L’ignoble business sur la misère humaine, par Pascale Davidovicz

Les juteuses affaires d’une consule honoraire française en Turquie sur le dos des réfugiés.
Ce n’est pas une nouveauté. De tous temps, des êtres humains, si tant est qu’on puisse encore les qualifier de cette manière, dépourvus de scrupules et d’empathie, ont profité avec cynisme de la détresse de leurs semblables.
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Le 11 septembre dernier, France 2 diffusait dans son JT du soir un reportage édifiant sur la filière des embarcations qui sont vendues aux réfugiés qui tentent de rejoindre la Grèce depuis Bodrum en Turquie.
A quelques pas de la plage où le petit Aylan s’est échoué, on trouve des emballages de bateaux pneumatiques et toutes sortes  d’effets abandonnés.
Le matériel maritime provient en partie de la zone commerciale de Bodrum où les affaires sont florissantes.
Il y a même quantités de remises et promotions.
Le magasin que les migrants privilégient, c’est le Marin Plaza-Insaat Market au fronton duquel flotte un drapeau français et sur la devanture est indiqué Agence Consulaire de France.
Le magasin est tenu par la consule honoraire française dans la région.
Elle y est installée depuis plus de 20 ans
Filmée et enregistrée à son insu, elle confirme qu’elle n’est pas regardante sur l’identité de ses clients.
Avec un cynisme déconcertant, elle reconnaît être consciente que des êtres humains partent à la mort avec ces embarcations inappropriées.
Elle est consciente d’alimenter le trafic et d’être fautive, mais se retranche derrière des arguments fallacieux du style : les autorités leur demandent de ne pas partir et si on ne vend plus, c’est le voisin qui vendra.
Il a fallu la diffusion du reportage pour que madame la consule honoraire de France soit suspendue de ses fonctions dès le lendemain, suspension qui pourrait se transformer en révocation.

Le prix de la liberté.

Certains ont bien compris tout le profit qu’ils pouvaient tirer de la détresse humaine.
Tout le long du parcours que les réfugiés traversent et quand ils n’en peuvent plus de marcher, une bicyclette s’achète  à prix d’or en Turquie, en Grèce et en Macédoine.
La courte traversée sur la mer Egée entre la Turquie et l’île grecque de Lesbos est facturée jusqu’à 1 500 € par adulte et le même prix pour deux enfants à payer aux passeurs turcs.
C’est gratuit pour les bébés et pour celui qui se charge de conduire le bateau pneumatique motorisé.
Ils doivent se débrouiller seuls.
Les passeurs gardent tous leurs effets.
Toujours ça de pris, s’il fallait encore leur prendre quelque chose.
Les réfugiés peuvent cependant acquérir des bouées et brassards Disney pour leurs enfants.
Sur l’île grecque, où peu de personnes leur fournissent  eau et nourriture, le prix d’une carte téléphonique a doublé.
La bouteille d’eau est passée de 1 à 3 € et le prix du billet pour Athènes de 40 à 60 €.
De là il reste 60 km à parcourir à pied jusqu’à Mytilène, le chef lieu, puisqu’il leur est interdit de prendre des taxis, des bus ou de dormir à l’hôtel.
Ce sont des touristes belges, néerlandais et norvégiens qui les accueillent et leur viennent en aide.
C’est révoltant  :  ni la communauté européenne, ni l’ONU ne s’insurgent contre ces pratiques indignes.
Pascale Davidovicz
Sources : France 2 – lemonde.fr – rtbf.be

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