Céline Florea. Dans une makolet. Le grand remplacement ? 

J’ai l’habitude de faire mes achats dans une makolet à côté de chez moi. Pour ceux qui l’ignorent, une makolet est une sorte d’épicerie. Avec son côté “foutoir” celle-ci est le type même de l’épicier arabe chez qui on se servait lorsqu’on vivait dans les pays du Maghreb, avec une différence notable car ici le patron se prénomme Schmoel et sa femme Mazal . Tout un programme biblique ! 

Juste en face, un vaste chantier de constructions d’immeubles résidentiels. Et qui dit chantier, dit ouvriers arabes. Depuis 4 ans donc, ces ouvriers arabes se servaient régulièrement chez Schmoel , lequel en bon Sepharade du Maroc, était à l’aise en s’adressant à eux dans un langage mixte hébreu/arabe. 

Puis, il y a eu le 7 Octobre … 

Interdiction de faire travailler des ouvriers arabes. Et pour cause ! 

Les entrepreneurs et leurs constructions sont restées en rade. 

Ce soir, je passe chez Schmoel, et je remarque que l’ambiance souk a changé. Des petits hommes habillés en jaune fluo – gilet et casque de protection  obligatoires pour les chantiers – ont déboulé dans l’épicerie, les uns après les autres tels des play mobiles, sourire aux lèvres, poussant des petits cris aigus de joie en découvrant les patates douces et les œufs vendus à la pièce. 

Schmoel, lui même, s’est senti dépaysé dans sa propre boutique. En quelle langue va-t-il parler à ces asiatiques ? 

Terminé l’arabe, va falloir se mettre à l’anglais. 

A mon avis, les petits hommes jaunes parleront l’hébreu plus vite que Schmoel l’anglais. 

Pas désagréable ce type de grand remplacement, Isn’t it ?

© Céline Florea

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