Quand l’Iran montre sa bombe, l’idiot hue Israël et Mars rigole. Par Liliane Messika

– 28 mars 2026

Con-texte

Le 7 octobre 2023, des hordes barbares ont attaqué un festival de musique pour la paix et des villages agricoles, tuant plus d’un millier de civils, violant plusieurs centaines de femmes, torturant plusieurs centaines d’enfants et kidnappant 250 innocents désarmés.

Quelques heures plus tard, avant même que les défenseurs des victimes aient réagi, une campagne mondiale de haine CONTRE LES VICTIMES des barbares commençait, qui n’a fait que croître et enlaidir au cours des deux années écoulées.

Ces événements antilogiques ont conduit des sociologues martiens à étudier notre planète avec une objectivité teintée d’appréhension.

Voici leurs conclusions.

Casting

Le casting est l’unique raison pour laquelle des extrémistes de droite et de gauche, des fondamentalistes et des laïcards, des militants de l’égalité-inclusivité-diversité et des pratiquants de la lapidation des femmes adultères et des homosexuels défilent inlassablement en scandant les mêmes mots d’ordre.

Les Martiens ont compris la dissonance cognitive dont souffrent les spectateurs des médias terriens : les agresseurs sont le plus souvent les gentils adeptes d’une religion de paix et de tolérance, alors que les victimes sont habituellement des juifs, tués pour cette seule raison, parce que nés génocidaires. C’est ce qui s’est passé le 7 octobre 2023. Le Monde n’est toujours pas remis de sa mal-comprenance.

Aujourd’hui, une situation différente engendre les mêmes réflexes conditionnés de la part des hémi-neuronaux du Net et des idiots utiles, toutes haines confondues. Pourtant, le casting a changé à 50% : les auteurs de l’agression sont les instigateurs du pogrom anti-juifs, les mollahs iraniens. L’autre moitié, ce sont les victimes : à l’inverse des méchants sionistes, ces démocrates, ces républicains, ces antifascistes, ces féministes, ces homosexuels, ces combattants de la liberté, ces étudiants, etc., ont le profil idéal pour susciter l’ingérence humanitaire de la foule pavlovienne qui manifeste en keffieh pour les droits de l’Homme.

Pourtant, le même silence étend sa lâcheté sur les Iranien.ne.s de tous genres et de toutes identités que sur leurs prédécesseurs israéliens.

Le casting, Coco, le casting !

Défiler pour les 30 000 manifestants iraniens tués par les gardiens de la révolution aurait risqué de faire-le-jeu-des-sionistes, avides de justifier leur mainmise sur les banques, les médias, les gouvernements et les artistes du monde entier.

C’est une situation sans issue : les agresseurs des manifestants iraniens, n’étant pas juifs, ne peuvent être critiqués et, a fortiori, condamnés pour leurs crimes. C’est Allah lui-même qui l’a dit : « Le jour du jugement, des gens parmi les musulmans vont venir avec des péchés comme des montagnes, Allah va leur pardonner et va mettre leurs péchés sur les juifs et les chrétiens » (hadit rapporté par Mouslim dans son Sahih n°2767).

Réaction réflexe

Les Martiens connaissent le réflexe ostéotendineux. Ils le comparent à l’accusation contre l’État juif : c’est une réaction archaïque à un stimulus extérieur. Le rôle du maillet sous le genou peut être tenu, sur Terre, par une multitude de causes, qui vont du vide intellectuel à l’échec sentimental, en passant par la jalousie, le lavage de cerveau (religieux ou politique), les poussées hormonales pubertaires et la mode.

Si l’absence de réflexe rotulien indique la probabilité d’une lésion mixte des motoneurones supérieurs et inférieurs, c’est la présence de l’antisémitisme qui implique une lésion du lobe frontal, responsable des comportements les plus complexes de l’Homme, comme la prise de décision, la créativité et les relations sociales.

Certains responsables politiques occidentaux, dont les motoneurones sont parfaitement fonctionnels, souffrent néanmoins d’atteintes plus ou moins graves au lobe frontal. On les reconnaît au test de la lune et du doigt : mis en présence de preuves de l’activité militaro-nucléaire iranienne, ils invoquent le Droit international pour se livrer à un récital d’invectives contre le peuple ciblé par ces armes.

Cas clinique 1 :le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez

Coincé entre une droite qui monte, qui monte et une popularité qui descend encore plus vite, le réflexe du Premier ministre socialiste est d’appeler à la rescousse les ennemis du système dans lequel il cherche à survivre : l’extrême-gauche anticapitaliste et antidémocratique. Pour ce faire, il scotomise[1] l’Histoire et soutient ostensiblement les bouchers de Téhéran, descendants spirituels de l’ayatollah Khomeini, auquel les communistes iraniens avaient prêté allégeance en 1979. Mal leur en avait pris ; au cours de l’été 1988, le dirigeant de la République islamique d’Iran avait fait exécuter des milliers de prisonniers politiques membres de l’OMPI, l’organisation des moudjahidine du peuple iranien, de Komala, le parti social-démocrate kurde, de Tudeh, le parti marxiste-léniniste iranien et de son allié, le PDKI, parti démocrate kurde.

