Le moment et la faute. Les mots hors-sol de Delphine Horvilleur. Par Sarah Cattan

À l’approche de Pessah, alors que des familles entières vivent depuis bientôt un mois au rythme des sirènes, que des enfants apprennent trop tôt le son des alertes et le chemin des abris, que des soldats tombent, une parole s’est élevée. Elle s’est élevée. Non pas pour tenir, non pas pour soutenir, mais pour juger. À distance. À contretemps.

La signature de Delphine Horvilleur au bas de la lettre adressée à Isaac Herzog relève d’une faute de position.

Nous ne débattrons pas ici du fond ni ne discuterons du droit à la critique, lequel existe, vital. Mais nous redirons la hiérarchie des urgences, la décence du moment, la responsabilité de prendre publiquement position.

Quand un peuple est frappé, traqué, épuisé, tel l’est celui d’Israël depuis le 7 octobre, la parole qui choisit ce moment précis pour oser venir donner des leçons depuis la sécurité d’un autre pays ne se hisse pas à la hauteur de la critique : elle s’en exclut. S’en excluant, la voilà devenue autre chose. Une forme de surplomb moral ignorant le réel qu’elle prétend éclairer.

Plus qu’une question d’opinion, nous fustigeons ici une question de tenue. Mot qui d’évidence n’appartient pas au logiciel de Madame Horvilleur.

Cette dernière, en miroir à certaines postures contemporaines, cède irrésistiblement à une tentation persistante : celle de parler « au nom de », sans en assumer le prix. Celle encore de s’ériger en conscience, sans partager l’épreuve. De convoquer l’éthique, tout en s’épargnant le tragique.

Nous redirons donc à Delphine Horvilleur qu’on ne parle pas de guerre depuis un salon, qu’on ne parle pas de survie comme d’un concept, qu’on ne convoque pas la morale alors même que d’autres paient, chaque jour, le prix du réel.

Ce décalage, Madame Horvilleur, a un nom. Ce n’est pas du courage.

Ce qui choque ici, au-delà de la critique, c’est l’indécence du moment choisi. L’absence de retenue. C’est l’assurance tranquille de celle qui sait toujours — depuis loin — ce qu’il faudrait faire, dire, être.

Madame Horvilleur a dû savoir un jour -et peut-être même lui est-il en des temps lointains arrivé de l’enseigner en sa qualité de rabbin-, que le silence est parfois une forme supérieure de responsabilité. Que tout ne se dit pas toujours.

Ce n’est pas du courage dont fait montre aujourd’hui notre rabbin, disais-je.

Il faut appeler les choses par leur nom.
Ce nom existe encore : la honte.

© Sarah Cattan

Suivez-nous et partagez

RSS
Twitter
Visit Us
Follow Me

5 Comments

  1. Et toujours les mots “Cisjordanie”, “colons”, l’une des pires façons de délégitimer le droit du peuple juif à vivre sur cette terre, juive depuis des milliers d’années.

    Et le Mandat pour la Palestine de 1922 fait droit aujourd’hui. La Judée et Samarie fait partie intégrante d’Israël.

    Je n’ai pas connaissance d’une telle lettre adressée aux autorité arabes palestiniennes pour leur demander d’arrêter la violence antijuive en Judée et Samarie*, et d’arrêter d’endoctriner les petits arabes (l’une de pires maltraitance infantile qui puisse être.), ou contre les arrestations arbitraires et torture sous l’Autorité palestinienne et le Hamas.

    Tout ça c’est du blablabla politiquement correct pour faire joli, mais en fait c’est du mal qui se cache derrière une jolie vitrine. Un mélange d’émotion morale, de solidarité apparente et de manipulation politique, et via les termes « Cisjordanie » et « colons », une diabolisation des juifs vivant en Judée et Samarie.

    *Violence antijuive en Judée et Samarie : attaques, idéologie, enseignement, et réalité vécue / https://www.tribunejuive.info/2025/11/26/violence-antijuive-en-judee-et-samarie-attaques-ideologie-enseignement-et-realite-vecue-par-nicolas-carras/ 

  2. Non les agissements criminels des « enfants des collines » datent de bien longtemps avant la guerre, pas depuis, et il s’agit bien d’agissement criminels quand on tue, on brûle, on brutalise…et cela sans aucune réaction du gouvernement et même des incitations et le soutien actif notamment de Ben Gvir et Smotrich, et ne jouer la confusion avec les actes terroristes de palestiniens qu’il faut combattre bien entendu. se comporter comme ces terroristes est indigne et honteux. vous parlez d’unité à tout prix, alors condamnez les tentatives du gouvernement de persister à faire passer, en tant de guerre, des textes dont la moitié des Israéliens ne veulent pas et qui fracturent encore plus la société israélienne. Se réfugier derrière la guerres pour faire oublier ces agissements n’aident en rien à l’unité du peuple juif que vous prétendez prôner.

  3. comment ose t elle publier un tel article
    c est pessah une fête sainte
    et elle vient
    elle a oublié qu israël est en guerre
    que depuis le 7 octobre tout a changé
    elle a besoin de publicité
    une honte

  4. « s’ériger en conscience, sans partager l’épreuve, convoquer l’éthique, tout en s’épargnant le tragique » et le faire publiquement n’est pas le fait d’une bonne personne mais celui d’une personne vaniteuse et sans coeur.
    Elle n’a rien compris à son rôle de rabbin.

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*