
Le cache cache n’est plus un jeu, c’est une seconde nature.
Hier, j’ai perdu. Pas un combat, non. J’ai perdu un peu de foi.
En écoutant un copain de mon fils m’expliquer que « moi, j’habite Neuilly, c’est tranquille, y a pas de problème là-bas pour les Juifs ». J’ai compris.
J’ai compris que l’évitement est devenu une pédagogie.
Il ne prend plus le métro. Il ne traverse plus certains quartiers. Il change de nom quand il commande un Uber.
Il ne vit pas vraiment. Il contourne.
Et puis il y a eu cette lettre. Venue d’Espagne. De la colonie de vacances où est inscrit mon fils.
Une lettre d’avertissement. Prudence recommandée, en raison du contexte international. Traduction : même en vacances, même à l’étranger, même pour jouer au foot ou faire des châteaux de sable, il faut cacher son étoile.
Voilà ce que nous léguons désormais à nos enfants.
Le mode d’emploi du renoncement.
La stratégie de la prudence identitaire.
Les réflexes de la survie, avant même l’âge de voter.
On ne les prépare plus à la vie. On les entraîne à la discrétion.
On leur apprend à s’appeler autrement, à s’habiller autrement, à penser autrement — pour ne pas déranger.
On ne leur dit plus : « Sois libre ».
On leur dit : « Sois prudent ».
Et pendant ce temps, le monde rétrécit.
L’Europe devient une carte de zones grises.
L’Italie publie des affiches sur des abribus avec une étoile de David cousue sur un uniforme nazi.
L’Espagne traite Israël d’État criminel mais oublie les otages.
La Turquie est devenue une caricature d’elle-même.
Les pays nordiques ne font même plus semblant d’être neutres.
Les universités américaines ? Des terrains de chasse.
Même New York, même Paris, ne sont plus des évidences.
Alors, quelles sont les solutions ?
Aller vivre au Nicaragua dans un nouveau ghetto juif sous les palmiers ?
Ouvrir une école communautaire au Costa Rica entre deux plantations de café ?
S’habituer au compromis permanent, au nom travesti, à la méfiance intégrée comme style de vie ?
À un moment, il faudra choisir.
Pas entre droite et gauche. Pas entre ashkénaze et séfarade.
Mais entre deux éducations :
Celle où l’on apprend à nos enfants à vivre avec des interdits géographiques, à raser les murs, à moduler leur prénom, à éviter certains quartiers, à baisser le ton quand ils parlent hébreu.
Et celle où on leur offre un avenir ailleurs. Pas un paradis. Pas un monde sans peurs. Mais un pays où leurs peurs ne sont pas honteuses. Où leur judéité n’est pas à négocier.
Un pays où l’on peut chanter fort, même en hébreu.
Porter une kippa sans vérifier l’itinéraire.
Accrocher une mezouza sans demander l’autorisation du syndic.
Un pays où l’on est parfois critiqué, oui, mais jamais nié.
Et ce pays, vous le connaissez.
Ce pays, ce n’est pas un rêve. Ce n’est plus un vœu murmuré à Yom Kippour.
Ce pays, c’est Israël.
Pas un refuge. Une boussole.
Pas une fuite. Un retour.
Pas une utopie. Une vérité.
Il est temps d’offrir à nos enfants un avenir debout.
Plutôt qu’un présent courbé.
Car ce qui devrait nous terrifier le plus, ce n’est pas ce qu’on leur interdit aujourd’hui. C’est qu’ils finiront peut-être par croire que c’est normal. Que se cacher c’est vivre.
Et quand ce mensonge-là aura pris racine, que restera-t-il de la fierté d’être ce qu’ils sont?
© Étoile de David
« Je ne savais pas encore …
J’ai choisi une photo de moi, enfant.
Parce qu’à cet âge-là, on ne sait pas encore.
On vit porté par la douceur, les rêves, les bras aimants.
On ne se pose pas de questions.
On est juif comme on est vivant : libre, sans le savoir.
Aujourd’hui, j’ai 50 ans.
Je vis en France.
Et je sais.
Je sais ce que l’on nous dit, ce que l’on nous refuse, ce que l’on attend que l’on taise.
Mais je ne me tairai pas.
Je vais me battre, avec vous, pour que cette liberté — celle de l’enfance, celle de vivre sans se cacher —
revienne.
Et qu’elle n’ait plus d’âge »
© L’Étoile de David
Contact: heysibonnesidees@gmail.com

Je voudrais tellement trouver des arguments pour vous contredire, mais malheureusement, je n’en trouve pas. Le seul que j’ai est terriblement égoïste: je ne veut pas me retrouver dans une Europe où il n’y aurait pas de place pour les Juifs. Et moi je ne pourrais pas émigrer en Israël…
Pareil pour moi. Mais meme si c’est fichu pour la poignée de. non juifs amis d’Israël dont je fais partie, je souhaite longue vie à Israël.
Le 7 octobre a démontré la nécessité vitale pour le peuple juif d’avoir un état à lui , une terre où il puisse vivre debout.Au nom de quelle solidarité inexistante, lui ferions nous croire qu’il a un avenir parmi nous et qu’on peut le défendre? C’est pas un peu gonflé ça ? Hélène.