L’Union européenne bannit les produits en plastique à usage unique

Une dizaine de produits en plastique à usage unique seront interdits dès 2021. Une mesure forte alors que ces objets représentent 70 % de la pollution de nos océans.

C’est un pas significatif que vient de franchir l’Union européenne en annonçant, mercredi 19 décembre, l’interdiction prochaine d’une dizaine de produits en plastique à usage unique. Cotons-tiges, pailles, agitateurs de boissons, couverts, assiettes ou encore bâtonnets de ballons vont en effet être bannis des États membres. L’accord auquel ont abouti les négociateurs du Parlement et du Conseil européen, qui regroupe les États, doit encore être formellement adopté par ces deux institutions en début d’année prochaine, laissant présager une entrée en vigueur d’ici à 2021.

Une mesure inédite

Il n’aura donc fallu que huit mois pour aboutir à cette décision, qui fait suite à une proposition de la Commission européenne déposée en mai. L’annonce a provoqué la satisfaction de nombreuses ONG environnementales, parmi lesquelles figure Zero Waste France. Laura Chatel, chargée de campagne pour cette association, souligne ainsi une mesure « inédite ». « C’est la première fois que l’Union européenne, et plus globalement une structure politique, propose un texte visant avant tout à réduire la consommation de plastique », poursuit-elle.

C’est le résultat d’une prise de conscience, de la part des institutions européennes, de l’urgence de la situation. Les produits concernés représentent en effet à eux seuls 70 % des déchets retrouvés dans les océans ou échoués sur les plages. Certains politiques, comme dernièrement la ministre autrichienne du développement durable Elisabeth Köstinger, ont même avancé qu’il y aurait plus de plastique que de poissons dans les océans d’ici à 2050, si rien n’était fait.

Remplacés par des produits en carton ou papier

Les objets cités seront donc fabriqués à partir d’autres matériaux comme le carton ou le papier. Mais certains autres produits à usage unique ne seront pas concernés par cette interdiction. C’est le cas, par exemple, des emballages et des gobelets en plastique, qui feront toujours partie de notre quotidien. L’UE a seulement demandé aux États membres de réduire significativement la consommation de ces produits au niveau national, et appelle à une conception et un étiquetage plus exigeant.

C’est précisément ce point-là qui cristallise la déception de Zero Waste France. Comme le rappelle Laura Chatel, « le Parlement avait proposé que l’on impose un objectif de baisse de 25 % de la consommation de ces plastiques dans les contenants alimentaires et les gobelets, mais cette mention a disparu dans la version finale. » L’association entend donc agir à l’échelle nationale, tant auprès des commerçants et des consommateurs que du gouvernement. « Nous allons nous mobiliser pour obtenir l’interdiction des gobelets en plastique, des objectifs de baisse de la consommation des contenants et des emballages plastiques », annonce Laura Chatel.

Moins de gaz à effet de serre rejetés

Mais cet accord européen inclut en revanche d’autres mesures, prévoyant notamment que la part de bouteilles en plastique collectées pour recyclage atteigne 90 % d’ici à 2029. Il est également fait état d’une interdiction du plastique oxo-fragmentable, qui se décompose en microparticules, utilisé notamment pour la fabrication de sachets ou d’emballages, et déjà interdit en France depuis 2015.

Toutes ces décisions doivent en outre permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre, rejetés en masse par la fabrication du plastique à partir de ressources fossiles. La Commission européenne espère ainsi éviter « l’émission de 3,4 millions de tonnes d’équivalent CO2 ».

Clément Grillet,  la-croix.com

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