Il n’y a jamais eu UNE identité française, ni UNE communauté française, mais plusieurs. La France a toujours été multicommunautaire. Il a aussi été question DES pays de France.
Ce qui a cherché à détruire les communautés, les pays, les particularismes, ce n’est pas un “accident” de la révolution jacobine, c’est son principe même. Pour les révolutionnaires, l’ennemi n’est pas d’abord le roi, l’ennemi, ce sont les provinces, les corporations, les dialectes, les coutumes locales, les Églises, les corps intermédiaires, les fidélités charnelles. Bref, tout ce qui fait écran entre l’individu et l’État. Le projet révolutionnaire réel n’est pas de libérer des communautés, mais de produire un individu abstrait, déraciné, interchangeable, directement relié à la Loi. C’est exactement ce que dit la Déclaration de 1789 : pas de peuple réel, pas de pays, pas d’histoire, seulement l’Homme et le Citoyen. La Révolution pense l’homme comme un être abstrait, universel, sans chair, sans héritage, sans lieu. Tout ce qui est enraciné, hérité, transmis, incarné, doit être dissous. C’est la naissance du constructivisme moderne. L’idée qu’on peut fabriquer une société rationnelle au nom du bien, en détruisant les sociétés réelles.
Ce qui a détruit les communautés en France, ce n’est pas le capitalisme, le libre commerce, ni l’Église, ni la technique. C’est l’universalisme abstrait issu de 1789 devenu religion politique qui ne supporte ni les racines, ni les différences réelles, seulement l’Homme en général.
Dans la logique de 1789, toute identité héritée est suspecte. Toute appartenance non volontaire est un scandale. Toute mémoire particulière est un obstacle. Toute fidélité antérieure à la Loi est une hérésie politique.
Cela a engendré un holocauste national, sans parler des guerres de l’empire, napoléoniennes. Un désastre total sur le plan humain.
La fin justifiant les moyens.
Le juif là-dedans finit par faire tache.
Le Juif n’existe jamais comme simple individu. Il existe toujours déjà comme membre d’un peuple, d’une lignée, d’une mémoire, d’un texte, d’un droit propre (la Halakha), d’un temps spécifique (le calendrier), d’une langue, d’une généalogie. Même quand il est totalement laïc, assimilé, moderne, il reste porteur d’une identité non dissoute : une identité transmise, non choisie, non-contractuelle, non-abstraite.
Le Juif n’est pas haï d’abord parce qu’il serait « différent », mais parce qu’il est inassimilable conceptuellement à l’individu abstrait. Il incarne une forme d’existence que l’universalisme ne peut pas penser : une identité non-universalisable, non- soluble, non-réductible à la citoyenneté.
Le Juif est comme une contradiction vivante.
Aussi, l’être humain est communautaire par nature. Donc l’anti-communautarisme est une forme de nihilisme. Nihilisme au sens strict : négation du réel, d’un fait anthropologique, au nom d’un concept.
L’être humain est structurellement relationnel, généalogique, symbolique, transmis. Un individu pur n’existe pas. C’est une fiction métaphysique.
La destruction des communautés ne produit pas seulement des individus « libres ». Elle produit des êtres fantômes. Pas des sujets réels, mais des formes vides d’existence.
Qu’est-ce qu’un être fantôme ?
Un être fantôme, ce n’est pas quelqu’un qui n’a plus d’identité. C’est quelqu’un qui n’a plus d’épaisseur ontologique. Il n’est plus situé dans une lignée, inscrit dans une mémoire, porté par un monde symbolique, relié à des morts, à des vivants, à des lieux. Il devient mobile, interchangeable, réversible, reconfigurable, administrable.
Le fantôme est la figure accomplie du nihilisme moderne.
Il va donc falloir inventer un roman national… Remplacement du réel par de la fiction politique.
Le roman national est une prothèse ontologique. Le roman national devient une prothèse de sens. Puisque les communautés ont été détruites, les traditions dissoutes, les mémoires fragmentées, les appartenances délégitimées, alors il faut produire artificiellement une continuité, une identité, une généalogie, une narration collective.
