« Ses écrits conservés 60 ans dans une boîte à chaussures », ce fils de déporté témoigne devant des collégiens de Dordogne

Roger Fajnzylberg, fils du déporté à Auschwitz Alter Fajnzylberg © Radio France – Renaud Candelier

Son père ne lui avait jamais raconté ses années de déporté à Auschwitz-Birkenau. Roger Fajnzylberg a découvert ses écrits après sa mort, dans une boite à chaussure. Il témoigne ce jeudi 12 mars à Périgueux. Conférence organisée par des collégiens et lycéens.

Des souvenirs de famille peuvent être si lourds qu’on ne les ouvre pas pendant des années. Ceux du père de Roger Fajnzylberg appartiennent à l’histoire. Il a été déporté pendant la Seconde Guerre mondiale. Pendant longtemps, ses écrits ont été enfermés, cachés dans une boite à chaussures. Aujourd’hui, Roger Fajnzylberg va les raconter devant des collégiens et des lycéens. Il donne deux conférences à Périgueux ce jeudi 12 mars. Il raconte sur l’antenne d’ICI Périgord.

Son père, Alter Fajnzylberg a été déporté à Auschwitz-Birkenau. Mais il n’a jamais raconté à son fils. « Comme souvent, les parents déportés ont essayé de préserver leurs enfants, en ne leur racontant pas directement ce qu’ils avaient souffert, ce qu’ils avaient vécu, pour ne pas nous perturber, pour nous permettre de nous épanouir le plus normalement possible. Effectivement, mon père ne m’a pas raconté, mais je l’entendais en parler à ses copains, à ses amis, aux membres de la famille, et surtout, il a écrit son témoignage, son souvenir, dès la fin de la guerre, qu’il m’a laissé en héritage parce que ses cahiers ont été conservés dans une boîte à chaussures. »

Des écrits qu’il a mis près de 60 ans à ouvrir
Pendant plusieurs années, Roger Fajnzylberg vit avec cette boite sans l’ouvrir, jusqu’en 2005, « bien après sa mort et bien après la mort de ma maman. J’aurais peut-être dû l’ouvrir avant, mais je n’osais pas le faire. Cette boîte est restée fermée, elle était devant moi pendant des années et des années. Je ne me suis pas senti le droit de l’ouvrir. »

« J’ai eu peur de ce que j’apprendrais, j’ai eu peur des horreurs dont je prendrai connaissance au-delà de ce que j’avais compris ou de ce que j’avais entendu de leur conversation et effectivement cette boîte est restée fermée. Il aurait été mieux qu’on en parle directement. Mais il est décédé et il me revenait de me décider à le faire. »

Il ne voulait pas rendre ces écrits publics, avant d’en comprendre la dimension
Il l’a donc ouverte en 2025. « Au départ, mon intention n’était pas de le rendre public, c’était d’en prendre connaissance et surtout de transmettre à mes enfants et à mes descendants pour qu’ils sachent qui était leur ancêtre. Mais on s’est rendu compte, avec Alban Perrin, l’historien qui m’a aidé dans cette mission, l’importance de ce que mon père racontait. On s’est dit qu’il ne fallait pas le garder pour nous, mais qu’il fallait permettre à toutes et tous d’en prendre connaissance et de comprendre et de savoir exactement ce qui s’était passé. »

« Il faut quand même signaler que mon père a été déporté par le premier convoi parti de France vers Auschwitz le 27 mars 1942. Convoi de 1.120 hommes dont seulement trente reviennent vivants en 1945. Que mon père a aussi été affecté pendant dix-huit mois aux Sonderkommando et cela normalement on n’en revenait pas. »

Aujourd’hui c’est important pour lui de transmettre ces souvenirs. Il est « formidablement bien reçu, par les établissements dans lesquels il vient témoigner. Je rencontre beaucoup de jeunes, collégiens, lycéens. Leur écoute est particulièrement attentive, ils sont intéressés, le fait d’avoir un témoin, je crois que ça les captive et puis ça nous permet des débats tout à fait passionnants parce qu’ils ont beaucoup de questions, ils veulent savoir et je trouve que c’est formidable. »

Roger Fajnzylberg va raconter l’histoire de son père ce jeudi 12 mars à 14h lors d’une conférence organisée par les collégiens de Michel de Montaigne, en lice pour le concours national de la résistance, à la médiathèque Pierre Fanlac à Périgueux. Il sera ensuite à 17h à la librairie « Des livres et nous », pour une rencontre organisée par des collégiens de 3ᵉ.

Source: Ici Périgord

https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-de-ici-perigord/ses-ecrits-conserves-60-ans-dans-une-boite-a-chaussures-ce-fils-de-deporte-temoigne-devant-des-collegiens-de-dordogne-5842287

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