Autodafé, Opernplatz à Berlin, le 10 mai 1933.
En 1933, Freud assista à l’autodafé des livres d’auteurs catégorisés comme « dégénérés » –essentiellement des Juifs – et de tous les ouvrages qui ne correspondaient pas aux critères de l’aryanisation et de l’idéologie national-socialiste.
Parmi ces livres, bien sûr, figuraient ses propres ouvrages de psychanalyse et on trouvait aussi, entre des milliers d’autres, ceux du poète Heine, ceux du philosophe de la phénoménologie Husserl, ou ceux d’écrivains comme Schnitzler ou Zweig.
On dit que Freud s’exclama alors avec un certain cynisme : « Voilà déjà un progrès dans la civilisation ! Au Moyen-Âge, on aurait brûlé non seulement des livres, mais des gens accusés d’être des sorciers, des possédés, des suppôts du diable ». Freud ignorait alors que, quelques années seulement après le début des persécutions des juifs et des opposants aux nazisme, la moitié de ceux qui composaient son peuple,et parmi eux, ses chères sœurs, seraient déportés, assassinés, exterminés, réduits en cendres.
Nous avons, aujourd’hui, affaire à une nébuleuse « fascifiste », pour reprendre les mots d’Orwell. Cette nébuleuse – qui malheureusement porte de moins en moins bien son nom –regroupe des antifa-fascistes : on retrouve là le processus classique de l’inversion, typique de la pratique des staliniens, des nazis et des islamistes. C’est cette même pratique que s’approprient désormais, selon un strict mimétisme, tous leurs complices : universalistes indifférenciants, antiracistes racialistes et racistes, néo-féministes maccarthystes et antisémites, décoloniaux à géométrie variable… En somme, tous ceux qui brandissent le négationnisme et le révisionnisme dès que surgit une opinion susceptible d’entamer leur conception du monde et de l’Histoire, de contrer leur idéologie totalisante et totalitaire, de déstabiliser leur « genre ».
Le palestinisme aujourd’hui transforme la revendication victimaire en droit international ; il organise systématiquement un lynchage intellectuel, moral, physique ; il va jusqu’à faire d’un massacre génocidaire de femmes, d’enfants, de personnes âgées, de la mise en acte barbare d’une jouissance déshumanisante – d’une rupture anthropologique – l’acte d’une résistance héroïque menée au nom d’une – de La – nouvelle religion universelle. Ce même palestinisme vampirise les champs institutionnels, médiatiques, universitaires, judiciaires, et il a son parti, LFI, à l’Assemblée nationale – une meute terrorisante et terroriste qui piste, traque, déshumanise, cible, exclut tout déviant, toute critique.
L’attaque massive, terrifiante, dont ont fait l’objet la maison d’édition et la personne de David Reinharc

Nombre d’intellectuels, de journalistes, d’universitaires, d’auteurs, d’historiens, sont ainsi l’objet de campagnes hostiles visant à les discréditer et à les délégitimer : ils sont accusés d’être des sympathisants de l’extrême-droite, vilipendés comme racistes, dénoncés comme islamophobes. L’attaque massive, terrifiante, dont ont fait l’objet la maison d’édition et la personne de David Reinharc en offre un exemple paradigmatique : pour cette bande d’adversaires très organisés, il s’agit d’annihiler tout libre-arbitre, tout esprit critique, tout débat d’idées, tout pluralisme et toute altérité. Il s’agit, en somme, d’en finir avec une société républicaine et démocratique fondée sur le respect de la loi commune.
Au fondement des Éditions David Reinharc, il y a la volonté de favoriser la connaissance des généalogies de pensées, le croisement des regards et la rencontre des réflexions les plus diverses sur des questions humaines, sociétales et civilisationnelles. Il y a le désir de discerner les signes susceptibles d’éclairer ces questions en mettant en œuvre des démarches pluridisciplinaires et en faisant appel à des personnalités et des penseurs reconnus. Ainsi se construit, au fil des essais, des romans et des collectifs, un travail exemplaire : celui qui vise à établir, à décliner et à actualiser sans cesse une clinique du contemporain – non pas à établir un dogme ; mais à avancer et à analyser des propositions destinées à être pesées, méditées, discutées.
Utiliser la publication par la maison d’édition, il y a plus de quinze ans, d’ouvrages de Renaud Camus comme prétexte pour disqualifier ce travail exceptionnel, fourni par un éditeur impliqué dans les questions de notre temps, c’est évidemment d’une malhonnêteté indigne : il fallait au contraire du courage, à l’époque, et un sens aigu de l’éthique, pour soumettre à la discussion publique des notions qui étaient déjà omniprésentes dans la psyché collective, et qui à ce titre méritaient d’être arrachées à l’idéologie pour pouvoir faire au contraire l’objet d’un débat sérieux, étayé sur des échanges apaisés, et confrontant des points de vue pluriels.