Mais ce n’est plus un récit qui émerge d’un peuple réel. C’est un récit fabriqué d’en haut.
Un récit administratif, pédagogique, idéologique, gestionnaire.
Et oui, le Juif là-dedans, fait tache, parce que le Juif est exactement l’anti-prothèse. Il n’a pas besoin de roman national. Il a une généalogie réelle, une mémoire longue, une continuité non interrompue, une transmission vivante, un récit qui n’est pas raconté mais vécu. Son identité n’est pas pédagogique, administrative, idéologique, reprogrammable.
Elle est ontologiquement donnée par la filiation, par le texte, par la loi, par la mémoire.
Donc il est le seul être qui n’a pas besoin de fiction politique pour exister.
Et c’est pour ça qu’il fait tache, il révèle que le roman national est une prothèse, pas une origine.
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La Révolution jacobine ne met pas simplement fin à l’Ancien Régime, elle invente en France une forme entièrement nouvelle de pouvoir, une technostructure moderne fondée sur l’administration, les comités, les commissions, les bureaux, les experts, qui gouvernent non plus à partir de communautés réelles mais au nom d’entités abstraites comme la Nation, la Loi, la Raison ; sous l’Ancien Régime l’État est en réalité administrativement faible, peu de fonctionnaires, beaucoup d’autonomies locales, provinces, parlements, villes, corps de métiers, coutumes, un pouvoir royal réel mais peu outillé techniquement, alors que la Révolution, surtout dans sa phase jacobine, détruit tout cela, supprime les provinces pour les remplacer par des départements, abolit les corps intermédiaires, uniformise le droit, centralise les décisions, multiplie les administrations et impose le schéma fondamental du citoyen abstrait relié directement à une loi abstraite par une machine administrative experte, où l’individu cesse d’être membre d’une communauté concrète pour devenir un dossier, un cas, un objet de gestion ; Napoléon ne revient absolument pas en arrière, il stabilise et perfectionne cette machine en mettant en place les préfets, le Conseil d’État, le Code civil, l’administration territoriale hiérarchisée, la carrière bureaucratique moderne, et surtout le droit administratif, c’est-à-dire un droit spécifique pour l’État, distinct du droit commun, qui fait de l’État un sujet juridique à part avec ses propres règles, ses propres tribunaux, sa propre rationalité, si bien qu’on n’est plus dans un État soumis au droit mais dans un droit produit par l’État pour se gérer lui-même ; tout ce que l’on voit aujourd’hui en France – inflation normative, suradministration, fiscalité complexe, technocratie, gouvernance par experts, citoyens réduits au statut d’usagers, de contribuables, de numéros – n’est pas une dérive récente mais l’aboutissement logique de ce modèle jacobin-napoléonien, fondé sur une centralisation extrême, une abstraction du réel social, des problèmes produits par cette abstraction, puis des réponses techniques qui génèrent encore plus de règles, encore plus de bureaucratie, encore plus de distance avec le réel, et donc encore plus d’experts pour corriger les effets du système qu’ils ont eux-mêmes produit, dans une boucle auto-entretenue ; la souveraineté populaire devient alors purement symbolique, car le peuple est dit souverain mais ne peut rien faire sans l’appareil administratif qui agit en son nom, et le pouvoir réel devient administratif, normatif, technicien, aujourd’hui algorithmique, on ne dit plus “le peuple décide” mais “les experts optimisent le système censé représenter le peuple”, on passe de la politique à la gestion, et la France est presque un cas chimiquement pur de ce modèle, héritage jacobin, perfectionnement napoléonien, renforcement sous la République, explosion sous l’État-providence, apothéose sous la technocratie européenne, là où d’autres pays ont conservé des structures de common law, de fédéralisme ou de méfiance envers l’administration centrale, la France a sacralisé l’unité, la norme, la loi, la compétence et l’État, si bien qu’aujourd’hui l’État ne gouverne plus réellement la société mais se gouverne lui-même à travers elle, et ce que l’on appelle “trop d’administratif” n’est pas un excès quantitatif mais un régime politique à part entière, un mode de gouvernement du réel par abstraction.
