Le veto palestinien devient inopérant

Le plan de paix de l’administration Trump prive les Palestiniens de leur principal atout politique : le droit de veto sur tout accord qui leur est présenté, grâce auquel, pendant des décennies, ils sont parvenus à occuper le centre de la scène politique mondiale.

Peu à peu, Il devient évident de se rendre compte à quel point la tentative du président américain Donald Trump de changer le paradigme pour traiter la question palestinienne est révolutionnaire et à quel point la position de négociation d’Israël s’est également améliorée. Le plan prive les Palestiniens de leur principal atout politique : le droit de veto, droit qui les place depuis des décennies au centre de la scène politique et morale mondiale.

Ils ont obtenu ce droit, même s’ils ne sont qu’une petite nation qui ne peut revendiquer aucune réalisation constructive majeure au cours de 100 ans de corruption, de violence et de comportement récalcitrant. Les Palestiniens auraient pu utiliser ce statut pour fonder un État, soutenu par un énorme appui international. Au lieu de cela, comme prévu, ils ont choisi de se vautrer dans leur victimisation, de gaspiller et de piller des milliards de $ à l’aide internationale, de sanctifier la terreur et d’exprimer des exigences effrontées. Mais, s’ils continuent de se conduire de cette façon aujourd’hui, la perte de ce puissant levier va rendre leur comportement plus pathétique que dangereux.

Leur statut international et régional a donné aux Palestiniens un droit de veto dans deux domaines critiques : la stabilisation du Moyen-Orient et l’avenir des territoires. Le premier leur a été donné, par ignorance, par de nombreux dirigeants et membres des élites de l’Occident. La seconde leur a été accordée, stupidement, par de larges pans de la société israélienne. En Occident, l’ignorance et la simplification de la dynamique politique du Moyen-Orient ont conduit à supposer que la poursuite du problème palestinien est un facteur décisif en ce qui concerne la violence et l’instabilité de la région. Ceci, à son tour, a alimenté l’hallucination généralisée qu’il fallait absolument parvenir à une “solution” à ce problème, qui occupait un rôle crucial si on voulait calmer cette instabilité régionale.

Le terme largement utilisé des “efforts pour rétablir la paix au Moyen-Orient” a été utilisé dans le monde entier comme un la proposition servant à pour désigner les tentatives de règlement du problème palestinien. Pour qu’une “solution” de ce genre fonctionne, a-t-on dit, les Palestiniens doivent être amadoués. Leurs refus persistants ont finalement porté leurs fruits, avec une augmentation spectaculaire du soutien politique, de l’aide financière et de la «compréhension» à l’égard du terrorisme palestinien, ainsi que de la délégitimation d’Israël et de sa guerre contre ce terrorisme.

Au cours de la dernière décennie, l’extrémisme meurtrier des facteurs tribaux à travers le Moyen-Orient a prouvé que la question palestinienne n’a absolument rien à voir avec la pacification de la région, et que la “résoudre” ne nuira ni n’améliorera la situation. Et lorsque même les Européens ont compris la signification du «printemps arabe» et du phénomène Daesh, les Palestiniens ont perdu la légende urbaine de leur prétendu droit de veto sur «la paix au Moyen-Orient».

Le droit de veto sur le règlement de la situation dans les territoires a été accordé aux Palestiniens, principalement, par des Israéliens de bonne volonté, qui ont chacun adopté leur propre genre d’hallucinations politiques. A droite, beaucoup pensaient qu’il était possible de réaliser le droit du peuple juif sur toute sa patrie historique, malgré la présence de millions de Palestiniens, avec ou sans pleins droits politiques, qui seraient inclus dans le territoire qu’Israël voudrait règle pour de bon. Au centre et à gauche, la majorité a offert des “territoires pour la paix”, par lesquels Israël quitterait la majeure partie de la Judée, de la Samarie et de Gaza en échange de la fin du conflit.

Les deux hallucinations donnent aux Palestiniens un droit de veto sur l’avenir du sionisme. Les hallucinations sur le droit d’inclure des millions de Palestiniens dans leur État seraient vides de sens, malgré le sophisme juridique, le terme «juif et démocratique», qui est au cœur même de l’entreprise sioniste : dans une réalité de facto binationale, les Palestiniens ont ce genre de droit de veto simplement en raison de leur présence massive ; ils n’auront même pas besoin de poursuivre la terreur.

L’hallucination de la “paix” en échange de la sortie de la majeure partie du territoire donne aux Palestiniens un droit de veto encore plus simple sur la réalisation de l’entreprise sioniste. Tout ce qu’ils ont à faire est de continuer à faire ce qu’ils ont toujours fait pendant les 100 dernières années : refuser fermement de mettre fin au conflit en exigeant le “droit” au retour, et éduquer leurs enfants à la pratique de la terreur et à la délégitimation de l’État juif. De cette façon, ils laissent les demandeurs de paix face à leur présence éternelle dans la terre peuplée, à attendre en vain que leur attitude change.

La première étape pour refuser ce droit de veto a été prise par Ariel Sharon, qui a déconnecté Israël de deux millions de Gazaouis, de façon unilatérale, lors du désengagement du territoire dont Israël n’avait pas besoin de toute façon. La deuxième étape a été franchie par Donald Trump, dans un plan qui dénie fondamentalement la nécessité d’un accord palestinien et ouvre la porte à des mesures unilatérales israéliennes avec le soutien américain. Les principaux problèmes de sécurité d’Israël ont été résolus ; les Palestiniens peuvent obtenir une entité stérilisée qui sera appelée un “État”, seulement dans le cas impossible où ils acceptent l’État juif ; les États arabes protesteront faiblement; et “la communauté internationale” continuera de se plaindre.

Si Israël agit avec sagesse, sans profiter de cette rare occasion pour se replier sur l’une de ses deux hallucinations, ce plan apporte de grandes nouvelles.

 Dan Schueftan                                                                                                             

Dan Schueftan est le chef du programme international d’études supérieures en études de sécurité nationale à l’Université de Haïfa.
israelhayom.com JForum
Adaptation : Marc Brzustowski

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