« Tombés pour la liberté »
Jour 16 du soulèvement national
Bilan humain
- L’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), ennemie déclarée du régime des mollahs, a annoncé que le nombre total des martyrs du soulèvement à travers le pays dépasse 3 000 personnes, entre le 27 décembre et le 10 janvier.
Ces chiffres ont été établis à partir d’enquêtes menées auprès de sources locales, hôpitaux, services de médecine légale, familles des martyrs et des disparus, dans 195 villes. - Lundi, l’ampleur des crimes du régime contre la population insurgée est apparue encore plus clairement.
À Téhéran et à Karaj, les agents du régime ont entassé de nombreux corps de martyrs à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments de médecine légale, convoquant les familles pour identifier leurs proches. - À Bandar Abbas, le régime a transféré un grand nombre de corps vers un hangar industriel et a placé la ville sous un dispositif sécuritaire extrêmement renforcé.
- Les crimes commis à Kahrizak sont particulièrement choquants. Les corps des martyrs sont transportés en camionnettes vers les morgues et des écrans diffusant les images des victimes sont installés pour contraindre les familles à procéder à l’identification.
Le régime exigerait 700 millions de tomans pour la restitution de chaque dépouille.
Jour 16 du soulèvement : affrontements et combats de rue
- À Ispahan, malgré l’instauration d’un état de siège non déclaré et le déploiement de snipers sur les toits des mosquées et des écoles du centre-ville, les zones périphériques — de Najafabad et Falavarjan à Sepahan-Shahr et Baharestan — sont passées sous le contrôle de la population.
Les jeunes insurgés ont incendié des banques ainsi que le bâtiment du conseil municipal. - Lundi soir, à Izeh (province du Fars), des affrontements violents et une guerre de rue ont opposé les insurgés aux unités spéciales à la tombée de la nuit.
- À Ahvaz (province du Khouzestan), des combats intenses ont eu lieu lundi soir entre les jeunes insurgés et les unités spéciales du CGRI[i].
- Dans les rues de Kermanshah, de vastes affrontements ont opposé les jeunes insurgés aux forces du CGRI.
- À Mahdasht, les combats entre les insurgés et les pasdarans se sont poursuivis.
- Dimanche soir, à Quchan, les jeunes insurgés ont mené une attaque audacieuse, prenant le contrôle du gouvernorat et incendiant le siège local du CGRI. Plusieurs jeunes ont été tués au cours de ces combats.
- À Babol, les insurgés ont attaqué et désarmé les commissariats n°2 et n°14, qui avaient ouvert le feu sur les manifestants.
- À Ilam, un pasdar impliqué dans le massacre de nombreux jeunes a été tué lors d’affrontements avec les insurgés.
- À Téhéran, les quartiers de Pounak, Ariashahr, Haft-Hoz et Sadeghieh ont été le théâtre de violents affrontements entre les jeunes et les unités spéciales.
- À Mashhad, une base du Bassidj a été incendiée par les jeunes insurgés.
Réactions du régime iranien
- La télévision d’État a annoncé la mort du général Javad Keshavarz, chef de la police antidrogue, lors d’une attaque armée à Mashhad.
- L’agence Tasnim, affiliée au CGRI, a reconnu la mort de 13 membres des forces de sécurité, dont des policiers, des pasdarans, des membres du Bassidj et des agents du renseignement.
- Ejeï, chef du pouvoir judiciaire du régime, a déclaré devant la commission de sécurité du Parlement qu’aucune indulgence ne serait accordée aux manifestants.
Des tribunaux spéciaux ont été mis en place dans tout le pays afin d’accélérer les procédures judiciaires. - Les responsables du régime appellent à une répression immédiate et sévère, qualifiant de « mohareb » (personne en guerre contre Dieu) toute personne accusée d’avoir pris les armes contre les forces de sécurité.
Reaction internationale
- Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, a annoncé lundi 12 janvier dans un message publié sur le réseau social X qu’en réaction à la poursuite de la répression et des violences contre les manifestants en Iran, et alors que le soulèvement populaire se poursuit, elle a décidé de suspendre l’accès de l’ensemble du personnel diplomatique et des autres représentants de la République islamique aux locaux du Parlement européen.
- Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine, a déclaré le lundi 12 janvier, en référence au soulèvement national en Iran, que la communauté internationale devait soutenir la concrétisation du changement dans ce pays et venir en aide au peuple iranien afin qu’il se libère d’un pouvoir qu’il a qualifié de source de malheur et de détresse.
[i] Corps des Gardiens de la Révolution iranienne (l’Armée des Pasdarans)
© Hamid Enayat

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