Les photos de Nasrallah bannies de Facebook

Pour les fans du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, la nouvelle est tombée hier comme un couperet. Désormais, et sur décision du réseau social Facebook, ils ne pourront plus arborer fièrement les portraits de celui qu’ils considèrent comme leur héros. nasrallah

Les uns après les autres, les jeunes supporters du Hezbollah ont vu leur page bloquée après avoir reçu par message une instruction les enjoignant de « changer leur photo de profil » ou leur photo « de couverture », ou bien encore d’effacer un message posté sur leur page où l’on voit apparaître Hassan Nasrallah. Stupeur d’abord chez les jeunes internautes visés par cette mesure, puis l’incompréhension s’est vite muée en colère et révolte. Ainsi pouvait-on lire dans la soirée d’hier sur les comptes de ces partisans : « Facebook m’a demandé hier de changer ma photo de couverture ; il s’agit d’une guerre électronique organisée contre la résistance, nous ne céderons pas et nous résisterons. » Les commentaires ne se sont pas fait attendre : « C’est ce qui s’est produit avec mon compte, j’ai reçu un message similaire, et le lendemain mon compte a été bloqué », explique ainsi un autre internaute.

En fait, c’est la photo inculpée qui est « mise en attente d’être examinée, car elle a été dénoncée pour violence graphique ». C’est en substance le message que reçoivent ces internautes et qui fait que leur compte reste en suspens durant la durée de « cet examen » qui se termine concrètement par invalider le compte Facebook en question.

Mais il convient de souligner dans ce contexte que ce n’est pas la première fois que le secrétaire général du Hezbollah subit les foudres de Facebook. En 2012, et alors qu’il s’apprêtait à célébrer son 52e anniversaire entouré de ses supporters sur une page spéciale créée pour l’occasion sur le réseau social, la plateforme a décidé de bloquer cette page sur laquelle s’étaient inscrits 7 000 fans. Réaction de ces derniers : ils se sont mis à réclamer une réunion avec leur leader « dans le monde réel » cette fois.

Pas uniquement Nasrallah

En fait, ce n’est pas uniquement le Hezbollah qui a été visé par ces mesures. Avant lui, c’est l’ensemble des médias qui gravitent dans l’orbite iranienne qui ont été la cible de mesures de rétorsion. Ainsi, Facebook a-t-il entrepris il y a quelques jours de bloquer les pages des télévisions suivantes : al-Mayadeen, les chaînes Sama et Dunia ainsi que la Ikhbariya syrienne. La plateforme aurait-elle donc décidé de limiter le rayon d’action de ces médias sur son réseau social ? S’agit-il là d’une prise de position politique de la part du réseau eu égard au conflit syrien et régional ?

Tout a commencé à Berlin

En fait, c’est à Berlin que l’impact et le pouvoir des réseaux sociaux comme Facebook se sont fait le plus ressentir, notamment au lendemain des incidents qui ont émaillé la nuit du Nouvel An à Cologne. Car Internet s’est alors vu pris d’assaut par des internautes qui ne se sont pas privés de poster tout genre de commentaires racistes, censés dénoncer les auteurs des agressions perpétrées contre les femmes lors du réveillon de la Saint-Sylvestre. En réaction, Facebook a décidé de sévir en janvier dernier en lançant une vaste campagne destinée à lutter contre ce type de messages. L’opération menée par le groupe américain s’intitule « Initiative pour le courage civil en ligne » et a été lancée à Berlin. Le réseau social promet un million d’euros, voire plus, pour soutenir les Organisations non gouvernementales (ONG) dans leurs efforts de lutte contre les messages xénophobes. Surtout que l’Europe estime désormais que ceux-ci ont « un impact négatif sur les migrants » qui se trouvent sur son sol.
Les discours de haine « n’ont pas de place dans notre société », notamment sur Internet, avait déclaré dans ce cadre la directrice générale adjointe de Facebook, Sheryl Sandberg.

Ce que la charte de Facebook interdit vraiment

En principe, la charte fondamentale de Facebook prévoit l’interdiction des pratiques relevant du harcèlement et des menaces, mais les détracteurs du réseau social l’accusent de ne pas faire appliquer ces règles correctement.
Alors en mars de l’année dernière, le réseau social avait publié une clarification concernant sa charte de « standards communautaires ». Il y explique que son objectif est de « donner aux gens un lieu pour partager et se connecter librement, dans un environnement sûr et sécurisé ».
À ce propos, la responsable de la politique globale de gestion de la plateforme Monika Bickert avait affirmé que « le paysage est compliqué », surtout lorsque l’on sait que Facebook compte pas moins d’un milliard et 9 millions de membres. « Nous tentons d’équilibrer la manière dont notre communauté fonctionne », avait-elle également indiqué.

En résumé, si les groupes terroristes étaient d’ores et déjà interdits de séjour sur Facebook, leur apologie par leurs sympathisants est également désormais interdite depuis mars 2015. Il est aussi interdit de poster tout propos tendant à menacer quelqu’un « physiquement ou financièrement, ou tout propos tendant à dégrader une personne ou lui faire honte ».
Il n’en reste pas moins que, concrètement, et pour qu’une photo ou un contenu soient censurés sur Facebook, il faut qu’il soit activement dénoncé par un membre de la communauté. Rien n’est « décelé » automatiquement par un logiciel. Mais il suffit à un membre de la communauté de cliquer sur l’onglet « report ». Ce qui a vraisemblablement été fait dans le cas des portraits de Hassan Nasrallah qui ont été bannis de la plateforme.

http://www.lorientlejour.com/article/969133/tolle-au-sein-de-la-base-partisane-du-hezbollah-sur-facebook-les-photos-de-nasrallah-bannies-du-reseau-social.html

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