Cet épouvantail n’est ici brandi que pour tenter de disqualifier par contrecoup des publications remarquables, parmi lesquelles on peut citer un livre consacré à l’affaire Sarah Halimi, un collectif Pour Boualem Sansal, un manifeste « contre l’effacement » du 7 octobre 2023 – et aujourd’hui une mise au point sur ce que représente la machine partisane LFI (LFI. Anatomie d’une perversion, sous la direction de P-A. Taguieff). Voilà qui justifierait, aux yeux de ses détracteurs, de traiter David Reinharc de nazi, de sioniste génocidaire, d’islamophobe… Voilà qui autoriserait à le menacer et à le constituer en cible sur les réseaux sociaux.
En tant que directeur de la collection Makom et en tant qu’auteur, je veux dire ici ma joie et ma fierté de participer, parmi tant d’autres esprits critiques et libres, à la démarche rigoureuse, réflexive, inspirante, de la maison d’édition de David Reinharc. Elle n’a pas seulement fait la preuve de sa respectabilité ; elle a conquis l’estime de tous en devenant l’image même, rare et précieuse dans le monde d’aujourd’hui, d’une liberté responsable.
© Michel Gad Wolkowicz
Depuis la sortie de l’ouvrage collectif LFI. Anatomie d’une perversion, la meute insoumise, ne pouvant pas encore nous envoyer au goulag, nous harcèle en nous accusant de « faire le jeu » du RN.
— DAVID REINHARC ÉDITIONS (@davidreinharced) March 11, 2026
Pierre-André Taguieff répond : https://t.co/s8Utw3R8vH

Michel Gad Wolkowicz est psychanalyste (APF) ; professeur psychopathologie, Ass/ Visiting Professor (Universités de Paris Sud, Tel Aviv, Glasgow, Institut Élie Wiesel) ; président de : l’Association Internationale Schibboleth – Actualité de Freud & The Interdisciplinary Institute Schibboleth – Presence of Freud מכון אינטר-דיסציפלינרי שיבולת , נוכחותו של פרויד.
Auteur, entre autres, de : « La transmission en question(s) » (dir. Michel Gad Wolkowicz, In Press, 2018). « L’Affaire Sarah Halimi ou l’éradication du sujet » (dir. Michel Gad Wolkowicz, 2022, Éditions David Reinharc). « L’identité en question(s) » (dir. Michel Gad Wolkowicz, In Press, 2022). « Images de divans. 16 psychanalystes nous ouvrent leurs portes » (dir. Michel Gad Wolkowicz, photographies de Shlomo Israël, Hermann, 2023). « Alain Kleinmann. Une œuvre, de la mémoire à la transmission » (dir. Michel Gad Wolkowicz, Hermann, 2023). « Figures du mal » (dir. Michel Gad Wolkowicz, In Press, 2024). « Pour Boualem Sansal » (avec Pascal Bruckner, David Reinharc, 2025)

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