Il serait trop simple — et trop confortable — de faire de ces résultats une énième défaite de la droite française. Trop simple, donc faux. Car ce qui se joue aujourd’hui est plus profond : une crise collective de lucidité, où la responsabilité est partagée entre une droite qui n’ose pas, et un écosystème médiatique et intellectuel qui empêche de voir.
La droite, ou l’art de rater le moment
Commençons par elle, car elle porte sa part d’échec. Depuis des années, la droite française hésite, contourne, temporise. Elle parle, mais tranche rarement. Elle nomme, mais n’assume pas les conséquences de ce qu’elle nomme.
Dans un moment politique tendu, on attend une hiérarchie claire des priorités. On attend une capacité à dire : voilà ce qui est central, voilà ce qui est secondaire. Or que voit-on ? Des discours justes… mais décalés. Des sujets importants… mais mal situés. Une parole qui semble ignorer la gravité du moment.
Ce n’est pas une faute morale, mais une faute stratégique. Et qui se paie comptant.
Mais le problème dépasse la droite
Car à force de focaliser le débat public sur les insuffisances de la droite, on en oublie une autre réalité : le cadre même dans lequel ce débat se déploie est biaisé. Depuis des années, une partie des médias et du monde intellectuel fonctionne sous une obsession structurante : empêcher le retour de « l’extrême droite ». Cette vigilance est devenue un réflexe pavlovien, un logiciel. Résultat : tout est analysé à travers ce prisme.
Le grand déséquilibre
Ce biais produit un effet politique majeur : un déséquilibre dans la perception des dangers. D’un côté, une hyper-sensibilité à tout ce qui pourrait ressembler, de près ou de loin, à une radicalité de droite. De l’autre, une étonnante tolérance — ou au minimum une sous-évaluation — de certaines radicalités issues de la gauche.
C’est un angle mort. Un angle mort qui devient aujourd’hui un problème politique central.
Depuis le 7 octobre : un basculement silencieux
Pour beaucoup — notamment dans l’électorat juif — le 7 octobre a agi comme un révélateur brutal, pas seulement des fractures géopolitiques, mais des fractures morales et intellectuelles à l’intérieur même du débat public français. Ce que d’aucuns ont vu ce jour-là — ou dans les jours qui ont suivi —, ce n’est pas seulement une tragédie lointaine, c’est une incapacité à nommer clairement le mal. Une gêne. Une relativisation. Parfois pire. Et cela a laissé une trace durable.
Nous voilà face à une double défaillance :
Une droite qui n’assume pas suffisamment ce qu’elle perçoit. Un écosystème médiatique qui ne perçoit pas — ou refuse de percevoir — ce qui dérange son cadre d’analyse. Et, entre les deux, un électorat qui regarde, comprend ou ne comprend pas, et s’éloigne.
Paris comme symptôme
Paris n’est pas une exception: c’est un symptôme, un lieu où les contradictions apparaissent plus vite, plus nettement, où le décalage entre discours et réalité devient visible à l’œil nu, et où l’on voit se dessiner ce qui pourrait advenir à l’échelle nationale si rien ne change.
2027 : une question ouverte
À ce stade, la question n’est plus simplement électorale., mais est presque anthropologique : une société peut-elle continuer à fonctionner durablement en refusant de voir une partie de sa propre réalité ?
Pour la droite, l’enjeu est clair : sortir de l’hésitation, assumer une ligne, accepter le conflit démocratique.
Pour les médias et les intellectuels, l’enjeu l’est tout autant : accepter de réinterroger leurs propres angles morts.
Conclusion : retrouver le sens du réel
Le réel ne disparaît pas parce qu’on refuse de le nommer. Il va, s’accumulant, et, tôt ou tard, s’imposant.
Ce que disent ces résultats, ce n’est pas seulement l’échec d’un camp: c’est l’épuisement d’un système de lecture. Tant que ce système ne sera pas corrigé, les erreurs se répéteront.
Avec, à chaque fois, la même question, lancinante : comment avons-nous pu ne pas voir ?
© Sarah Cattan

Il y aura toujours assez d’imbéciles pour soutenir ce qui les asservit tout en leur prenant du pognon.
La France est entre les mains d’une bureaucratie jacobine, c’est cette bureaucratie jacobine qu’il faut renverser.
Tu crois encore Sarah qu’une droite étatiste, socialo-étatiste, droite progressiste, va changer quoi que ce soit au destin de la France, alors qu’elle a grandement participé à son appauvrissement, à la corruption et à l’antisionisme et montée de l’antisémitisme dans ce pays ?
Macron n’est que la continuité de l’étatisme franco-français, du jacobinisme.
Que les gens en France reprennent leur destin en main et qu’ils fassent la grève des impôts, qu’ils aillent bloquer Bercy, l’état dans l’état.
Les peuples ont des responsabilités, le peuple français finance ce qui détruit son pays.
Il y a des combats à mener, s’ils ne sont pas menés aucune bataille ne pourra être gagnée.