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- Peuples celtes (Gaulois). Des dizaines de peuples, parmi les principaux :
Arvernes, Éduens, Séquanes, Parisii, Carnutes, Rèmes, Helvètes (partiellement), Allobroges, Bituriges, Vénètes, Pictons, Santons, Belges (ensemble de peuples)
- Autres peuples antiques
Ligures (Sud-Est), Ibères (Sud-Ouest), Grecs (Marseille / Massalia), Romains (après la conquête)
- Empire romain (Gallo-romains). Population composite :
Gaulois romanisés, Colons romains, Grecs, Syriens, Juifs, Africains : naissance de la communauté gallo-romaine.
- Invasions et Haut Moyen Âge / Peuples germaniques :
Francs, Burgondes, Wisigoths, Alamans, Saxons, Bretons (venus de Grande- Bretagne), Basques (présents depuis l’Antiquité), Normands (Vikings scandinaves)
- Moyen Âge classique. Mélange stabilisé :
Francs + Gallo-romains → socle français.
Apparition des communautés médiévales : Paysans, Nobles, Clercs, Juifs médiévaux (très importants culturellement), Lombards, Italiens, Marchands flamands, Arabes et Berbères (via al-Andalus, surtout sud)
- Époque moderne (XVIe–XVIIIe). Nouvelles communautés :
Italiens (banquiers, artistes), Suisses, Flamands, Allemands, Espagnols, Juifs séfarades (après 1492), Protestants étrangers, Gitans / Roms (arrivent au XVe siècle)
- XIXe siècle (industrialisation). Immigration européenne massive :
Italiens, Belges, Polonais, Espagnols, Portugais, Arméniens, Juifs d’Europe de l’Est
- XXe siècle – XXIe siècle. Immigration extra-européenne :
Maghrébins (Algériens, Marocains, Tunisiens), Africains subsahariens, Turcs, Chinois, Vietnamiens, Cambodgiens, Laotiens, Libanais, Syriens, Antillais, Comoriens, Pakistanais, Indiens, Latino-américains
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- LISTE DES PRINCIPAUX PAYS DE FRANCE (classés par grands ensembles régionaux) / Ordre de grandeur / Selon les recensements géographiques : Pays majeurs : ~150, sous-pays / micro-pays : ~300 à 500
- Île-de-France
Pays de France, Parisis, Vexin français, Hurepoix, Gâtinais français, Brie française, Multien, Goële, Valois, Soissonnais, Laonnois
- Normandie
Pays de Caux, Pays de Bray, Pays d’Auge, Pays d’Ouche, Pays de Lieuvin, Pays de Roumois, Pays du Neubourg, Pays d’Évreux, Pays d’Alençon, Perche, Cotentin, Avranchin, Bessin, Plaine de Caen, Bocage normand
- Picardie – Artois – Flandre
Amiénois, Santerre, Vermandois, Thiérache, Valois, Soissonnais, Laonnois, Noyonnais, Artois, Ternois, Boulonnais, Calaisis, Flandre française, Houtland, Mélantois, Pévèle
- Champagne – Ardenne – Lorraine
Champagne crayeuse, Champagne humide, Brie champenoise, Perthois, Argonne, Ardenne, Porcien, Thiérache ardennaise, Barrois, Woëvre, Pays messin, Saulnois, Pays de Bitche, Sundgau, Ried, Hardt
- Bretagne
Léon, Trégor, Cornouaille, Vannetais, Pays de Retz, Pays de Dol, Pays de Rennes, Pays de Fougères, Pays de Redon, Pays bigouden, Pays de Saint-Brieuc, Pays de Dinan
- Pays de la Loire – Maine – Anjou – Vendée
Anjou, Haut-Anjou, Bas-Anjou, Saumurois, Maine, Haut-Maine, Bas-Maine, Perche, Vendée, Bocage vendéen, Marais poitevin, Pays de Retz, Pays nantais
- Centre – Val de Loire
Beauce, Sologne, Gâtinais, Orléanais, Berry, Brenne, Boischaut, Touraine, Chinonais, Blésois, Vendômois.
