Israël a perdu le contrôle de Gaza, et c’est gravissime pour sa sécurité. Par Frédéric Sroussi

Le diktat de Donald Trump concernant l’arrêt des combats à Gaza en échange de la libération de nos otages nous avait déjà fait dire ici, dès cette décision prise, que le locataire de la Maison Blanche – avec l’accord tacite de Benyamin Netanyahou – avait pavé la voie d’un État « palestinien ». 

L’insistance de Donald Trump et de ses deux conseillers (et affairistes), Steve Witkoff et Jared Kushner, à imposer à l’État hébreu une présence qatarie et turque à Gaza constituait déjà une menace inacceptable.  Quant aux « technocrates palestiniens » qui s’occupent déjà des affaires courantes dans l’enclave gazaoui, ils sont quasiment tous membres du Fatah, c’est-à-dire d’un mouvement terroriste qui sait d’ailleurs parfaitement s’allier au Hamas quand son intérêt coïncide avec celui du groupe terroriste principal responsable du 7 octobre. Une réunion entre le Hamas et le Fatah au sujet de l’après-guerre à Gaza s’est même tenue en Égypte le 23 octobre 2025. Même si Israël obtient de Trump de ne pas incorporer de troupes turques et qataries dans l’enclave gazaouie, ces derniers pourront entrer comme il le voudront une fois le plan de réhabilitation de Gaza – devenue une riviera terroriste – terminée (et même avant d’ailleurs !). Nous savons déjà que le Qatar ravitaille avec l’aide des Américains les gazaouis en nourriture sur laquelle le Hamas touche des « taxes » qui se chiffrent en millions de shekels. Le Hamas s’est remis à fabriquer des roquettes et à rénover des tunnels, ce qui inquiète grandement les officiers israéliens (Yoav Zitun , The Jerusalem Post ; 29/01/26). 

Afin d’empêcher l’installation de bases militaires de pays ennemis sur le palier de l’État Israël, Jérusalem doit impérativement garder le contrôle de l’espace terrestre, aérien et maritime de Gaza (qui je le pense sous la pression des amis arabes et pro-Arabes de Donald Trump sera un jour inéluctablement baptisée « Palestine »). Seuls les gogos peuvent croire que les néo-nazis islamistes du Hamas accepteront sincèrement de désarmer. Au mieux, ils feront – comme je l’ai déjà écrit ici – semblant, soit en changeant le nom de leur groupe terroriste, soit en passant dans la clandestinité. Le Hamas cherche d’ailleurs aujourd’hui à incorporer ses hommes dans une future police « palestinienne » qui serait donc noyautée par le mouvement terroriste dès le début de sa création. N’oublions jamais aussi que les pouvoirs turcs et qataris qui seront présents d’une manière ou d’une autre à Gaza sont des émanations des Frères musulmans à l’instar du Hamas. Il faut donc bien comprendre que « Gaza-Palestine » deviendra le QG des puissances régionales dont la volonté est de détruire l’État juif. Nous allons donc aboutir à une situation apocalyptique dans laquelle Gaza – après deux ans de guerre et le sacrifice ultime de plus de 900 héroïques soldats israéliens (sans oublier les blessés) – non seulement restera une base terroriste, mais en plus deviendra un territoire où des armées de pays arabo-musulmans hostiles à Israël pourront construire des bases militaires et installer des rampes de missiles. Le seul et unique moyen d’éviter cela serait pour Israël -comme nous l’avons dit – d’obtenir le contrôle total des frontières terrestres et de l’espace aérien et maritime de Gaza. En effet, seul Israël est en mesure d’assurer la démilitarisation de Gaza.  Mais, pour cela, encore faut-il que l’État hébreu ait les mains libres, ce qui n’est plus le cas à cause de Donald Trump et de son « Conseil de la paix » dont nombre de membres sont des chefs d’État de pays ennemis de l’ État juif.

Le Président américain et ses deux conseillers spéciaux (tous deux lobbystes : du Qatar pour Witcoff et de l’Arabie Saoudite pour Kushner) se trompent lourdement (au détriment des Israéliens) s’ils pensent qu’un territoire devenu un paradis d’immobilier de luxe pourra changer la mentalité fanatique des ennemis d’Israël. Je rappelle que les chefs du Hamas qui ont préparé les massacres du 7 octobre vivaient déjà à l’époque de la planification de ce génocide dans des villas luxueuses au Qatar ou en Turquie. 

Trump et ses conseillers qui n’ont pas de boussole historique devraient lire Raymond Aron qui écrivait en 1987 : « La Révolution iranienne illustre avec éclat l’erreur de la thèse, naguère conventionnelle : le progrès économique n’est pas en tant que tel un facteur de stabilité…»   

Le 28 janvier dernier, Benyamin Netanyahou déclarait : « J’entends dire que j’autoriserai la création d’un État palestinien à Gaza. Cela ne s’est pas produit et ne se produira pas […] Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l’ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer. »

En écoutant ce discours, et malgré toute la bonne volonté du Premier ministre israélien, je me dis qu’il lui sera quasiment impossible de tenir sa promesse car Israël n’est déjà plus maître de son destin à Gaza. 

© Frédéric Sroussi 

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4 Comments

  1. la turquie et le qatar sont à la manœuvre
    israël ne peut pas mener les opérations
    que va t il se passer maintenant
    c est l impasse pour israël
    face à ces nations diaboliques
    tout peut arriver

  2. La premiere erreur fut d accepter le premier missile venant de gaza .
    Sharon avait ete prevenu dés le retrait de 2005 et avait promis d ecraser le hamas de suite …..et nous connaissons la suite ……
    Il n y a pas de gauche ou de droite dans le desastre de gaza , l y a le laxisme et les grossieres erreurs d appreciation , autant que la meconnaissance de l histoire par nos dirigeants , autant que l ignorance totale de la mentalitė arabe , et cela fait beaucoup !!!!
    Apres la defaite du hamas Israel aurait du repousser la frontiere , meme seulement d un km , juste pour valider le prix a payer par nos ennemis , pour le reste il n est pas possible de controler les decisions americaines de Jerusalem , c est un fait .

  3. Les idées de l’administration américaine et de ses amis arabes et turques pour l’avenir de Gaza font froid dans le dos. Je ne puis croire qu’il s’agit là de naïveté ou de manque d’information. Il y a clairement un plan derrière qui ne prend pas en considération la sécurité voire la survie d’Israël. Aucun gouvernement israélien quelque soit sa couleur politique, peut être d’accord avec ça.

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