Au Marais, une plaque de rue « Pletzl » La place, en yiddish

Paris, rive droite, la ligne numéro 1 du métro va de La Défense au Château de Vincennes. Entre Hôtel de Ville et Bastille, il y a le cœur du Paris populaire à la station Saint Paul Le Marais.

Il y a 7 ou 8 siècles, c’était une zone de marécages en dehors des murailles du Paris de l’époque. Les juifs n’avaient pas le droit d’habiter dans l’enceinte de la ville et ils y entraient pour travailler ou commercer mais en sortaient la nuit venue. Les juifs s’étaient établis aux pieds des murailles, à proximité des issues fortifiées. Philippe Auguste gouvernait la France en rançonnant les congrégations religieuses et les juifs.

Aujourd’hui la rue des Rosiers décrit une courbe de la droite vers la gauche car elle longe l’emplacement des fortifications. C’est le quartier ancien des juifs de Paris : artisans en bijouterie fantaisie ou en « shmatess », casquettes, jupes et pantalons sur mesure, un petit peuple inventif, dur à la tâche, cherchant une issue à la misère par un travail acharné, les yeux fixés sur l’avenir.

La rue des Francs Bourgeois qui conduit à la Place des Vosges, la rue du Trésor, la rue des Hospitalières Saint Gervais et la rue des Rosiers, un quadrilatère chargé d’histoire, les musées installés dans les beaux hôtels particuliers attirent les touristes et le Marais est bien au dessus des autres quartiers juifs d’Europe comme celui de Prague.

L’école des métiers de l’ORT, le hammam, Goldenberg, incontournable restaurant ashkénaze, « L’as du falafel» « Le café des Psaumes » « Miznon » … aujourd’hui ce sont les enseignes les plus connues du Marais. Les boulangers, les boucheries Kosher, les bistros et les boutiques des créateurs venus se ressourcer. Un quartier vivant, animé, amusant où des couples du même sexe saluent gentiment des rabbins affairés, transpirant sous leurs grands chapeaux noirs. Les jeunes , les touristes, les bobos, les juifs se croisent et, miracle de l’endroit, tout le monde sourit : c’est le shalom qui veille sur tous.

C’était l’endroit, c’était la place et en yiddish on parlait du « pletzl », autrement dit « the place to be » .

Et Sebestyén Fiumei, un artiste établi à Paris , vient de réaliser une plaque de rue : Pletzl, en lettres hébraïques avec les deux lamed ( L ) plus hautes lettres de l’alphabet car le mot Limoud ( étude, savoir ) commence par cette lettre ! La plaque a été apposée à l’angle de la rue des Rosiers et de la rue des Hospitalières Saint Gervais. Une belle initiative et une réalisation chargée de sens pour cette plaque de rue devenue œuvre d’art.

André Simon Mamou

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