- Poitou – Charentes
Poitou, Haut-Poitou, Bas-Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois, Pays d’Oleron, Pays de Ré, Civraisien.
- Sud-Ouest (Aquitaine – Gascogne)
Périgord, Bergeracois, Agenais, Bazadais, Entre-deux-Mers, Bordelais, Médoc, Landes, Armagnac, Tursan, Chalosse, Béarn, Pays basque, Soule, Labourd, Basse-Navarre.
- Massif central
Auvergne, Limagne, Combrailles, Livradois, Forez, Velay, Gévaudan, Rouergue, Quercy, Cantal, Aubrac, Margeride, Causses.
- Languedoc – Midi
Lauragais, Minervois, Narbonnais, Corbières, Roussillon, Fenouillèdes, Albigeois, Gaillacois, Bas-Languedoc, Haut-Languedoc.
- Provence – Rhône – Alpes
Provence, Comtat Venaissin, Pays d’Arles, Crau, Camargue, Alpilles, Luberon, Queyras, Briançonnais, Champsaur, Dévoluy, Trièves, Vercors, Diois, Baronnies.
- Bourgogne – Franche-Comté
Bourgogne, Auxois, Morvan, Charolais, Mâconnais, Bresse, Dombes, Revermont, Comté, Jura, Haut-Doubs.
- Alsace, Nordgau, Sundgau, Kochersberg, Ried, Hardt, Outre-Forêt.
- Corse
Corse-du-Sud, Balagne, Castagniccia, Nebbio, Cap Corse, Alta Rocca.
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LES GRANDS PAYS INSULAIRES FRANÇAIS
- Îles métropolitaines : Manche – Atlantique : Île de Ré, Île d’Oléron, Île d’Yeu, Noirmoutier, Belle-Île-en-Mer, Groix, Houat, Hoëdic, Sein, Ouessant, Bréhat, Batz, Molène, Chausey
– Méditerranée : Corse (à elle seule un archipel de pays), Cap Corse, Balagne, Castagniccia, Nebbio, Alta Rocca, Porquerolles, Port-Cros, Îles du Frioul, Lérins (Sainte-Marguerite, Saint-Honorat)
- Outre-mer (anciens pays coloniaux devenus français)
Caraïbes : Martinique, Guadeloupe, Marie-Galante, Les Saintes, Saint-Barthélemy, Saint-Martin.
Océan Indien : La Réunion.
Pacifique : Nouvelle-Calédonie (Kanaky), Îles Loyauté / Polynésie française : Tahiti, Moorea, Bora-Bora, Tuamotu, Marquises, Australes
Atlantique Nord : Saint-Pierre-et-Miquelon
- Terres australes, Kerguelen, Crozet, Amsterdam, Saint-Paul
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A la via! – Street music from XIII to XVI cent – Ensemble Anonymous & Strada :

Nous n’avons plus besoin de Philippe de Villiers, nous avons maintenant la certitude que la République est fondée sur la destruction totale et l’ANTISEMITISME, comme fondement, composant ou effet.
Je n’ai pas la force d’enjamber toutes ces ruines de la barbarie républicaine. Il reste que la République, la République Française, instrument de la raison et de la civilisation, est notre seul rempart contre les totalitarismes, la démocratie étant un ballon peut se soulever ou s’affaisser.
Je vais bientôt crever et je refuse de croire que mon pays sera bientôt détruit par la nouvelle forme politicienne de l’anarchie. Nous avons une seule menace contre la République: le désordre politique soutenu par les ambitions irréalistes des anarchistes LR. Ils sont les menaces plaintives, larmoyantes, criant toujours par les gémissements.
Ces individus anachroniques sont une menace réelle, non LFI ou le RN.
la publicité pour une musique populaire des XIII-XVI° est mal venue.
Nous avons la musique religieuse, la musique liturgique, la musique ancienne et le baroque d’avant la Révolution.
Je me permets d’évoquer la musique du plus grand musicien, TELEMANN.
