L’avocat de Boualem Sansal, détenu en Algérie, envisage de saisir l’ONU

Craignant que le procès de l’écrivain Boualem Sansal, détenu en Algérie pour atteinte à la sûreté de l’État, ne soit pas équitable, son avocat français François Zimeray n’exclut pas de saisir l’ONU ou d’autres organisations internationales dans « quelques jours ». Il a dénoncé, mercredi, de multiples atteintes aux droits de la défense. 

L’avocat de l’écrivain Boualem Sansal, François Zimeray, a donné une conférence de presse au siège des éditions Gallimard à Paris, le 11 décembre 2024.  © Geoffroy Van der Hasselt, AFP

L’avocat de Boualem Sansal, détenu en Algérie, envisage de saisir l’ONU

La justice algérienne ayant rejeté la demande de remise en liberté de Boualem Sansal, détenu en Algérie depuis mi-novembre pour atteinte à la sûreté de l’État, l’avocat de l’écrivain franco-algérien, François Zimeray, a indiqué mercredi 11 décembre lors d’une conférence de presse au siège des éditions Gallimard à Paris se donner « quelques jours » avant de saisir l’ONU pour dénoncer les entraves aux droits de la défense : pour lui, les charges pesant sur l’écrivain n’ont pas été détaillées par l’accusation, il n’a pas eu de visa pour se rendre en Algérie, et Boualem Sansal a été transféré dans un autre lieu de détention sans que ses avocats ni sa famille ne soient prévenus au préalable.

« Nous appliquerons le droit algérien. Le droit algérien, c’est aussi les traités internationaux ratifiés par l’Algérie », a affirmé Me Zimeray. « Y compris le traité des droits civils et politiques, et l’ensemble des grands textes internationaux adoptés dans le cadre multilatéral et consacrés par le droit international. »

« Si au bout d’un moment, on fait le constat qu’il n’y a pas de possibilité d’un procès équitable, à ce moment-là, nous mettrons en œuvre les procédure appropriées pour cela, y compris devant le Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies, en saisissant le comité juridique de l’Unesco, en saisissant aussi la commission africaine des droits de l’Homme et des peuples de l’Union africaine, dont l’Algérie est membre », a déclaré l’avocat.

« On n’hésitera pas à faire preuve de créativité »

« C’est difficile de donner un délai, comme ça, qui serait ressenti comme un ultimatum. Mais j’espère en tout cas que les formalités […] seront résolues dans quelques jours. Si elles ne le sont pas, j’en tirerai les conséquences », a-t-il répondu, interrogé sur le moment où il comptait saisir ces instances.

« Je me donne quelques jours encore pour voir ça. Et si on se rend compte qu’effectivement tout est fait pour compromettre le libre exercice, à ce moment-là, je ferai mon travail. Et il y a des instances pour ça […]. On n’hésitera pas à faire preuve de créativité », a lancé Me Zimeray.

TJ avec AFP

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