Non Mohamed, T’es pas tout seul, đŸŽŒđŸŽŒ. Par Khaled Slougui

L’objet de cette HUMEUR est de relayer l’appel Ă  la solidaritĂ© avec mon ami Mohamed Louizi lancĂ© sur les rĂ©seaux sociaux. Depuis qu’il a quittĂ© les frĂšres musulmans, un harcĂšlement continu de la part des tĂ©nĂ©breux lui rend la vie impossible : procĂšs Ă  n’en pas finir, pressions en tous genres, tentative mĂȘme, comme cela se passe dans toutes les sectes, de le sĂ©parer d’avec sa femme, les maĂźtresses d’Ɠuvre n’Ă©tant autres que les sainte-nitouche de sƓurs musulmanes. Il en a souffert au point de tomber malade et d’entamer une grĂšve de la faim. J’ai rĂ©agi Ă  l’Ă©poque en lui adressant une lettre publiĂ©e sur le site du CLR. Je la reproduis ici :

Mohamed Louizi

TrĂšs cher Mohamed,

Je t’ai laissĂ© un message sur ton rĂ©pondeur pour Ă©tudier la possibilitĂ© d’organiser une confĂ©rence Ă  propos de ton livre « Pourquoi j’ai quittĂ© les frĂšres musulmans », avec notre association.

Ton tĂ©moignage me semble ĂȘtre trĂšs pertinent, dans la mesure oĂč il se base sur une expĂ©rience pratique du militantisme au sein de la mouvance des « FrĂšres musulmans » et donc une connaissance rĂ©elle autant de sa rhĂ©torique que de son logiciel et sa stratĂ©gie sur tous les plans.
L’objectif est de faire partager cette expĂ©rience avec nos parents d’enfants radicalisĂ©s et nos adhĂ©rents, en rĂ©pondant Ă  toutes les questions qu’ils peuvent se poser Ă  ce sujet.

Comme tu le sais, ce n’est pas dans les mĂ©dias, tous types confondus, que l’on peut accĂ©der Ă  une information fiable Ă  ce sujet.

Le problĂšme est que, contrairement Ă  la cĂ©lĂ©ritĂ© habituelle avec laquelle tu rĂ©agissais Ă  ma correspondance, cette fois, je n’ai eu aucune rĂ©ponse.

Je me suis donc inquiĂ©tĂ©, cher ami, d’autant que je te savais malade, depuis la mi-dĂ©cembre, date Ă  la quelle tu t’es dĂ©commandĂ© pour le sĂ©minaire que notre association a organisĂ©, avec la participation de notre amie Djemila Benhabib, Serge Blisko – le PrĂ©sident de la Miviludes – et des familles de radicalisĂ©s Ă  travers le territoire national, dont certains sont morts sur le théùtre des opĂ©rations.

Mais rassure-toi, tu Ă©tais bel et bien prĂ©sent, et j’ai parlĂ© de toi comme celui qui est devenu incontournable sur la question de l’islamisme.

Ta maladie a sans conteste été causée par les tracas judiciaires de plusieurs procÚs qui ont suivi la publication de tes deux livres.

Entre nous, je savais que les semi-incultes de « frĂ©rosalafistes » les contrebandiers de l’islam, les fossoyeurs de l’éthique et de la morale musulmanes, et les institutionnels irresponsables dont tu pointes la compromission et la lĂąchetĂ©, n’allaient pas te lĂącher.

Et pour cause ? Tu as appuyĂ© lĂ  oĂč cela fait mal, en disant la vĂ©ritĂ©, en mettant en avant les fantasmes nourris par les musulmans et les non musulmans sur l’islam, en remettant chacun Ă  sa vĂ©ritable place et en dĂ©nudant les imposteurs doctrinaires. Tu persistes et signes.

Mais au-delĂ , ton tort c’est de dĂ©ranger beaucoup de monde Ă  la fois, c’est de casser des tabous : Qui s’est posĂ© des questions sur les liens de Mediapart avec les monarchies crapuleuses ? Qui a dĂ©noncĂ© le mercantilisme des frĂ©rosalafistes ? Qui a mis en cause les responsables du lycĂ©es AverroĂ«s Ă  Lille et du collĂšge Ibn Khaldoun Ă  Marseille? Qui a rĂ©vĂ©lĂ© le rĂŽle de la sĂ©natrice de Marseille et celui de l’ancien ministre de l’Education nationale dans l’attribution de l’agrĂ©ment au dit collĂšge ? Qui a dĂ©crit l’esprit sectaire de l’islamisme ?


Pour mon malheur, j’avais raison de m’inquiĂ©ter, car les choses sont pires que tout ce que je pouvais imaginer.

J’ai dĂ©couvert la nouvelle de ta grĂšve de la faim, car c’est bien de cela qu’il s’agit, un matin sur le site du ComitĂ© LaĂŻcitĂ© et RĂ©publique (CLR), et comme tu t’en doutes, cela m’a Ă©branlĂ©, m’a mis dans une rage indescriptible.

