Hasbara, par Raphaël Jerusalmy

Quant à gagner cette fameuse guerre de la comm’, la meilleure façon reste de gagner la guerre tout court

Troupes de Tsahal dans la bande de Gaza, juillet 2025
IDF Spokesperson

Le 02 novembre 2023, soit moins d’un mois après les atrocités du 07 octobre, le quotidien Libération s’empressait de condamner la « stratégie d’influence menée par Israël », appelée du mystérieux nom de « hasbara », soit « explication » en français. Accusant Jérusalem de monter une sombre campagne de « diplomatie publique, propagande, récits pro-Israël… », l’auteur parle de la diffusion des images de ces atrocités comme d’un coup de communication de mauvais goût. Pour salir le Hamas ? A l’en croire, la « hasbara » serait une immense machine aux multiples rouages destinée à inonder la presse et l’opinion de ses flots de basse propagande. En lisant ce piteux article, on ne peut que regretter qu’il soit aussi mensonger que les autres du même genre prônant une quelconque suprématie juive comparable à celle des Sages de Sion. Ceci est d’autant plus amusant que cet article de Libé est lui-même le énième exemple de ce qu’il condamne : un échantillon de basse propagande.

Depuis de nombreuses années, il est reproché à Israël de mal gérer ce que certains décrivent comme une guerre de la communication et de l’image et qui n’est autre qu’une déferlante de haine antisémite comme le peuple juif en a connu des centaines au cours de son histoire. S’il s’agit bien d’une guerre et que nous l’ayons perdue, de quelle victoire se targuent donc les ennemis d’Israël ? Malgré les milliards de pétrodollars qu’elle a coûté au fil des ans, la campagne anti-israélienne n’a pas fait avancer la cause palestinienne d’un pouce. Et encore moins les chances de paix. Elle a, au contraire, versé de l’huile sur le feu. Feu qui brûle de toute façon dans les cheminées de toutes les chaumières antisémites. Cette gigantesque campagne de communication et de l’image n’a eu aucun effet concret sur le terrain où, aujourd’hui, bien des pays arabes mettent le problème palestinien en touche pour avancer à grand pas vers une normalisation avec l’État hébreu. D’autre part, ce n’est pas du fait de cette propagande massive que l’antisémitisme a pris de l’ampleur. C’est du fait que l’antisémitisme lui offre un terreau propice, déjà existant, où prospérer et se répandre. C’est la bonne vieille haine du Juif qui l’alimente et l’entretient. Aucune victoire, là. Et certainement pas une de laquelle être fier et se vanter.

A-t-on raison d’utiliser le terme de « guerre » dans le cas de la désinformation ? Les membres d’une certaine presse ne forment pas une armée. Ils sont une horde, un gang, pratiquant le terrorisme de la caméra et de la plume plutôt que celui des bombes. Ils sont complices des exactions qu’ils légitiment. Ils commettent des attentats contre la vérité, l’objectivité, l’éthique de leur profession. Ils se rendent coupables d’incitation à la haine et à la violence, conscients qu’ils sont de la portée de leurs propos et de l’influence néfaste qu’ils ont sur des âmes aisément influençables. Ils tuent les enfants juifs de Nir Oz du bout de leur stylo, ils souillent la mémoire des femmes violées de Kfar Aza avec les obscénités qu’il crachent dans leurs microphones. Leurs alliés, ce sont l’ignorance, la bêtise, la méchanceté, tels que cultivées sur les réseaux sociaux, TikTok en tête. Leur succès tient à ce qu’il y a de plus mesquin en l’homme, qu’il soit prof de Sciences-po ou dealer des cités, islamopithèque de salon ou ministre des Affaires étrangères.

D’où la question que nous devons nous poser : la destruction du Temple, l’expulsion des Juifs hors d’Espagne, leur extermination systématique lors des pogroms et de la Shoah, sont-elles dues à une « mauvaise hasbara » ? Nous nous serions mal expliqués. Mais à propos de quoi ? On se souviendra des rabbins convoqués devant les autorités ecclésiastiques, durant tout le Moyen-Age : pour s’expliquer. A l’époque, la « hasbara » porte le nom de « responsa ». Le danger de répondre à des accusations, c’est de se mettre en position d’accusé, alors qu’il n’y a aucun chef d’accusation valide. Tout comme dans le Procès de Kafka. Alors qu’il faut attaquer.

Dans le « Manuel bleu contre l’antisémitisme et la désinformation » et « Tribunes de Guerre, 2023-2025 » (éditions David Reinharc), je donne des munitions et des conseils pratiques pour mener cette attaque, même au niveau individuel. Je précise néanmoins que lutter contre les détracteurs d’Israël et des Juifs est le plus souvent une perte de temps. Peu d’entre eux sont récupérables car peu d’entre eux sont de bonne foi. Ils savent qu’ils mentent, ils savent qu’ils détestent bien plus les Israéliens qu’ils n’aiment les Palestiniens, laissant ces derniers aux griffes des salafistes plutôt que de pousser à la paix. Là où il nous faut absolument nous investir, c’est plutôt envers les amis d’Israël, les sympathisants, les personnes se sentant mal informées, et qui aimeraient mieux comprendre, mieux savoir. Ce sont ceux qui se tiennent à l’écart de la chute libre intellectuelle et morale de leur entourage, de leur gouvernement, qu’il faut soutenir par nos efforts d’explication de la position d’Israël.  

Quant à gagner cette fameuse guerre de la comm’, la meilleure façon reste de gagner la guerre tout court. Telle celle des douze jours dont le succès triomphal exaspère tant nos ennemis. Et l’autre, est de préserver notre identité juive contre vents et marées. Et notre dignité, c’est-à-dire non pas l’image que les autres se font de nous, mais celle que nous avons de nous-mêmes.

Editions David Reinharc
« Tribunes de guerre », par Raphaël Jerusalmy, commentaires de Mohamed Sifaoui, éditions David Reinharc, 2025. Editions David Reinharc

Tribunes de guerre, par Raphaël Jerusalmy, commentaires de Mohamed Sifaoui, éditions David Reinharc. Tribunes de guerre 2023-2025 – broché – Raphaël Jérusalmy – Achat Livre | fnac

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