Les historiens parlent de 30 000 victimes.

30 000, c’est aussi le nombre évoqué pour les manifestants tués en 48 heures, lors de la révolte de 2026. Qu’importe cette hécatombe à l’ex-secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol, s’il peut acquérir 30 000 supporters de plus parmi les plus radicaux des antisémites espagnols. Il leur sacrifie volontiers le seul pays qui protège l’Europe de la violence des ayatollahs.

Qualifier de génocide la réplique à l’attaque du Hamas contre les civils juifs revenait à confondre une notion de droit : la guerre, qui a ses lois, avec un concept différent, le génocide, qui consiste à éradiquer un peuple au motif de ce qu’il est.

Trois exemples de génocides possèdent cette caractéristique d’intention : le génocide des chrétiens arméniens par les Turcs musulmans en 1915, le génocide industriel des Juifs dans toute l’Europe par l’Allemagne entre 1940 et 1945 et le génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda en 1994.

Une guerre fait des victimes, par définition. Mais ce n’est pas le nombre qui fait le génocide, c’est l’intention de les détruire, quels que soient leur genre, leurs opinions, leur âge, leurs actes.

À l’inverse, l’INSEE palestinienne constate que la population a crû depuis le pogrom du Hamas, qui a déclenché la guerre. M. Sanchez semble plus palestiniste que le raïs Mahmoud Abbas…

www.worldometers.info/fr/population-mondiale/etat-de-palestine-population/

Les Martiens, eux, ont constaté la volonté génocidaire des Palestiniens vis-à-vis des « juifs » et des « israéliens » qu’ils désignent par un seul mot arabe : « yahoud ». Pour hâter l’advenue du jugement dernier, le Coran et les Hadiths donnent comme consigne aux croyants-de-la-vraie-foi de tuer les Juifs (« yahoud ») jusqu’au dernier[2].

Les efforts de Pedro Sanchez ont porté leurs fruits : l’AFP iranienne, Tasmin, affiliée au Corps des gardiens de la révolution islamique, a publié des photos d’autocollants apparemment apposés sur des missiles iraniens. On peut y lire, en anglais et en farsi (que les Martiens maîtrisent parfaitement) : « Bien sûr, cette guerre est non seulement illégale, mais aussi inhumaine. Merci, Premier ministre. » Le commentaire de la citation de Sanchez est illustré par la photo du thuriféraire des mollahs, qui les vaut bien :

Cas clinique n°2 : le ministre britannique du logement, Steve Reed

Le 21 mars 2026, l’Iran a envoyé deux missiles balistiques à 4000 km de Téhéran, en plein Océan Indien, sur l’île de Diego Garcia, qui abrite une base stratégique britannico-américaine.

Londres se trouve à 4401 km de Téhéran, Paris à 4214 km. De quoi trembler dans les capitales européennes, quand on voit que les mollahs attaquent à missiles raccourcis leurs amis, leurs ennemis et les amis et les ennemis de leurs amis et de leurs ennemis.

Mais à Londres on n’a même pas peur. Pas parce qu’on a confiance en la mollahrchie, mais parce que « Rien ne prouve que l’Iran tente de frapper l’Europe ou qu’il en soit capable », dixit Steve Reed, ministre du logement de Keir Stamer. D’après lui, aucune évaluation ne vient étayer les allégations selon lesquelles le régime iranien envisage de frapper l’Europe avec des missiles balistiques, ni même qu’il en a la capacité.

La capacité ne fait aucun doute, la preuve par Diego Garcia. L’envie est difficile à évaluer avec des fous d’Allah. Les Martiens n’en reviennent pas du dirigeant droit dans ses bottes de 7 vœux pieux : « Nous ne nous sommes pas engagés dans cette guerre, nous ne nous laisserons pas entraîner dans cette guerre, mais nous prendrons les mesures défensives nécessaires pour protéger les intérêts britanniques, le peuple britannique ou nos alliés dans toute la région. »

Qui de l’autruche ou du guépard mangera l’autre ?

Les États-Unis ne partagent pas la confiance aveugle des Européens. Trump pense probablement qu’ils sont aveuglés par l’amour romantique qu’ils portent à l’Orient compliqué. Alors il est passé par Bahreïn pour tenter de soumettre au conseil de sécurité de l’ONU une motion visant à protéger la liberté de circulation dans le détroit d’Ormuz.

Pour la rendre efficace, cette Résolution devait relever du Chapitre VII, celui des actes.

Mais comme Macron n’avait pas été mis au courant des projets guerriers étatsuniens, il a mis des bâtons dans les roues à aube, même si le coût du blocus illégal du détroit d’Ormuz retombe sur le porte-monnaie des Français. Il a déjà montré à de nombreuses reprises que les fainéants Gaulois réfractaires ne font pas le poids devant son ego monumental. Avec lui, le déluge sur le détroit d’Ormuz !

Il s’est donc opposé à la super-puissance en lançant sa propre motionnette, bien plus modérée et, surtout, présentée dans le cadre du Chapitre VI, celui des blablas sans effet contraignant.

