C’est l’heure des comptes. Par Chochana Boukhobza

C’est l’heure des comptes.

L’heure où les chacals qui aboyaient contre Trump et Netanyahou vont assister à la curée — et la commenter, soir après soir, à la télévision. La curée qui commence en Iran. Et qui dévore, déjà, le peuple iranien. Les arrestations. Les disparitions. La torture dans la prison d’Evin, à Téhéran. Et ailleurs. Partout.

L’Iran est immense. La peur aussi. Les mollahs vont pendre.

Ils vont pendre au nom de la trahison. Ils l’ont fait durant toute la guerre. Et le rythme va s’accélérer en toute impunité. Et devant les potences, des silhouettes noires semblables à des cafards, agiteront des drapeaux, en scandant « Allah ou Akbar ». L’Iran se renforce. Il va fabriquer des missiles à fragmentation, et des bombes nucléaires pour tenir la région. 

Et puis il y a Ormuz. Un détroit comme au verrou, le passage du pétrole du monde. Décider quand le fermer, qui laisser passer, qui laisser souffler, qui laisser respirer et prendre en otage les routes maritimes, les économies, nos vies quotidiennes.  Nous faisons semblant de ne pas voir. J’accuse les pays européens d’avoir fermé leur ciel aux avions ravitailleurs américains.

J’accuse les lâches d’avoir craché sur les Américains, piétiné Israël, hurlé au « complot sioniste », moqué les boys qui encore une fois on risqué leur vie. Des experts qui ont dénigré eux qui se battent, désavoué ceux qui risquent leur vie.

J’accuse ceux qui pleureront demain en entendant Cécile Kohler et Jacques Paris, sans avoir compris aujourd’hui ce qu’est l’Iran des mollahs : un régime effrayant qui broie, qui fait taire, où les quelques uns s’enrichissent, pendant que le peuple crève de faim, où les réseaux de drogue prolifèrent, un régime pire que celui de Poutine, presque pire que celui de Xi Jinping. 

J’accuse les plateaux transformés en arènes où des « experts » face à d’autres « experts » s’empoignent pour nous divertir, où l’on assène des certitudes, des banalités, des platitudes toutes vertueuses, sans que l’information, la vraie, sur les sites et les structures frappées nous soient communiquées, où l’on laisse des voix s’exprimer, qui parlent comme le régime et relaient sa propagande, et où pendant 40 jours, les télés ont été jusqu’à diffuser les images de propagande des Mollahs. 

Pourquoi a-t-on laissé ces discours et ces images s’insinuer dans nos démocraties — sans un mot pour les Iraniens ?

Pourquoi n’avons-nous pas été les Anglais de Churchill ? Ceux qui tiennent. Ceux qui refusent. 

Je rappelle que ce régime interdit aux femmes d’être, d’exister, de vivre, de montrer leurs cheveux.   

Oui. Nous avons été lâches. Le pétrole dont nous gorgerons nos réservoirs de voiture est teinté du sang des Iraniens. Nous devons nous en souvenir à chaque fois que nous ferons un plein !  Des gens vont mourir pour que nous puissions circuler sur les routes d’Europe. Des gens vont hurler de douleur parce que nous sommes gouvernés par des hommes d’état obsédés par leur prochaine élection. 

C’est terrifiant. Et je me sens impuissante. 

‌‌© Chochana Boukhobza

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1 Comment

  1. Il y a 90 millions d’Iraniens :Si on considère que 30 millions d’entre eux sont en capacité de se révolter, de se battre contre une poignée de mollah affaibli qui n’ont plus de dirigeants fiables et dont le secrétaire d’état particulier (d’un chef mollah qui parait-il est mort) tué hier par Tsahal mais qu’attendent ils ces iraniens martyrisés d’être menés à la mort comme 6 millions de nos fréres Juifs exterminés sans se battre ,ou si peu.Les Iraniens ne peuvent eux non plus compter sur personne pour les aider pas plus que nous lors de la dernière guerre mondiale, ni aujourd’hui en Israel.Ni aujourd’hui en France.

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