Il sut utiliser les musiques populaires d’Allemagne, de Pologne, d’Italie et de France. Restons dans l’union de la musique et le génie du Baroque pour oublier ces jeux stériles de l’esprit, quel que soit leur talent.
les trois derniers siècles de la monarchie ont détruit le tissu social des provinces. Le centralisme parisien exacerbé date d’avant la révolution, qui n’a pas apporté grand-chose de nouveau. Les littérateurs des lumières étaient coupés de la réalité du gouvernement du pays. Les fonctionnaires abondaient. Rien de nouveau sous le soleil.
Bonjour Bernard Bouyssou
Votre commentaire est typique d’un contresens historique classique, et même d’une confusion conceptuelle assez grossière.
Vous mélangé trois choses différentes :
centralisation monarchique, administration d’Ancien Régime et État moderne abstrait, comme si tout cela était déjà la même chose avant 1789, alors que précisément mon texte repose sur leur distinction.
Quand vous dite que « les trois derniers siècles de la monarchie ont détruit le tissu social des provinces », c’est factuellement faux ou, au minimum, très mal posé.
Les provinces, les coutumes, les parlements, les corps de métiers, les ordres religieux, les juridictions locales, les particularismes fiscaux et juridiques existent toujours massivement en 1789.
L’Ancien Régime est un système hyper composite, stratifié, hétérogène, fait de droits locaux, de privilèges, de traditions, de statuts différenciés, de médiations permanentes.
Même l’intendant royal, figure de la centralisation, ne gouverne jamais directement des individus abstraits mais négocie sans cesse avec des corps, des notables, des institutions intermédiaires.
Ce n’est pas un État de citoyens, c’est un État de communautés et de statuts.
Ensuite, quand vous affirmez que « les fonctionnaires abondaient », vous projettez une catégorie moderne sur un monde qui ne l’est pas.
Il n’y a pas de fonction publique au sens moderne.
Pas de carrière administrative unifiée, pas de corps bureaucratique homogène, pas de hiérarchie rationnelle territoriale, pas de droit administratif, pas de séparation nette entre administration et société.
Beaucoup de charges sont vénales, héréditaires, locales, corporatives. Ce sont des offices, pas une technostructure.
L’État d’Ancien Régime est politiquement fort mais techniquement faible.
Le point central que vous ratez complètement, c’est que la Révolution ne fait pas qu’accentuer un mouvement existant, elle change la nature ontologique du pouvoir.
Elle détruit juridiquement les provinces, abolit les corps, supprime les coutumes, impose une loi unique, crée les départements géométriques, institue le citoyen abstrait, invente la souveraineté nationale, puis Napoléon crée l’armature administrative rationnelle, préfets, Conseil d’État, hiérarchie territoriale, droit administratif, État sujet juridique autonome.
Là naît l’État moderne au sens strict. Un État qui ne gouverne plus des communautés, mais des individus abstraits par des normes abstraites via une machine experte.
Dire « rien de nouveau sous le soleil », c’est exactement nier ce basculement fondamental.
On passe d’un monde d’appartenances héritées à un monde de sujets administrables.
D’un monde de médiations à un monde de relation directe individu-État.
D’un monde de pluralité juridique à un monde d’uniformité normative.
D’un monde charnel à un monde gestionnaire.
Ce n’est pas une simple intensification quantitative, c’est une mutation de structure.
En réalité, votre raisonnement est circulaire.
Vous partez de l’idée moderne de centralisme et la projette rétroactivement sur l’Ancien Régime, puis conclut que la Révolution n’a rien changé.
Aussi, la monarchie ne pense jamais en termes d’« homme nouveau », ni même d’« homme » au sens abstrait.
L’idée même d’« homme nouveau » est une idée moderne, révolutionnaire, constructiviste, qui suppose qu’on puisse définir ce qu’est l’homme en général, puis transformer la société pour produire ce type d’homme.
C’est une idée d’ingénieur social.
Elle apparaît avec 1789, avec la Déclaration des droits, avec l’universalisme abstrait, avec la croyance qu’on peut déraciner les individus de leurs déterminations historiques pour les reprogrammer comme citoyens rationnels.
A++