Le Monde, tribun des doigts dans l’œil qui ne voient pas la lune

Sur Mars, Le Monde et sa tendresse pour les tribunes, surtout quand elles s’en prennent à Israël, font l’objet d’un chapitre à part dans les manuels consacrés aux médias terrestre.

Habituellement les tribunes sont signées par des centaines d’indignés professionnels.

Si fois-ci, il ne s’en est trouvé que dix, leur qualité compense leur (absence de) quantité : ce sont « dix chercheurs et intellectuels d’origines iranienne et israélienne ». Or pour taper sur l’État des Juifs, les Martiens ont calculé qu’un juif d’opposition, ou mieux, un « antisioniste » quand on en trouve, vaut cent chrétiens.

Du haut de leur origine, ces intellectuels sont légitimes à décider que le conflit entre l’Iran et USA/Israël n’est lié qu’à des « intérêts stratégiques, ambitions impérialistes et profits liés aux ressources énergétiques et à l’industrie de l’armement », bien loin de la sécurité d’Israël et de la liberté des Iraniens.

Les gogos comme Vouzémoi et même, « Dans un premier temps, une partie des sociétés concernées – en Israël comme en Iran – a pu en effet accueillir favorablement l’offensive en y voyant le moyen d’atteindre la paix et la liberté. »

Mais si l’on veut avoir sa tribune dans Le Monde, il ne faut pas être dupe des Juifs quand ils sont honorables ni des Américains quand ils font quoique ce soit.

« La doctrine « America first » de Donald Trump et la politique internationale qu’il a mise en œuvre dès le début de son mandat révèlent une orientation impérialiste. » Quant à son homologue bleu et blanc, « la politique conduite par le premier ministre Benyamin Nétanyahou s’inscrit dans une logique de militarisation croissante des rapports d’Israël avec les peuples de la région. Elle s’accompagne de la poursuite de l’occupation et de la domination exercée sur les Palestiniens, ainsi que de la destruction massive de Gaza. »

L’occupation a cessé en juillet 2005. Les Martiens s’ébaubissent qu’elle continue, en 2026, à servir d’alibi à la haine d’Israël et d’excuses aux islamistes qui incendient des synagogues.

En réalité, expliquent les spécialistes de leurs origines, « loin d’être un rempart contre le fanatisme, cette guerre doit être considérée comme le produit de plusieurs projets messianiques (identifiés comme tels par les signataires. NDLR), qui ne promettent qu’une catastrophe pour l’ensemble du Moyen-Orient. »

Réponse de la bergère aux bergers

Fahimeh Robiolle, ingénieure nucléaire franco-iranienne, chevalier de la Légion d’honneur et porte-parole des femmes afghanes et iraniennes contre l’obscurantisme, a répondu aux tribuns mondiaux. Pas dans le quotidien sinistre et vespéral, où elle n’a pas son rond de serviette, mais sur i24 News.

« C’est trop facile de partir de leur canapé pour donner des leçons » remarque-t-elle, avant d’expliquer les violences internes du régime iranien, les dizaines de milliers de victimes et les exécutions massives, que certains cercles intellectuels occidentaux passent par profits de confort et pertes de conscience.

Tout comme ils veulent ignorer que les Israéliens vivent sous la menace constante des tirs, tandis que les Iraniens, eux, n’ont même pas accès à des abris.

Si quelqu’un tire les marrons du feu, estime-t-elle, ce ne sont pas les usual suspects, Trump et Netanyahou, mais la Russie, notamment à travers la hausse des prix du pétrole.

De fait, la Russie et l’Iran ont signé un « accord de partenariat stratégique global » en janvier 2025 et, ces jours-ci, des responsables américains, mais aussi un ancien officier des services de renseignement russes, affirment que la Russie partage avec l’Iran des informations sur les positions des forces militaires américaines au Moyen-Orient, qui pourraient aider Téhéran à orienter ses attaques de missiles dans la région.

Les autruches occidentales veulent convaincre leurs publics que le danger iranien n’est qu’un ressenti alimenté par une extrême-droite toute puissante.

Attention, cependant, préviennent les observateurs martiens : si les autruches enfoncent leur tête trop loin dans le sable, elles risquent d’apercevoir les villes souterraines iraniennes. Là, la dissonance quitterait le cognitif pour entrer dans l’explosif. Boum !

© Liliane Messika

Source: https://www.dreuz.com/2026/03/quand-liran-montre-sa-bombe-lidiot-hue-israel-et-mars-rigole-326519.html


Notes

[1] Scotomiser : rejeter inconsciemment une réalité pénible hors du champ de la conscience.

[2] Voir la charte du Hamas, chapitre VI, art.7 : « L’Heure ne viendra pas avant que les musulmans n’aient combattu les Juifs (c-à-d que les musulmans les aient tués), avant que les Juifs ne se fussent cachés derrière les pierres et les arbres et que les pierres et les arbres eussent dit : « Musulman, serviteur d’Allah ! Un Juif est caché derrière moi, viens et tue-le ! (Hadith rapporté par al-Bukhari et par Muslim). »

www.senat.fr/rap/r08-630/r08-630-annexe2.pdf

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