremberg, tous, à l’exception d’un seul, ont plaidé non-coupables.
Qu’importent les réalités, les enseignements de l’histoire. La nouvelle justice post-humaniste doit se fixer pour but l’intégration et le retour du criminel dans la société. Il découle de ce postulat une profonde remise en question du régime des peines et des sanctions.
La Réforme du Régime des peines
Au terme de ses travaux sur la « Prison républicaine », R. Badinter conclut : « La prison est un mal, une école du crime qu’il convient d’épargner, autant que possible, aux délinquants qui en sont menacés. »
Conception qu’il emprunte à Michel Foucault qui écrit dans « Surveiller et punir » :
« Au constat que la prison échoue à réduire les crimes il faut peut-être substituer l’hypothèse que la prison a fort bien réussi à produire la délinquance… »
Toutes les institutions se tiennent. En faisant sauter ces « bastilles » que sont l’école, l’institution asilaire, la prison… Michel Foucault et son école ont parfaitement conscience que leur travail aura pour effet de fragiliser et par suite de détruire tout l’édifice social. En un mot, pour affaiblir l’ordre social, il faut introduire du désordre, un maximum de désordre en passant par les institutions périphériques.
Nous constatons que cette approche participe à un processus global de renversement des valeurs de type nietzschéen, lequel est au cœur des réformes successives de la « Justice mitterrandienne. »
Les réformes initiées par Badinter et ses disciples, couplées à la nouvelle Justice européenne, ouvrent un boulevard aux crimes de toutes les sortes, livrant les citoyens quasiment sans défense à l’insatiable volonté de destruction qu’anime une partie de la société.
Dans la nouvelle Justice, le crime fait partie de l’humanité. Les grands criminels ne perdent pas leur qualité d’homme. Bourreaux et victimes sont appréhendés sous la catégorie du « malheur » et sont inscrit dans la même chaîne victimaire. In fine, tous sont des victimes qu’il faut non condamner, mais aider. On invente alors la « justice réparatrice» qui se fixe comme objectif d’aider le bourreau à se réparer… On fait appel à sa victime pour l’aider…
Au final, si tous sont des victimes, c’est la société qui est responsable de la criminalité.
Mais cela ne suffit toujours pas pour neutraliser l’ancienne justice humaniste à laquelle Juges et citoyens demeurent attachés.
Le processus d’intégration des criminels et des délinquants dans la société, pour la volonté de les sanctionner, doit passer par leur « sacralisation », doit en faire des » intouchables « .
Le processus de sacralisation des « migrants » passe d’abord par la case « sacralisation des jeunes de banlieue » :
Marche des beurs… Un slogan qui enflamme la jeunesse le dit explicitement : « Touche pas à mon pote ».
Octobre 1984 : création de SOS RACISME par Julien DRAY et Harlem DESIR, suite à la marche des « Beurs » de 1984.
Les réformes en profondeur initiées par le « droit international », puis la Justice européenne, puis la Justice française, conduisent à la situation que nous connaissons aujourd’hui: l’explosion de la violence sous toutes ses formes.
L’antisémitisme est un élément, une variable d’ une statistique terrible: le taux de la criminalité et la délinquance dans les années 50 compte parmi les plus faibles de toute l’histoire de France. En 1957, on compte 20 000 détenus dans les prisons françaises. Ils sont plus de 80 000 aujourd’hui !
Reste à comprendre les témoignages de cette dérive rapportés par Marie Laure Brossier, en tant qu’habitante Élue de la Seine Saint Denis.
Comment expliquer le rôle central joué par le « palestinisme » ?
Comme brièvement évoqué ci-dessus, le « migrant » qui pose le pied sur le sol français est l’incarnation de l’Homme de la CEDH. L’homme « des sans » auquel il faut tout donner, tout accorder, de manière quasiment instantanée.
Les représentants de l’homme-migrant exigent que le pays d’accueil respecte les exigences liées à son identité cachée qu’il va révéler une fois installé solidement sur le sol français.
Tout à coup, un nombre non négligeable d’hommes-sans, encadrés, soutenus, portés par certaines associations et mouvements idéologiques, deviennent non citoyen français mais citoyen de son pays d’origine et/ou d’un pays imaginaire- fantasmé, qui lui permet d’obtenir le droit de partir à la conquête du pays qui l’a reçu.