Et le premier combat à mener est de reprendre le contrôle de leur argent.
La droite étatiste a laissé la culture à la gauche culturelle, fiancé par le français, donc a grandement participé à l’antisionisme et a la montée du communisme, marxisme culturel dans ce pays.
Macron ne fait que s’inscrire dans une continuité, le Français finance, il est donc complice.
Comment la France en est elle arrivée là. Peut-être parce que la gauche d’avant LFI n’a pas tenu ses promesses et la droite non plus ;c’est comme cela que nous avons vu à Roubaix des drapeaux algériens et palestiniens brandis par la gauche extrême.
« Comment la France en est elle arrivée là »
Parce que le Français a financé. Le Français depuis des décennies finance la destruction de son pays.
Il est donc responsable.
Ensuite, « on » pourra dire : c’est de la faute à la gauche, à la droite, à je ne sais qui.
C’est juste de la faute des Français qui quoi qu’il arrive, continuent de financer ce qui détruit leur pays et qui apprennent à ses enfants à faire la même chose.
Le psychodrame de la droite (qui couvait sans doute depuis des années) est advenu le soir de la primaire de 2016, quand Fillon l’emporte sur Juppé. Dès le lendemain, des cadres quasi-inconnus de la droite juppéiste ont fait le tour des plateaux télé pour démolir Fillon (qui avait aussi des torts : la punchline sur Sarkozy « verrait on le Général de Gaulle…, les « costards » (qui ont eu un traitement moins favorables que les 500000 euros de costards de Jack Lang).
En fait, la pensée de gauche qui a prévalu, en 2016, à la constitution d’une primaire de la droite (un piège à *ons) imprègne toujours la droite juppéiste qui a finalement rallié Emmanuel Macron. Rachida Dati qui était LR sarkozyste et qui avait eu un grand moment de lucidité en déclarant que le macronisme était « une alliance de traitres de gauche et de traitres de droite » aura finalement été à la gamelle pour avoir l’investiture présidentielle pour Paris. A l’arrivée, sur la liste de Rachida Dati, on trouve Marlène Schiappa et Clément Beaune, fidèle de Macron, co-listier de Bournazel, vote Emmanuel Grégoire, et Dati qui a préféré rassembler au centre, perd finalement.
De mon point de vue, la droite perd quand elle n’est pas assez de droite ou ne s’unit pas. Fondamentalement, les Français veulent vivre dignement de leur travail et en sécurité dans un pays qui ne se renie pas. Ni la gauche, ni le macronisme, ni la droite juppéiste (Macron-compatible) n’ont satisfait cette aspiration légitime des Français, qui pourrait trouver chez Reconquête, par exemple, l’incarnation d’une droite à la fois conservatrice du point de vue sociétal et gaulliste libéral d’un point de vue économique. Sauf que dans les urnes, malheureusement, çà ne marche pas, sociologie et cordon « sanitaire » obligent.
Le psychodrame de la droite la plus bête du monde n’est donc pas terminé et si LR ne se reprend pas en coupant ses liens avec le macronisme qui le siphonne et qui le détruit (tous ceux qui sont compatibles avec le macronisme ou le communisme (E. Phillip, de Villepin) sont de toute façon perdus pour LR) pour répondre aux aspirations d’une droite populaire qui ne se sent pas, peu ou mal représentée. A défaut de répondre à cette aspiration, LR disparaîtra.
Bonjour Jean-Marc Lévy, vous avez écrit « gaulliste libéral »
Je ne sais pas où avez-vous vu du gaullisme libéral… C’est le contraire opposé. De Gaulle qui voyait d’un très mauvais œil le libéralisme, était un étatiste interventionniste, d’une droite jacobine, ayant mis en place le ministère au plan (donc continuant dans la planisme mis en place avant lui et voulu par les néo-socialistes, voir le planisme d’Henri De Man, et appliqué sous Pétain. Le groupe X-Crise (réunion de technocrates, économistes et ingénieurs issus de l’École polytechnique, des Ponts et Chaussées, et de l’INSEE) joue également un rôle central et a directement inspiré Vichy avec les idées de ce planisme. L’économie doit être organisée, hiérarchisée, encadrée par l’État pour surmonter la crise et éviter le chaos du marché.)
Le ministère du Plan sous de Gaulle n’invente rien, s’inscrivant dans une continuité historique.
Sous de Gaulle, la part de l’État n’est pas encore majoritaire, mais elle est déjà engagée dans une dynamique d’expansion.
La part des prélèvements publics dans la richesse nationale est nettement plus faible qu’aujourd’hui, mais elle augmente progressivement.
On part d’environ 30 % du PIB à la fin des années 50 pour monter vers 35–38 % à la fin des années 60.
Donc, nous ne sommes clairement pas dans un régime libéral, mais étatiste, et cette hausse n’a rien d’accidentel.
