Israël fête le livre

Jusqu’au 13 juin, « la semaine du livre hébraïque » célèbre le livre, les auteurs et la littérature. L’occasion pour les lecteurs de renouer avec un bien culturel  dont le prix est au centre du débat politique depuis 2013. Reportage au cœur de cette fête qui draine chaque année des dizaines de milliers de visiteurs.

Photo by Yonatan Sindel/Flash90
Photo by Yonatan Sindel/Flash90

Miri attend l’événement depuis plusieurs semaines. Cette mère célibataire de 35 ans est fan de la Semaine du livre. Comme beaucoup de telaviviens, Miri déambule avec plaisir Place Rabin. Son budget : 200 shekels pour elle et ses deux filles âgées de 8  et 5 ans. Jusqu’au 13 juin, de 18h à minuit, cette place centrale de la ville blanche s’est transformée pour l’occasion en « bibliothèque géante ». « Trois livres pour 99 shekels » annonce l’affiche de Steimatzki, la célèbre librairie à l’enseigne blanche et verte. Il n’aura fallu que quelques minutes à Tal pour faire son choix. Bien décidée, elle tend à sa maman les tomes 5 et 6 de la série Dod Arié. Pour sa petite sœur, un livre sur la vie des princesses. Miri, elle, hésite encore. Seule certitude, « les prix sont intéressants », explique celle qui concède que le reste de l’année, elle préfère emprunter des livres à la bibliothèque à cause des tarifs: comptez 80 shekels en moyenne pour un livre et 50 pour un ouvrage jeunesse.

Au programme : Rencontres avec des auteurs,
séances de dédicaces et initiation à la lecture

Fondée  en 1926, cette semaine du livre n’est pas seulement l’occasion de faire de bonnes affaires. Osnath et son petit ami Dvir sont étudiants. Ils habitent Ramat Gan. Si lui a une idée très précise de ce qu’il recherche, elle, est moins décidée. « Je regarde les couvertures, je me fie au titre et puis je suis là aussi pour découvrir de nouveaux auteurs » raconte la jeune femme. Au programme : rencontres avec des auteurs, séances de dédicaces et initiation à la lecture.  A Raanana, pendant que les plus jeunes suivent avec attention  le spectacle, les plus grands tournent autour du stand central installé sur devant la maison de la culture de la ville. Anna, 13 ans et demi, a fait son alya il y a 1 an cet été. Aujourd’hui quasiment bilingue, la jeune ado se sent prête à commencer à lire en hébreu. Son père insiste pour qu’elle lise le journal d’Anne Frank. « C’est un symbole pour nous qu’elle le lise en hébreu, j’y vois un signe du destin » nous raconte ce quadra qui fait des allers-retours avec la France. Anna retrouve une copine de classe. Née en Israël, Shelly est venue avec sa grand-mère. La septuagénaire qui a vu le jour en Argentine ne jure que par les classiques israéliens. « Il faut lire Agnon » répète-t-elle au père d’Hanna, « C’est un prix Nobel de littérature quand même ». La discussion s’engage. L’anglais vient au secours du nouvel immigrant qui peine.

Les gens ont parfois du mal
à entrer dans une librairie

« C’est ça aussi la fête du livre, s’amuse la responsable du stand, on fait descendre la littérature dans la rue ». Elle travaille chez l’une des trois grandes enseignes du pays depuis plus de 10 ans. « Les Israéliens aiment lire » assène-t-elle, « mais je trouve qu’en dehors des grandes villes, les gens ont parfois du mal à entrer dans une librairie. Là, les gens sont plus détendus ». « C’est surtout vrai pour les nouveaux immigrants » note sa collègue, « quand on ne parle pas bien hébreu, on hésite avant de pousser la porte d’une librairie ».
Retour à Tel-Aviv, il est plus de 23h, La foule entre les stands est plus clairsemée. Osnath et Dvir ont fait leur choix. Osnath nous montre fièrement « Journal d’une hirondelle » d’Amélie Nothomb. « Elle est française non ? » nous demande-t-elle. Quand on lui répond que la romancière est belge, elle parait un peu déçue. Pour la consoler, on lui raconte que pour l’auteur de « Hygiène de l’assassin », « c’est bouleversant de voir ses livres traduits en hébreu: « Etre traduit dans la même langue que les textes sacrés, (lui) donne l’impression de devenir un texte sacré ». Convaincue, Osnath conclut: « Belge, c’est bien aussi ».
V.G-B
http://www.israpresse.net/israel-fete-le-livre/

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