Drogué aux idéologies à la mode, wokisme, indigénisme… ce qu’il ne supporte pas, c’est l’idée du devoir. Cette homme estime qu’il ne doit rien à ceux qui lui apporte secours, aide et assistance. Il est l’incarnation vivante de l’Homme de la CEDH, celui de l’ONU. Il est le créancier de la société occidentale qui, lui a-t-on raconté, est son débiteur obligé. Le citoyen lambda évolue dans l’univers de l’assurance sociale, à laquelle il cotise pour faire valoir éventuellement ses droits tandis que le migrant, drogué aux idéologies de l’assistanat d’état, relève de l’aumônerie publique, non de la sécurité sociale, mais de la charité sociale. Il fonctionne dans l’univers du don.
L’État s’endette pour répondre aux besoins de l’homme-migrant.
LE PALESTINISME = IDOLÂTRIE
Pour occuper cette posture, l’homme-migrant se crée une identité fantasmée qui le transforme en créancier perpétuel du Monde occidental.
Il existe un seul groupe humain qui possède sui generis le gène de l’attribut du créancier perpétuel : Il s’agit du Palestinien.
Tous les hommes qui se trouvent à la suite de guerres dans des situations de détresse ou sont contraints de prendre le chemin de l’exil, demandent de l’aide, supplient qu’on vienne à leur secours. Tous, à l’exception d’un seul: le Palestinien.
L’homme-palestinien ne quémande pas, il exige son dû… Et les Nations, notamment l’U.E., sommées de lui obéir sur le champs, le prennent en charge. Les Nations-débitrices s’exécutent sans délais. Il pleut des milliards sur la Bande de Gaza, les colonnes de camions affluent, regorgeant de marchandises, pour le plus grand profit du Hamas. Leur file s’allonge aux check-points israéliens qui, sécurité oblige, ont l’incroyable impudence d’en vérifier leur contenu.
Alors, l’ »ex-sans » des banlieues comprend immédiatement tout le profit qu’il peut tirer en devenant « palestiniste ».
Il arbore le drapeau palestinien et par ce simple geste, par la magie d’un slogan « free Palestine», toutes les portes, toutes les bourses s’ouvrent, tous les citoyens-soumis se taisent, se prosternent devant la nouvelle idole dont les comportements, jusqu’au crime le plus horrible inclus, à commencer par le crime d’antisémitisme, le pogrom du 7 octobre 2023, sont de facto minorés, justifiés, compris, voire légitimés.
Dans l’imaginaire de la gauche politique, le Palestinien a acquis le rang d’idole. Il est en terrain conquis. Les partis liés à son culte rendent hommage à ses tueurs. LFI à la tête d’une gauche sous emprise se soumet aux exigences de l’Islam politique véhiculé par les Frères musulmans.
La toute puissance de l’idole palestinienne est reconnue. Elle exhibe avec ostentation les signes de son appartenance, pendant que Juifs et Chrétiens les cachent, les dissimulent. Le renversement est total. Le Citoyen doit raser les murs. Faire profil bas. Comme l’a raconté Marie Laure Brossier, il ne peut exercer ses droits fondamentaux que sous haute protection policière et militaire. Un imposant dispositif policier doit être déployé pour assurer la protection de femmes-citoyennes qui osent manifester leur solidarité avec les femmes violées, massacrées, prises en otages le 7 octobre 2023. Idem les écoles, les synagogues…
La France est occupée par les troupes de l’Internationale des fanatiques de l’Idole qui possèdent le monopôle de l’exercice des droits fondamentaux. S’exprimer sans leur aval expose aux hurlements de la meute, à ses appels au lynchage. Boualem Sansal en a fait la douloureuse et amère expérience et projette de quitter la France.
Selon la doxa mondiale, de même qu’Israël doit tout subir, tout accepter des Palestiniens, y compris les bombardements incessants, les massacres, de même le citoyen français, belge, espagnol… doit tout subir, tout accepter, tout prendre en charge.
Le Palestinien-fantasmé, le PF et ses porte-paroles, mettent en application le slogan de l’International « Nous ne sommes rien, Soyons tout ».