Pour faire simple, ce qui paraît encore limité à l’époque contient déjà le principe de son dépassement, c’est a dire que ce qui est mis en place sous De Gaulle ne peut que continuer à augmenter…
« contient déjà le principe de son dépassement » …
De Gaulle est un socialo étatiste de droite… Pas un libéral conservateur. Donc opposé au libéralisme (qui je le rappelle n’est pas économique mais institutionnel, visant à empêcher l’État d’accumuler des leviers qu’il pourrait utiliser contre la liberté des citoyens).
A++
Non je me suis trompé ; je voulais dire gaulliste social tendance Philippe Seguin.
L avachissement de la France a debuté en 1981 avec les delires d une gauche incompetente en matiere d economie , les differents goucernements de droite n ont strictement rien fait pour stopper ces inepties .
La politique antisioniste virulente a debutė en 1967 avec la trahison gaullienne .
La droite française , poussée par un patronat avide de travailleurs dociles a ouvert les vannes du bouleversement demographique actuel des 1974 . Le parti communiste et le mouvement ouvrier français y etait. Farouchement opposé .
Ou sont les partis ( et les hommes) raisonnables et assez courageux pour remettre le bateau a flot ? Nulle part
bien sur .
Chez nous on a coutume de conclure ainsi » la messe est dite » 😉
« L avachissement de la France a debuté en 1981 avec les delires d une gauche incompetente »
Non, ça a commencé bien avant.
La dégradation économique française démarre avant, dès les années 1970.
La pression sur l’industrie et les entreprises augmente progressivement avec la fiscalité, les rigidités, le poids administratif.
Ce n’est pas une rupture brutale, c’est une dérive qui commence avant 1981.
Le déclin ne commence absolument pas en 1981, ça, c’est le mythe qui est né plus tard pour charger la gauche, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’a pas sa part de responsabilité.
Allez voir sous d’Estaing… C’est n’importe quoi.
Le déclin ne commence pas en 1981.
Il commence dans les années 70.
L’industrie perd du terrain, les charges montent, l’État grossit, le système se rigidifie.
1981 n’invente rien, il amplifie.
La gauche accélère un mouvement déjà engagé. Le problème est plus ancien avec un pays qui charge de plus en plus son appareil productif, jusqu’à l’étouffer.
Quand la charge devient trop lourde (fiscalité, cotisations, normes, contraintes), l’entreprise industrielle ne retrouve plus son capital. Ce qu’elle produit ne lui permet plus de reconstituer ses marges, d’investir, d’innover, ni même parfois de simplement se maintenir.
Sous Charles de Gaulle (et lire mon commentaire plus haut) on met en place un système étatiste cohérent (qu’on l’aime ou pas) avec un État stratège, planification, grands corps, secteurs clés encadrés, poids public important.
Ce n’est pas juste une politique, c’est une architecture.
Et une fois installée, cette architecture crée ses propres réflexes, ses intérêts, ses dépendances.
Arrivé aux années 70, au moment où la croissance ralentit, on n’as pas un système souple prêt à se libéraliser…
On a une administration puissante, des secteurs dépendants de l’État, des entreprises habituées à être orientées, un cadre réglementaire dense.
Changer ça suppose une rupture politique et culturelle forte, pas un simple ajustement.
Le fait est que ni Georges Pompidou ni Valéry Giscard d’Estaing ne vont réellement casser cette logique.
Ils adaptent à la marge, mais ne démantèlent pas le système.
Le système gaullien étatiste verrouille en partie la suite.
Une fois que l’État organise tout, oriente tout, structure tout, on ne passe pas facilement à une économie libre.
Dans les années 70, quand il aurait fallu libérer, le pays est déjà pris dans ses propres structures.
Ce n’est pas impossible, mais ça demande une rupture que personne ne fait.
Ça demande une libéralisation.
Mais … :
Georges Pompidou, Le nœud gordien, 1974 : « Dans le domaine économique, notre administration est la fille du gouvernement de Vichy. … La rage du contrôle était née de la pénurie des années 1940-1944. S’y ajoutait, à l’époque, la méfiance maurrassienne contre l’économie libérale. Or, parallèlement, la Résistance sous sa forme administrative et politique se pénétrait de la même méfiance en partant d’une idéologie différente mais de réactions analogues. Depuis la fin de la guerre, des générations de fonctionnaires ont été formées dans l’esprit que l’intérêt général se confond non pas seulement avec la primauté de l’État mais avec l’interventionnisme étatique et la défiance à l’égard de l’entreprise privée. »
A++
c’est curieux, je lis tous ces articles, je comprends bien que la droite « est trop molle », « ne choisit pas », « est vieillissante dans ses analyses » …. mais PERSONNE ne dit la seule vérité: si la droite veut continuer à exister, elle DOIT passer un accord programmatique avec le RN et ses 40% d’électeurs, autrement elle est vouée à disparaître! mutadis mutandis la droite est avec le RN dans le même rapport de force politique que l’était la social-démocratie lorsqu’elle a signé le programme commun. Heureusement pour elle qu’elle l’a fait!!!!