Tu connais mon franc parler, et donc je ne vais pas faire de contorsions pour te dire le fond de ma pensée.

Ecoute ! Tu es en train de dĂ©lirer ; tu te fais du mal et tu fais du mal Ă  ceux qui t’aiment, ta femme, tes enfants, tes parents, tes amis et ils sont nombreux. Ceux-lĂ  t’aiment pour ce que tu es, pour tes convictions, ton intĂ©gritĂ©, ta loyautĂ©, ton intelligence, ta gentillesse et ta bravoure, mais d’un amour, le vrai, celui qui n’est ni tarifĂ©, ni intĂ©ressĂ©, ni conditionnel, comme c’était le cas dans la secte islamiste que tu dĂ©cris avec brio dans tes livres.

Mais bon sang ! En rĂ©agissant comme tu le fais, tu rends le meilleur des service Ă  tes pires ennemis, qui doivent se frotter les mains Ă  l’heure qu’il est.Dans la vie, les choix se paient cash ; de toi Ă  moi, te concernant, je l’avais prĂ©vu.

Je l’exprimais en ces mots dans mon livre qui vient de paraĂźtre « Eloge de la dĂ©radicalisation, une approche politique » : « Le mal, Mohamed Louizi, qui a vĂ©cu l’islamisme de l’intĂ©rieur en parle sans fioritures, avec beaucoup de courage (on sait de quoi sont capables les fous de Dieu) et de sincĂ©ritĂ© dans son livre ».

Malheureux ! Tu es en train de commettre un crime sur ta propre personne ; tes ennemis n’ont mĂȘme pas besoin de se dĂ©carcasser pour trouver le bon moyen de t’éliminer. A qui profite le crime?

SĂ»rement pas Ă  Marianne que tu connais bien et que tu dĂ©cris magistralement : « En effet, la question passionnĂ©e sur l’Islam clive toujours. Marianne croit offrir une place honorable Ă  l’Islam, elle cĂšde du terrain Ă  l’islamisme. Elle quitte les quartiers, l’islamisme s’y installe. Elle finance des Ă©coles, l’islamisme y endoctrine sa relĂšve. L’islamisme avance. Marianne recule. Il sait se plaindre en victime coutumiĂšre. Elle lui octroie davantage de pouvoir. Lorsque Marianne dit la constitution, rappelle le cadre laĂŻc de la loi rĂ©publicaine, l’islamisme crie Ă  l’islamophobie. Entre islam et islamisme , pauvre Marianne perd vraiment son
 français ! ».

Tout est dit, le diagnostic est sans appel, judicieux et surtout Ă  l’opposĂ© de la nouvelle doxa des biens pensants de tous bords qui fait ressortir, Ă  vrai dire, davantage une instrumentalisation de l’islamisme qu’une sympathie humaniste pour une religion, comme cela a existĂ© par le passĂ©.
Cher ami, tu es jeune et tu as les compĂ©tences pour faire de grandes choses. Ne te laisse pas abattre, ressaisis-toi ! Tu as juste besoin de repos, de recul, de distanciation pour mieux revenir. Et reprendre le combat avec tous ceux qui refusent le dĂ©voiement, la dĂ©figuration, voire la mutilation de l’islam. Ceux aussi qui dĂ©noncent la stratĂ©gie pernicieuse de remise en cause des valeurs de la rĂ©publique, la laĂŻcitĂ© notamment, nonobstant l’argument fallacieux et usĂ© de l’islamophobie. La France ne va pas changer de civilisation, ai-je dit par ailleurs.

Cher ami, Marianne a besoin de toi, tu ne peux pas te dĂ©rober, pas maintenant car l’enjeu est crucial. D’autant que le contexte est favorable Ă  la neutralisation de l’islamisme (voir ma tribune) « Un contexte favorable Ă  la neutralisation des islamistes ».

En effet, si tu as remarquĂ©, l’UOIF s’est baptisĂ©e « Musulmans de France » pour mieux leurrer, tromper et abuser son monde.

En vérité, pour parler comme La Fontaine, le plumage a changé mais pas le ramage.

L’adage dit : les combats qu’on perd sont ceux qu’on ne livre pas. Aussi tu n’as pas d’autre choix que de poursuivre le combat de l’islam agressif, vocifĂ©rant n’ayant que l’imprĂ©cation et l’anathĂšme dans la bouche de ses prĂ©dicateurs.

Pour ma part, je ne vais pas t’abandonner Ă  ton sort ; je vais appeler Ă  un grand Ă©lan de soutien en ta faveur.

Non Mohamed t’es pas tout seul, pour paraphraser Brel s’adressant à son ami Jeff.

Tiens bon ! En te rappelant « Sidi », ton pÚre que tu décris de façon si touchante, et ses enseignements.

Salutations laĂŻques.

Khaled Slougui

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