Le PF, par la magie des mots, bascule sans transition du statut de « sans » à celui du « tout ». Il aspire à occuper tout l’espace à lui tout seul. C’est ainsi qu’il exige que la France chasse les Juifs des Universités, que les chanteurs, les sportifs juifs soient exclus des compétitions internationales; que les Juifs, y compris ceux qui soutiennent sa cause, soient chassés des manifs, des labos, des écrans de télé…
Le rêve du Palestinien-fantasmé c’est un 7 octobre planétaire, c’est le génocide des Juifs préalable à la soumission totale des autres, en tout premier lieu des Chrétiens, dont une partie, aspirant au martyre, soutiennent sa cause.
Le migrant-palestinisé, tout comme son modèle du Moyen-Orient, demande qu’on lui octroie des territoires qu’il n’a jamais possédés. Il s’invente des filiations mythiques lui octroyant des droits imputables à sa participation à la construction des richesses que possède le pays d’accueil. S’il revendique, s’il s’empare du passé de celui-ci, ce n’est pour en partager la gloire, mais pour la détruire car dans ce passé il fut soit esclave, soit colonisé.
La citoyenneté du pays d’accueil n’est pas pour l’homme des sans un marqueur identitaire, mais un droit administratif comme les autres, un droit qui lui donne une identité qu’il déteste, une identité qu’il ne peut assumer car il devrait se mettre au travail, payer impôts, taxes, prélèvements obligatoires, devenir un pauvre dhimmi, se mettre au service de l’homme-migrant-nu qui arrive par centaines de milliers chaque année. L’homme-migrant adepte de l’islam politique dit : « Je suis d’un monde autre et tu dois respecter les coutumes de mon village, me permettre de voiler ma fillette, de la marier à qui bon me semble, de pratiquer l’excision, d’exiger l’absence de porc dans les cantines… J’ai vocation, selon le Coran, à devenir ton maître ».
Comment la croyance délirante en la toute-puissance du Palestinien fantasmé alimente la mécanique de la frustration et de la haine
Nous avons brièvement évoqué comment le rapport homme/citoyen se transforme par la magique médiation des « droits de l’homme » version ONU-U.E., en créancier/débiteur, lui-même s’inscrivant dans la vieille problématique de la « dhimmitude », parfaitement décrite par Bat Ye ‘Or.
L’islam politique est imprégné de nostalgie. L’âge d’or de l’Islam triomphant le hante. C’est lui que tous les « fous de Dieu », les « charriatistes», qu’ils aient pour nom Frères musulmans, Daech, I.A., Iran des mollahs, Al-Qaïda… aspirent à rétablir, à recréer.
Tous sont inconsolables d’avoir perdu leur toute puissance sur les dhimmis, notamment le Juif. La gloire du jeune état d’Israël les rend fous de rage.
Ne pouvant plus le posséder, l’exploiter, l’humilier…, ils appellent à sa destruction.
Conclusion
René Cassin pensait trouver dans le droit l’élément capable de sauver les sociétés de leur « penchant criminel », d’unir les hommes, de garantir les libertés. La proclamation des « Droits de l’Homme » fondée sur l’occultation du Citoyen, conduit à alimenter la criminalité sous toutes ses formes, et notamment la haine antisémite.
Comme l’avait perçu Péguy, seule la mystique républicaine était à même de sacraliser l’édifice de nos sociétés dans le respect des libertés fondamentales.
Les droits de l’homme livrés à leur logique interne conduisent non au règne de l’homme mais à son exacte négation.
Pour sortir de l’engrenage mortifère dans lequel la construction européenne à enfermé les pays membres, il suffit de remettre la Justice sur ses pieds, de placer à la base du droit national, européen ou international, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen d’Août 1789, non sa version tronquée, véritable bouillie juridique qui conduit à la confusion et au désordre.
Il faut remettre au centre du Pacte Républicain le Citoyen libre et responsable, réduit aujourd’hui au rang de débiteur de la misère humaine mondiale, à la situation humiliante de soumis et au statut infamant de la dhimmitude.
Si l’Union européenne telle qu’elle se construit depuis les années 1960 engendre désordre et criminalité, c’est tout simplement parce qu’elle s’est faite dans le dos des peuples, dans le mépris des citoyens qu’elle tient pour une variable négligeable, auxquels elle a retiré tout pouvoir. Elle est de ce point de vue, comme le régime de Vichy, illégale et illégitime, secrétant l’antisémitisme.
(Ce problème fera l’objet d’une prochaine publication.)
© Sydney Touati

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