Caroline Glick. Le ministre des Affaires étrangères des Frères musulmans

Mansour Abbas. Photo: Yonatan Sindel/Flash90

Le gouvernement israélien doit sa survie à un acteur hostile et antisémite qui travaille activement à sa destruction.

Les réponses suscitées par la mort de  la journaliste d’ Al-Jazeera Shireen Abu Akleh ont été écrites il y a des centaines d’années. Les calomnies de sang – la pratique consistant à utiliser la mort de non-juifs comme un moyen d’établir le collectif juif pour la diabolisation, la condamnation, l’ostracisme et le meurtre de masse – peuvent varier dans leurs détails, mais la substance est toujours la même : les juifs sont coupables .

Israël a fait l’objet de diffamations sanglantes répétées. Leurs détails sont toujours plus ou moins les mêmes. Les forces israéliennes combattent les terroristes. Des civils non juifs meurent, et le droit d’Israël à exister est rejeté par les gens « bien pensants » dans le monde entier.

Dans le cas présent, mardi soir dernier, les forces de Tsahal menaient des opérations anti-terroristes à Jénine, la capitale de la terreur où la plupart des récentes attaques terroristes en Israël étaient planifiées. Dix-neuf Israéliens innocents ont été assassinés dans ces attaques. Mardi soir, des terroristes palestiniens ont ouvert le feu sur les forces de Tsahal peu après leur entrée dans la ville. Dans la fusillade qui a suivi, Abu Akleh a été abattu. Les images palestiniennes indiquent assez clairement qu’elle a été tuée par les terroristes.

Mais les faits n’ont aucun sens dans une diffamation de sang. Ainsi tous les acteurs réguliers des pièces de moralité contemporaines récitent tour à tour leurs vers. Les Arabes, les Européens, les Américains, les Nations Unies et surtout les médias arabes et occidentaux jouent tous le rôle qui leur est assigné et utilisent la mort d’Abu Akleh comme base d’une mise en accusation massive de l’existence même d’Israël.

La diffamation du sang d’Abu Akleh a un aspect nouveau. Un nouvel acteur a rejoint le pile-on.

Ra’am, la Liste arabe unie, est un parti politique des Frères musulmans à la Knesset d’Israël. Son chef, Mansour Abbas, a fondamentalement changé la réalité politique d’Israël lorsqu’il a rompu avec 73 ans de convention et a rejoint la coalition gouvernementale l’année dernière, lui donnant sa simple majorité d’une voix. Avec sa faction à quatre sièges, Abbas contrôle le sort du gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett. Si Abbas s’enfuit, le gouvernement s’effondre.

Abbas se présente comme un dirigeant modéré dont la seule préoccupation est le bien-être des Arabes israéliens. Son partenariat dans la coalition, proclame-t-il, est axé sur des questions comme l’assainissement et l’électricité, et non sur le nationalisme arabe ou le djihad.

Compte tenu de la personnalité douce d’Abbas, les déclarations de Ra’am après la mort d’Abu Akleh étaient stupéfiantes. Ra’am a répondu à sa mort en exigeant une enquête internationale. Le message de Ra’am n’est pas simplement une signalisation de vertu. C’est une proclamation. Le parti qui contrôle le gouvernement israélien considère les institutions dirigeantes d’Israël – l’armée israélienne, la police, le ministère de la Santé, l’institut médico-légal – fondamentalement illégitimes. Israël, en d’autres termes, est fondamentalement illégitime. En exigeant une « enquête internationale », Ra’am exige en fait qu’Israël se rende à la foule qui diffame le sang.

La déclaration de Ra’am n’était pas un incident isolé. Cela fait partie de son utilisation beaucoup plus large des relations avec les gouvernements et institutions étrangers pour faire avancer l’agenda du Mouvement islamique au sein de la coalition gouvernementale israélienne. Abbas mène une politique étrangère active et indépendante qui est hostile à l’intérêt national le plus fondamental d’Israël : la préservation de sa souveraineté.

Au moins publiquement, le centre des efforts diplomatiques d’Abbas est la Jordanie. Depuis la mise en place du gouvernement Bennett-Lapid, Abbas a rencontré deux fois le roi Abdallah II de Jordanie. En novembre dernier, Abdullah et Abbas se sont rencontrés pendant quatre heures au palais d’Abdullah. Les médias jordaniens contrôlés par le régime ont largement couvert la réunion. La couverture a été particulièrement étonnante puisque, lorsqu’Abdullah a rencontré Bennett cet été, il a insisté pour qu’aucune photo ne soit prise et que la rencontre soit tenue secrète.

Les liens d’Abbas avec Abdullah servent les intérêts des deux hommes. Le Wakf islamique de Jordanie emploie le personnel des mosquées du Mont du Temple. Mais au fil des ans, le personnel du Wakf est passé de la Jordanie à l’OLP, au Mouvement islamique et au Hamas.

Alors que le père du roi Abdallah, feu le roi Hussein, considérait les Palestiniens, qui constituent une grande majorité de la population jordanienne, comme une menace existentielle pour le régime hachémite, Abdallah a jeté son dévolu sur les Palestiniens, au détriment de la minorité bédouine en Jordan. En embrassant les Frères musulmans par le biais du Mouvement islamique d’Abbas, Abdullah cherche à stabiliser son emprise sur le pouvoir à une époque d’instabilité économique et politique en Jordanie.

Pour sa part, Abbas utilise Abdullah, qui revendique des liens étroits avec l’establishment américain de la politique étrangère, l’Union européenne et la gauche israélienne et l’establishment de la sécurité, comme mandataire pour faire avancer les objectifs stratégiques du Mouvement islamique vis-à-vis du mont du Temple et d’Israël, dans son ensemble.

Caroline Glick

Chroniqueuse, journaliste et auteure israélienne d’origine américaine, Caroline Glick écrit pour Israel Hayom, Breitbart News, The Jerusalem Post, Maariv et JNS.

https://www.jns.org/opinion/the-muslim-brotherhoods-foreign-minister/?utm_source=The+Daily+Syndicate&utm_campaign=80d63bad70

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2 Comments

  1. Après les pogromes de mai 2021 dans des villes mixtes avec des minorités arabes, un parti islamiste qui fait la loi et obtient d’importants subsides ,qui a encouragé le terrorisme intérieur ,le gouvernement patchwork doit cesser avant de provoquer des catastrophes irréversibles.

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